Guillaume Musso : 22e polar aussi haletant que déroutant

Guillaume Musso, Le Crime du paradis
Guillaume Musso, Le Crime du paradis, roman, Paris, Éditions Calmann-Lévy, 2026, 480 pages, 34,95 $.
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 17/06/2026 par Paul-François Sylvestre

En plus d’être l’auteur le plus lu en France, Guillaume Musso est traduit en 47 langues. Il vient de signer son 22e roman, Le Crime du paradis, pour illustrer qu’un crime n’est pas une solution, mais plutôt une explication.

L’histoire se passe en 1928 à Cap d’Antibes où le couple américain Julian et Florence Livingstone réunit chaque été un petit cercle d’amis dans leur somptueuse résidence. Mais ce monde idyllique s’effondre la nuit où Oscar, leur fils de trois ans, est enlevé dans des circonstances mystérieuses.

Mensonges et secrets

Joseph Lèques, le commissaire chargé de l’enquête, se heurte à un mur de mensonges et de secrets. Son enquête avance à bride abattue.

Pour camper ce personnage, Musso lui donne le nom, le physique et certains traits de la personnalité de son arrière-grand-père, mort durant la Première Guerre mondiale.

Une des invités des Livingstone est la jeune romancière Agatha Harding, un nom qui n’est pas sans évoquer Agatha Christie. Insolente et archi-déterminée, mademoiselle Harding espère s’emparer du drame des Livingstone pour écrire rien de moins qu’un best-seller.

Publicité

Personnages

Guillaume Musso excelle dans l’art de ciseler le portrait de ses personnages en quelques lignes seulement. Voici ce qu’il écrit au sujet d’une infirmière américaine: «Un joli visage allongé aux pommettes douces, un chignon blond surmonté d’une tresse diadème laissant deviner une nuque droite et fine. Un sourire franc et des yeux pétillants où se lisent un mélange de malice et de joie de vivre.»

Musso aime glisser ici et là de brefs commentaires sur des auteurs bien connus. Il rappelle que Balzac pouvait boire jusqu’à 50 tasses de café par jour pour rester éveillé et, surtout, pour stimuler son imagination. Selon Proust, écrit-il, «la vraie vie, c’est la littérature».

Dans Le Crime du paradis, chaque personnage est marqué d’une caractéristique au fer rouge: angoisse, agressivité, désinvolture, anxiété, ressentiment, flamme éteinte, homosexualité, bonhomie, vitalité, excès, déracinement.

Introspection nécessaire

Si l’enquête sur l’enlèvement du jeune Oscar s’étend sur presque 500 pages, c’est parce que le commissaire a dû louper quelque chose, un élément, un détail qui l’aurait orienté sur une piste valable. «La solution est à la fois devant lui et en lui.» Encore faut-il se résoudre à faire une introspection.

Le commissaire Lequès est convaincu que la clé de l’énigme réside dans ce que les Livingstone lui cachent, «les zones grises de l’être humain, la part d’ombre que nous portons tous en nous». Il en vient même à croire que l’amour déçu peut transformer un être humain en monstre.

Publicité

Lorsque l’adjoint du commissaire fouille un évènement survenu dix ans passé, son patron lui fait remarquer que tout cela est trop loin de leur enquête. «Au contraire, nous n’en avons jamais été si proches!»

L’auteur est présent

C’est la première fois que je lis un roman où l’auteur est un personnage, un visage du présent. Le dernier chapitre s’intitule Apostille au Crime du paradis par Guillaume Musso. On a droit à un polar aussi haletant que déroutant.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

    l-express.ca est votre destination francophone pour profiter au maximum de Toronto.

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur