Un premier roman sur les relations entre Noirs et Autochtones

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Kai Thomas, Les Voix fugitives, roman traduit par Paul Gagné, Montréal, Éditions du Boréal, 2025, 354 pages, 32,95 $.
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Publié 07/03/2026 par Paul-François Sylvestre

«Pour guérir notre monde, il nous faut partager les histoires qui ne l’ont pas encore été.» Voilà pourquoi le jeune romancier Kai Thomas a écrit Les Voix fugitives, un ouvrage sur les relations entre Noirs et Autochtones dans la région des Grands Lacs.

Kai Thomas est né et a grandi à Ottawa dans une famille originaire de Trinité-et-Tobago et de Grande-Bretagne. Les Voix fugitives est son premier roman. La version originale en anglais lui a valu des éloges du New York Times et du Globe and Mail. Elle s’est classée parmi les finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général en 2023.

Une lacune à combler

Le romancier a lu de nombreux récits sur les relations entre Noirs et Blancs, entre Autochtones et Blancs, entre d’autres personnes de couleurs et Blancs, mais ne peut citer d’ouvrages explorant en profondeur les relations entre Noirs et Autochtones. Les Voix fugitives vise à combler cette lacune.

D’après l’expérience personnelle de l’auteur, il y a de nombreux exemples de liens et d’alliances politiques entre les communautés noires et autochtones. D’où l’importance d’intégrer de manière significative cette réalité historique dans son roman.

L’histoire se déroule en 1859 à Dunmore, dans le Sud-Ouest de l’Ontario, près du lac Érié. Ce village fictif a été fondé par des réfugiés noirs qui ont fui les États-Unis par le chemin de fer clandestin (Underground Railroad).

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Le livre réussit à faire revivre des «voix fugitives» en racontant des unions entre Noirs et Autochtones qui ont parfois joint leurs forces ou même fondé des familles.

Le poids de l’esclavage

Les Voix fugitives raconte l’esclavage et ses conséquences à travers le regard et l’amitié grandissante de deux femmes frondeuses. Petit à petit, un dialogue s’engage entre elles sous forme d’histoires racontées à tour de rôle en guise d’échange.

Ce troc nous fait remonter jusqu’à la guerre de 1812, du temps où l’esclavage n’avait pas encore été aboli dans l’Empire britannique.

Bien que cela puisse ressembler à un cliché, Kai Thomas illustre combien il importe de connaître notre histoire et nos origines pour façonner notre avenir. Il s’y prend non seulement en traitant de liberté, mais aussi de relations familiales et interculturelles (Blancs, Noirs et Autochtones).

Une nouvelle voix à surveiller

Thomas a essayé de représenter ses personnages marginalisés ou opprimés comme de puissants acteurs de leur propre expérience. Il n’hésite pas à les camper comme des êtres capables de tout ce que font les humains qui infligent des violences à d’autres personnes.

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Selon le New York Times, Les Voix fugitives n’est rien de moins que «rafraîchissant et entraînant. Avec une grande force d’évocation et des descriptions immersives, Thomas explore la question de l’esclavage au Canada, pays qu’on a idéalisé comme une issue à cette condition […]. Ce roman fait la démonstration de la puissance des récits.»

Avec Les Voix fugitives, Kai Thomas devient une nouvelle voix dans le firmament littéraire, une voix qui ne sera point fugitive.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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