Pendant ce temps chez les wokes…

Avi Lewis, NPD
Le nouveau chef du NPD du Canada, Avi Lewis.
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Publié 02/04/2026 par François Bergeron

Les mordus de politique auront remarqué, ce dimanche 29 mars, l’élection du cinéaste et journaliste torontois Avi Lewis à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) du Canada.

Sa victoire dès le premier tour de scrutin, contre la députée Heather McPherson et trois inconnus, ne faisait aucun doute. Il était le seul candidat presque passablement bilingue.

Mais surtout, il est issu de la «royauté» du NPD: petit-fils du fondateur David Lewis, fils du chef ontarien Stephen Lewis (décédé ce 31 mars) et de la journaliste Michele Landsberg, et conjoint de l’essayiste anti-capitaliste Naomi Klein.

À cause de Justin Trudeau

Très diminué depuis les élections d’avril 2025, où il n’avait conservé que sept sièges avec 6,3% des suffrages (six depuis la défection aux Libéraux de la députée du Nunavut), le NPD a connu ses heures de gloire sous Ed Broadbent au début des années 1980, et avec Jack Layton au début des années 2000.

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C’est Justin Trudeau, en 2015, qui a réussi à stopper le NPD, alors dirigé par Tom Mulcair, en le doublant sur sa gauche. Stephen Harper avait réussi à équilibrer le budget fédéral. Mulcair promettait de maintenir cet équilibre. Trudeau a rompu ce qui aurait pu être un accord tacite historique en promettant deux ou trois «petits» déficits. On connaît la suite…

Actuellement au pouvoir au Manitoba et en Colombie-Britannique, le NPD forme l’opposition officielle en Alberta, en Saskatchewan, en Ontario et en Nouvelle-Écosse, c’est-à-dire partout où le Parti libéral est faible.

La victoire des Libéraux de Mark Carney, l’an dernier, alors qu’on attendait depuis des mois un gouvernement conservateur de Pierre Poilievre, est à la fois cause et conséquence de l’effondrement du NPD de Jagmeet Singh.

Bureaucratie tous azimuts

Aujourd’hui, le parti fédéral d’Avi Lewis se démarque de ses itérations précédentes – et des partis provinciaux – par son ancrage décomplexé à gauche.

S’inspirant des socialistes américains Bernie Sanders et Zohran Mamdani, il promet une expansion du secteur public dans plusieurs domaines d’activités industrielles, commerciales et professionnelles.

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Le nouveau chef est éloquent et promet de beaux échanges avec Mark Carney et Pierre Poilievre.

Mais son discours de victoire a été éclipsé par des moments loufoques, pendant le congrès, où des délégués représentant les minorités les plus improbables se disputaient le micro en brandissant leurs «cartons d’équité» censés leur donner la priorité.

Et derrière lui sur la scène: un grand drapeau palestinien, aucun drapeau canadien…

Clientèle mythique

Dans les médias et les réseaux sociaux, on a raillé un «gong show» woke de luttes identitaires ultra-minoritaires intersectionnelles déconnectées des préoccupations de la clientèle mythique du NPD: ouvriers, fermiers, petits entrepreneurs.

Cependant, tout indique qu’à l’instar de Mark Carney et de Pierre Poilievre, Avi Lewis centrera son message sur les inquiétudes des Canadiens face aux difficultés économiques et aux tensions internationales.

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Ainsi que sur l’environnement et les changements climatiques, le sujet de son film This Changes Everything basé sur l’ouvrage de son épouse.

Il est encore trop tôt pour affirmer que le NPD est «de retour» à l’avant-scène politique canadienne, ni même qu’il pourrait reprendre les votes qu’il a perdus aux Libéraux ces dernières années. Mais au moins il offrira une alternative radicale justifiant son existence.

Parlant de wokisme

J’écris ces lignes au lendemain du décollage de la mission Artemis II vers la Lune. J’ai interviewé l’astronaute canadien Jeremy Hansen en novembre.

Dans le magazine The Walrus, je lis que la mission de la NASA est une entreprise coloniale capitaliste violant une divinité autochtone (la Lune) et polluant l’environnement (l’espace), avec de la technologie nazie (les fusées sont basées sur les missiles allemands de la Deuxième Guerre mondiale).

C’est daté du 1er avril, mais considérant la source, ce n’est malheureusement pas un poisson…

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Auteurs

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et numériques, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

  • l-express.ca

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