Le Salon du livre de Toronto se réinvente pour sa 33e édition

Salon du livre de Toronto
Des membres de l'équipe du Salon: Jacques Charette, Gabriel Osson, Paul Ceurstemont, Anne-Sophie Roy, Eunice Boué, Paul Savoie, Valéry Vlad. Photos: Soufiane Chakkouche, l-express.ca
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Publié 31/01/2026 par Soufiane Chakkouche

Le Salon du livre de Toronto (SLT) fait peau neuve pour sa 33e édition. L’évènement, qui se tiendra du 26 février au 1er mars à l’Université de l’Ontario français (UOF), amorce un virage important, tant dans sa programmation que dans sa vision à long terme.

Placée sous le thème Héritage et Patrimoine, cette édition se veut ambitieuse, engagée et résolument tournée vers l’avenir.

«C’est une programmation qui balaie tout ce qu’on a fait jusque-là!» Cette confidence de Valery Vlad, président du conseil d’administration, faite à l-express.ca, résume le contenu de la conférence de presse organisée ce jeudi 29 janvier pour dévoiler la programmation de la 33e édition d’un Salon en pleine mutation.

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Valéry Vlad, président du conseil d’administration du Salon du livre de Toronto.

Un thème engagé

«La programmation cette année est très lourde, dans le sens noble du terme», explique Valery Vlad. «On n’a pas choisi ce thème comme un divertissement ou par facilité. Parler d’héritage et de patrimoine est une responsabilité énorme. On voulait aller au cœur du sujet, surtout en ces temps qui courent.»

Pour Valéry Vlad, cette réflexion s’inscrit dans un contexte canadien plus large.

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«Au Canada, il y a ceux qui disent qu’il est tout à fait naturel qu’on soit intégré aux USA. C’est un point de vue, mais quand on commence à faire l’inventaire de ce qui nous définit en tant que Canadiens, on se rend compte que c’est immense. Cela fait partie de notre héritage et de ce que nous allons laisser comme patrimoine. Cette programmation est donc un engagement fort dans ce sens.»

Des nouveautés à la pelle

Quant au fond, les nouveautés sont nombreuses cette année, au point que Valery Vlad parle d’un véritable ouragan de nouveautés. «L’arrivée d’Eunice Boué à la direction du Salon y est pour beaucoup. Elle est venue avec une énergie nouvelle et une avalanche d’idées», souligne-t-il.

Dans les faits, ces fraîcheurs touchent le Salon comme évènements littéraire d’une part, et de l’autre en tant qu’organisme.

Pour le premier, cette année, au lieu d’avoir un président ou une présidente d’honneur, thème de l’édition oblige, l’équipe du SLT a opté pour plusieurs invité(e)s d’honneur.

«Ces invités d’honneur ont des parcours divers, très éclectiques et représentatifs de la communauté. Ensemble, ils raconteront mieux l’histoire de l’héritage et du patrimoine», déclare Eunice Boué.

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L’autre fraîcheur de taille réside dans la création du prix Hommage, et ce afin d’honorer trois personnes de la communauté francophone qui ont dédié leur vie à la littérature, ainsi que de souligner leur impact sur le secteur.

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La directrice générale Eunice Boué.

Une programmation durant toute l’année

Quant au Salon en tant qu’organisme, sa directrice entend étendre sa programmation sur toute l’année et à tous les âges.

«Lorsque j’ai pris mes fonctions à la tête du SLT, ça m’avait choqué d’entendre parler du Salon comme un organisme qui est mort ou qui s’apprête à mourir. J’entendais aussi dire qu’on nous voyait que quatre jours pendant l’année, et, comme dans toute relation, loin des yeux, loin du cœur», se rappelle Eunice Boué.

Et de justifier: «Cette programmation annuelle est donc venue restaurer notre relation avec notre public francophone et renforcer ce lien pour qu’ensemble nous redonnions la splendeur au SLT tel qu’il a été.»

Ainsi, dorénavant, le Salon va être présent auprès de la communauté de septembre à mai, avec le club de lecture, le CLIN, sans oublier les conférences et les ateliers dans les écoles, collèges et universités.

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«On va vraiment sillonner le Grand Toronto avec nos auteurs pour rapprocher ces derniers de la communauté francophone», se réjouit la directrice du SLT.

Après le Salon, les activités reprendront en juin avec le Concours national du grand débat littéraire.

Là aussi, il s’agit d’un évènement inédit. Concrètement, il est question de rassembler tous les clubs de lecture du Grand Toronto autour d’un grand débat axé sur un livre. Pour sa première édition, le grand débat se déroulera à l’Alliance française de Toronto.

Le Salon en mai à partir de 2027

Non, non, ce n’est pas une erreur de frappe! À partir de 2027, le SLT se déroulera en mai au lieu de février-mars, comme cela était le cas jusqu’à présent.

«Le calendrier est très chargé pour notre petite communauté francophone durant le mois de février et de mars. Il y a presque un évènement chaque jour et plusieurs évènements se chevauchent», explique Eunice Boué.

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Selon la directrice, les études à propos des habitudes de la consommation événementielle des francophones de Toronto montrent qu’il faut leur proposer un seul évènement à la fois.

«Aussi, en décalant le Salon en mai, cela nous permet de nous singulariser, car on sera le seul gros évènement du mois de mai à Toronto au sein de la francophonie. Donc, il n’y aura pas d’excuse pour que les francophones ne viennent pas nous voir», plaisante-t-elle.

Cela dit, Eunice Boué avoue à demi-mot à l-express.ca que le mois de février représente le pic du froid hivernal, et que cela pousse les gens à rester chez eux.

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Les ouvrages en lice pour le prix Alain Thomas 2026, le prix littéraire du Salon du livre de Toronto.

Les finalistes du prix Alain Thomas dévoilés

Par ailleurs, le Salon a dévoilé les trois finalistes de son prix littéraire Alain Thomas 2026.

Parmi les 13 œuvres en compétition, le jury a choisi Maeva Guedjeu pour son recueil de nouvelles intitulé Des silences et des murmures, publié aux éditions l’Interligne, Michel Thérien pour son récit en vers L’arbre qui nous écrit, édité par les éditions Feu de Brousse, et Marie-Thé Morin pour sa pièce de théâtre Volcan, publiée chez Prise de Parole.

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«Cette année, on a eu moins d’œuvres que les années précédentes, mais de tous les genres littéraires. Cela va de la poésie au théâtre en passant par les nouvelles, la littérature jeunesse et bien sûr le roman, ce qui a un peu compliqué la tâche au jury», révèle Gabriel Osson, président du jury du prix Alain Thomas.

Toutefois, à en croire Gabriel Osson, ce n’est guère la quantité qui compte, mais la qualité des ouvrages, «la puissance des trois œuvres finalistes en est le témoin».

Le lauréat ou la lauréate sera dévoilé lors d’un évènement spécial au Salon.

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