Accès difficiles aux ressources en santé mentale pour les femmes

La Maison touchée par une inondation

Événement Femmes en force : Équilibre, résilience et pouvoir d’agir organisé par La Maison.
Participantes et participants réunis lors de l’événement. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 28/04/2026 par Hamza Ziad

L’accès aux soins et aux ressources en santé mentale demeure difficile pour les femmes francophones à Toronto, notamment pour les femmes immigrantes et surtout dans les situations urgentes. C’est ce qu’ont entendu une quarantaine de personnes réunies le 25 avril au campus torontois du Collège Boréal par l’événement Femmes en force: Équilibre, résilience et pouvoir d’agir, organisé par La Maison d’hébergement des femmes en détresse.

«À travers le programme de l’immigration vers l’intégration (DIVI), nous accompagnons des femmes dans leur parcours d’intégration et d’autonomisation. Or, cheminer sur ces plans suppose également d’être solides sur le plan de la santé mentale», explique Prescilla Magne, coordonnatrice du programme DIVI.

«D’où cette initiative aujourd’hui visant à rassembler la communauté et à mettre à la disposition des femmes des ressources concrètes.»

Événement Femmes en force : Équilibre, résilience et pouvoir d’agir organisé par La Maison.
Micheline Rabet, Lia Grimanis et Nawel Bentobbal lors du panel de discussion.

Accès fragiles

Les services en santé mentale ne répondent pas toujours adéquatement aux besoins des femmes francophones. Cette réalité se pose surtout lorsque les situations exigent une intervention rapide, a souligné Nawel Bentobbal, thérapeute en santé mentale pour adultes au Centre francophone du Grand Toronto (CFGT).

«Malgré les efforts déployés par les professionnels et les organismes francophones, l’accès demeure difficile, surtout dans les situations urgentes», a-t-elle indiqué.

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«Aujourd’hui, les organismes tendent à universaliser les besoins des femmes, alors que chaque femme a ses spécificités, en particulier lorsqu’il est question des femmes francophones immigrantes.»

Nawel Bentobbal a également insisté sur la rareté des ressources spécialisées destinées à l’accompagnement des femmes francophones victimes de violence. Une seule structure existe actuellement pour l’ensemble de Toronto, une capacité qu’elle juge insuffisante au regard des besoins.

Événement Femmes en force : Équilibre, résilience et pouvoir d’agir organisé par La Maison.
Lia Grimanis lors d’un exercice de traction de véhicule, un exploit lié à ses records Guinness. Photo: courtoisie

Le courage des petits pas

Célébrer la résilience constitue aussi une manière de transmettre du courage et de nourrir l’espoir, a souligné Lia Grimanis, fondatrice et directrice générale d’Up With Women/Exponenti’elles et détentrice de deux records Guinness pour des exploits de traction de véhicules et d’avions.

«Cela fait plusieurs années que je tire des véhicules et des avions, et cet effort exige une force considérable», a-t-elle illustré. «Mais pour y parvenir, il faut avancer par petits pas. C’est le même parallèle que les femmes francophones peuvent faire pour surmonter leurs défis.»

Selon elle, les barrières systémiques, dont le racisme, exigent une réponse institutionnelle. Lia Grimanis invite aussi les femmes à ne pas renoncer à leurs rêves. «Quand les femmes s’attachent à leur mission, leur plein potentiel se révèle.»

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Événement Femmes en force : Équilibre, résilience et pouvoir d’agir organisé par La Maison.
Participantes et participants lors d’un exercice collectif pendant l’événement.

Une crise silencieuse

Une «crise silencieuse» touche la santé mentale des femmes. Selon Statistique Canada, près de 4 jeunes femmes sur 10 (38,5%) âgées de 15 à 29 ans répondaient en 2022 aux critères d’au moins un trouble de santé mentale ou d’usage de substances.

Micheline Rabet, leader en santé mentale au Conseil scolaire Viamonde.
Micheline Rabet. Photo: courtoisie

«Il y a une crise silencieuse, parce que la charge émotionnelle que vivent les femmes n’est pas toujours exprimée», a soutenu Micheline Rabet, criminologue, travailleuse sociale, experte en santé mentale et fondatrice de MyÉquilibre. «On dit que les femmes parlent davantage, mais elles parlent de quoi? Peut-on vraiment parler ouvertement lorsqu’on craint d’être discréditée?»

Elle souligne que plusieurs intervenants francophones qui offrent des interventions spécifiques se sentent poussés vers la pratique privée. «Or, si les familles n’ont pas les moyens de payer ces services, on revient au même problème: les besoins demeurent, mais l’accès aux services en français reste limité.»

Après l’inondation

Une inondation survenue au mois de mars a endommagé certains espaces de La Maison. Les salles d’éveil et les espaces d’activités destinés aux femmes et aux enfants figurent parmi les lieux touchés.

«Cette situation nous a rappelé à quel point nos ressources communautaires demeurent précieuses, mais aussi vulnérables», a indiqué Prescilla Magne.

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Événement Femmes en force : Équilibre, résilience et pouvoir d’agir organisé par La Maison.
Prescilla Magne. Photo: courtoisie

Une campagne d’urgence visant à recueillir 40 000 $ a été lancée, sans que l’objectif soit entièrement atteint. Certains frais n’étaient pas couverts par l’assurance.

Selon l’organisme, l’appui du ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires a permis d’amorcer les travaux.

«Le plus important maintenant, c’est que nous avons pu assurer la continuité des services et commencer les travaux. Heureusement, les lieux d’hébergement des femmes et des enfants n’ont pas été touchés», a précisé Prescilla Magne.

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