Des champions d’épellation en français venus de cinq provinces

Épelle-moi Canada

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Forte participation au Championnat national d'épellation. Photos: courtoisie
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Publié 19/05/2026 par Soufiane Chakkouche

Le Championnat national d’épellation en langue française est devenu un incontournable pour les amoureux de la langue de Voltaire, surtout pour les plus jeunes d’entre eux. Ce concours n’a eu de cesse de prendre de l’ampleur, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.

Créé en 2016 via une collaboration avec l’organisme Spelling Bee of Canada, Épelle-moi Canada, tenu dans un hôtel de Richmond Hill le 17 mai, en était à sa 9e édition.

Même le premier ministre du Canada, Mark Carney, y est allé de son petit mot en envoyant un message à l’organisation et aux participants: «Je tiens à féliciter chaleureusement tous les élèves qui participent à la finale nationale d’Épelle-moi Canada à Toronto. Ce championnat d’épellation est une merveilleuse occasion de souligner l’importance de la langue française.»

L’édition 2026 a consacré trois champions: Léa Ibrahim, de l’école élémentaire Jean-Grou (dans le quartier St-Laurent de Montréal), chez les 6 à 8 ans; Augustin Corriveau, de l’école élémentaire Carrefour Jeunesse (à Rockland dans l’Est ontarien), chez les 9 à 11 ans; et Olivia Wang, de la Toronto French School, chez les 12 à 14 ans.

épellation, Finaliste EMC 2026.
Les trois champions.

Le Nouveau-Brunswick et l’Alberta rejoignent la caravane

Par ailleurs, deux nouvelles provinces se sont invitées à la compétition cette année.

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«Ce qui est vraiment spécial dans cette édition 2026, c’est l’arrivée de deux nouvelles provinces au sein de la grande famille d’Épelle-Moi Canada, à savoir le Nouveau-Brunswick et l’Alberta», se réjouit la directrice générale Dorine Tcheumeleu.

EMC 2026
Dorine Tcheumeleu, directrice générale d’Épelle-Moi Canada.

«Cette année on a ouvert la compétition dans ces régions, mais notre but est de rejoindre toutes les provinces canadiennes», poursuit-elle.

Pour rappel, jusqu’à l’année dernière, seules trois provinces avaient des représentants dans ce championnat, à savoir l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse. Et, qui dit plus de provinces en lice, dit plus de participants. En effet, ils étaient plus de 130 élèves à concourir pour ce cru 2026.

Pour sa part, Luc Bonaventure Amoussou, vice-président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), également présent pour remettre les prix de la catégorie intermédiaire, salue également cet engouement:

«Voir autant de jeunes participants et participantes venant de plusieurs provinces pour se rassembler autour de notre belle langue est tout simplement inspirant.»

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EMC 2026
Luc Bonaventure Amoussou, vice-président de l’AFO.

Et d’ajouter: «La francophonie ne se construit pas que dans les discours, elle se construit aussi dans les salles de classe, dans les familles, dans les concours comme celui-ci, et surtout dans la voix des jeunes qui choisissent de vivre le français avec confiance.»

Épelle-moi si tu peux

Bien que les mots sélectionnés par le jury soient adaptés au niveau des élèves, certains semblaient difficiles à épeler, même pour des adultes, comme l’a admis l’animatrice de l’événement, Fayza Abadalloui, qui a reconnu en direct avoir mal épelé plusieurs mots dans l’intimité de son esprit.

Cela dit, plus on avançait dans la compétition, plus les mots devenaient difficiles, surtout chez les 12 à 14 ans.

Pour ne citer que celui-ci, c’est le mot utriculaire – signifiant un joueur de cornemuse ou une plante aquatique portant des utricules qui peuvent s’ouvrir pour capturer des petits animaux – qui a valu la victoire Olivia Wang.

épellation, Finaliste EMC 2026.
Le jury délibère.

Toutefois, pris dans l’émotion que suscite la compétition, quelques contestations de la part des parents ont entaché par-ci par-là cette journée.

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Manque de fonds

Par ailleurs, sur un plan moins intellectuel cette fois, comme tout organisme francophone en situation minoritaire qui se respecte, Épelle-Moi Canada continue de souffrir d’un manque de fonds, à en croire sa directrice générale qui s’est confiée à l-express.ca.

«On a toujours des soucis financiers. On est reconnaissant envers nos bailleurs de fonds qui financent nos activités annexes, mais on n’a pas de financements concrets pour le championnat lui-même. On continue d’essayer de lever des fonds dans ce sens.»

On est donc loin des 50 000 dollars américains offerts aux vainqueurs de ce type de concours chez l’Oncle Sam. Néanmoins, les lauréats ont reçu un chèque de 700 $, 600 $ pour les deuxièmes places et 500 $ pour les troisièmes places, soit de quoi passer de bonnes vacances d’été pour un enfant.

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