Durham: à quand la désignation en vertu de la Loi sur les services en français?

Le COFRD célèbre la Semaine de la francophonie

Semaine de la francophonie à Durham.
Des organisateurs et invités de la Semaine de la francophonie à Durham. Photos: Hamza Ziad, l-express.ca
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Publié 31/03/2026 par Hamza Ziad

«On s’apprête à ouvrir possiblement trois nouvelles écoles francophones, alors même que la région n’est toujours pas désignée en vertu de la Loi sur les services en français» (LSF), souligne Sylvie Landry, présidente sortante de l’Association des communautés francophones de l’Ontario – Durham-Peterborough (ACFO-DP).

«À terme, nous y parviendrons. Peut-être pas aujourd’hui, mais nous finirons par obtenir cette désignation.»

Dans une entrevue accordée à l-express.caCarl Bouchard, commissaire aux services en français de l’Ontario, souligne que la désignation d’une région permet d’accroître l’accès aux services en français et insiste sur la nécessité de mieux informer les francophones.

«Un répertoire provincial permettrait de communiquer clairement où se trouvent ces services, afin de maximiser l’exercice de leurs droits linguistiques», explique-t-il. «Et c’est ce que j’avais proposé au ministère des Affaires francophones.»

Semaine de la francophonie à Durham.
Carl Bouchard, avec des jeunes de la région de Durham.

L’anglais s’impose, à la maison comme à l’extérieur

Selon Statistique Canada (recensement 2021) et un rapport de la Région de Durham fondé sur ces données, l’anglais demeure largement dominant: 97,2% des répondants le déclarent comme première langue officielle parlée, contre 1,3% pour le français. À la maison, l’anglais est également majoritaire (86,1%), tandis que l’usage de langues non officielles progresse, signe d’un contexte de plus en plus diversifié.

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La population francophone est estimée à 15 015 personnes, ce qui dépasse le seuil de 10 000 requis pour désigner une municipalité sous la LSF. Mais c’est 2,2% de la population totale de 696 990: en deçà du 10% souhaité pour une région rurale.

Les francophones se concentrent principalement à Oshawa (4 390), Whitby (3 160), Ajax (2 715) et Pickering (1 935), avec des proportions plus faibles dans des municipalités comme Scugog, Uxbridge ou Brock.

Ces données illustrent le caractère minoritaire, mais bien réel, de la francophonie dans la région, ainsi que les défis liés à l’accès aux services en français.  

Semaine de la francophonie à Durham.
Des participants à la célébration de la Semaine de la francophonie à Durham.

Aller vers les francophones

Le Conseil des organismes francophones de la région de Durham (COFRD) fait face à des défis importants liés à la dispersion des populations francophones dans la région, notamment dans des villes comme Beaverton, où l’accès aux services en français demeure limité.

Malgré ces contraintes, l’organisme parvient à rejoindre ces communautés en misant sur la collaboration et la proximité. «Nous atteignons ces populations en collaborant avec d’autres organismes et en déployant des équipes mobiles chez nos partenaires», souligne Boluwa Massina, directrice générale du COFRD.

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«L’idéal serait d’avoir des bureaux partout dans la région, mais pour l’instant, on fait avec les moyens du bord, en attendant davantage de financement», ajoute-t-elle.

COFRD
Le gymnase de l’école secondaire catholique Saint-Charles-Garnier à Whitby. Photo: archives l-express.ca

Croissance et risque d’assimilation

Dans la région de Durham, la croissance démographique, alimentée notamment par l’immigration, renforce la présence francophone, mais pose aussi des défis en matière d’accès aux services et de vitalité linguistique.

Selon Boluwa Massina, cette réalité comporte à la fois des opportunités et des risques. «La croissance démographique est bien réelle, mais les services en français tardent à suivre», souligne-t-elle.

COFRD, saison culturelle
Boluwa Massina.

«Sans une offre structurée, une vie culturelle active en français et une collaboration entre les organismes, il y a un risque d’assimilation de la population francophone», ajoute-t-elle.

Elle insiste également sur l’importance d’une mobilisation collective, notamment des jeunes, afin de préserver la langue et assurer la pérennité de la francophonie dans la région.

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De son côté, Mikhaela Sullivan, agente de projet Niagara, Durham et Waterloo au Réseau en immigration francophone Centre-Sud-Ouest (RIFCSO), souligne que les bases sont en place, mais que des efforts supplémentaires sont nécessaires. «Les efforts sont là, mais il doit y avoir encore plus de mobilisation des organismes pour suivre le boom démographique observé en 2024 dans la région de Durham», affirme-t-elle.

école MonAvenir
L’école secondaire catholique Saint-Charles-Garnier, à Whitby. Photo: CSC MonAvenir

Une dizaine d’écoles francophones

Dans une région de près de 700 000 habitants comme Durham, l’offre scolaire francophone demeure limitée, avec une dizaine d’écoles élémentaires et secondaires des conseils scolaires Viamonde et MonAvenir.

Pour plusieurs membres de la communauté, ce nombre apparaît insuffisant au regard de la croissance démographique de la francophonie dans la région.

enseignants, programme La passerelle en route vers l’Ontario
Steve Lapierre.

Steve Lapierre, directeur des communications, recrutement et partenariats au Conseil scolaire Viamonde, indique que des projets sont en cours. «Il ne s’agit pas d’un manque d’offre ou de demande, mais bien de projets en voie de concrétisation», explique-t-il.

«Un projet d’école secondaire à la limite d’Ajax et Whitby est actuellement à l’étude, en attente de financement du ministère», précise-t-il.

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«La région de Durham continue de croître, et nous demeurons confiants que les efforts en cours permettront de mieux répondre aux besoins», ajoute-t-il, tout en rappelant que certaines zones plus éloignées figurent parmi les priorités du conseil scolaire.

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