On a discuté de foot au Salon du livre de Toronto

À l'approche de la Coupe du Monde

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Ramin Pezeshki, Eunice Boué, Jean-Pierre Boué, Louis-Philippe Dalembert, Ouissem Belgacem et Olivier de Bregeas ont discuté football et littérature (mais surtout football!) au Salon du livre de Toronto. Photo: Anna Vigne, l-express.ca
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Publié 17/03/2026 par Anna Vigne

L’écrivain Albert Camus, gardien de but à Alger, affirmait: «Ce que je sais de plus sûr sur la morale et les obligations des hommes, c’est au football que je le dois.»

Le journaliste de Radio-Canada Ramin Pezeshki l’a rappelé lors d’une table ronde au récent Salon du livre de Toronto, où littérature et football se sont croisés à l’ombre de la Coupe du monde et de la guerre contre l’Iran.

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Ramin Pezeshki.

C’est ainsi que les intervenants ont pu aborder le rôle du football comme un moyen de se rassembler: un exutoire, mais aussi un miroir des tensions internationales.

Ramin Pezeshki, lui-même Iranien, touché par l’actualité de la guerre, a partagé avec l’audience ses souvenirs de football à Téhéran, où la jeunesse continue à jouer alors même que le terrain devient un cimetière.

Passionnés de foot

Eunice Boué, directrice générale du Salon du livre de Toronto et footballeuse toujours active, avait réuni un panel d’experts et de passionnés du ballon rond.

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Jean-Pierre Boué (aucun lien de parenté avec Eunice), fondateur à Toronto de Franco Foot, ancien joueur au Racing de Paris et organisateur chevronné aux Jeux de la Francophonie, témoigne de plusieurs «grands moments» de ce sport.

Franco Foot
Jean-Pierre Boué (à d.) et des joueurs de son équipe Franco Foot. Photo: archives l-express.ca

Ces émotions fortes touchent aussi Olivier de Bregeas, cofondateur du Fan Club du PSG à Toronto, qui anime les rassemblements multiculturels autour du club depuis quelques années.

Il profite d’ailleurs de l’occasion pour rappeler que le PSG a remporté la Ligue des champions en 2025.

Fan de l’équipe de France des années 80, il aborde l’angle sport-lecture (Salon du livre oblige) via le journal L’Équipe et les livres d’histoire de clubs.

Olivier Debregeas, président de la Fédération tricolore.
Olivier de Bregeas, président de la Fédération tricolore. Photo: archives l-express.ca

Souvenirs de football

Louis-Philippe Dalembert, auteur d’une vingtaine d’œuvres (romans, poésie), lauréat du Prix Goncourt de la poésie 2024, évoque la place du football dans ses écrits, comme dans Milwaukee Blues (2021), et le défi de coucher sur papier les émotions suscitées par le ballon rond.

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«La littérature, ce sont les mots», dit-il. «Au foot, il n’y a pas de mots.»

Louis-Philippe Dalembert relève toutefois la première participation de son Haïti natale à la Coupe du monde en 1974: son «grand moment» sportif.

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Qualification d’Haïti à la coupe du monde 1974. Photo: Vintage Haïti

Cacher ou exposer ses vulnérabilités?

Pour finir, c’est la grande différence entre la littérature et le football qui est soulignée par Ouissem Belgacem, ancien footballeur professionnel franco-tunisien (Toulouse FC, sélection tunisienne), devenu engagé contre les discriminations.

Adieu ma honte, Ouissem Belgacem
Adieu ma honte, de Ouissem Belgacem.

Il publie en 2021 Adieu ma honte (Prix du roman gay), décrivant comment l’homophobie dans le football l’a forcé à abandonner sa carrière pour vivre librement..

«Je me rappelle de mon coach, il me disait toujours: “Si tu es fatigué, dis-toi que l’autre l’est encore plus”, alors qu’aujourd’hui je constate que dans mon rôle d’écrivain, il faut savoir montrer ses vulnérabilités.»

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«En littérature, pour toucher les gens il faut réussir à montrer ses fêlures, ses fissures, parce qu’au final il n’y a rien de plus universel que l’intime.»

Auteurs

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