27 faits curieux: la mort au fil des siècles

Catherine Ferland, 27 faits curieux sur la mort d’hier à aujourd’hui
Catherine Ferland, 27 faits curieux sur la mort d’hier à aujourd’hui, essai, Montréal Éditions Les heures bleues, collectionm Les 27, 2022, 64 pages, 21,95 $.
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Cercueil, corbillard, cimetière et flore mortuaire ne sont que quelques aspects abordés par Catherine Ferland dans 27 faits curieux sur la mort d’hier à aujourd’hui. Le livre présente à l’occasion des clins d’œil au Québec.

Les linceuls, les rituels, les techniques d’embaumement et les monuments funéraires témoignent «de ce souci constant d’aménager la mort – ou de ménager les morts – de manière à ce que la vie puisse reprendre ses droits le plus vite possible».

Morts encore vivants

À l’époque des épidémies de choléra et de typhus aux XVIIIe et XIXe siècles, les inhumations sont souvent précipitées… au risque d’ensevelir des personnes encore vivantes mais dont les signes vitaux demeurent imperceptibles.

Des cercueils auraient comporté «une clochette ou une autre forme d’alerte ainsi qu’un tuyau permettant la respiration en cas de besoin».

Dans plusieurs paroisses québécoises, on raconte qu’en déménageant les tombes d’un vieux cimetière, «des corps ont été retrouvés sur le ventre, tandis que d’autres avaient des poignées de cheveux dans les mains».

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Résignation et maîtrise de soi

Du côté de l’Islam, les pleurs sont permis, mais à la condition d’être silencieux. La résignation et la maîtrise de soi constituent l’idéal musulman en matière de deuil.

L’absence de manifestations bruyantes peut signifier le respect. C’est la base même de la fameuse «minute de silence» de nombreuses cérémonies.

L’autrice explique l’étymologie du mot corbillard. Il s’agirait d’une déformation de «corbeilat». Ce terme désignait autrefois le bateau reliant Paris à Corbeil et qui, en temps d’épidémie, a servi à évacuer les morts de la capitale.

Au fil du temps, le mot corbillard en est venu à désigner les véhicules qui convoient les défunts.

Camoufler les odeurs

Les fortes émanations dues à la décomposition peuvent incommoder les fidèles lors des cérémonies religieuses. Ceci explique peut-être l’usage traditionnel d’encens dans la liturgie catholique, «une stratégie commode pour camoufler les mauvaises odeurs».

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Bien que l’Égypte demeure la grande championne des momies, des recherches archéologiques au sud du Portugal ont révélé l’existence de corps comportant des traces de momification remontant à environ 8 000 ans.

Un tel embaumement «est réalisé pour que le corps puisse continuer à servir de support à l’âme du défunt dans l’au-delà».

Monuments funéraires

Les stèles et monuments de pierre se généralisent au XIXe siècle. Le métier ou le statut social sont parfois indiqués, ce qui permet de constater le regroupement des gens issus de la même classe sociale.

C’est ainsi que bien des cimetières «perpétuent le manière posthume la hiérarchie sociale».

Plusieurs espèces végétales sont étroitement liées à la mort et aux rites funéraires. Est-ce pour enjoliver la tombe, pour apaiser l’esprit de la personne décédée ou pour réconforter la famille endeuillée? Sans doute un peu tout cela et même, plus prosaïquement, pour dissimuler les odeurs.

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Chrysanthème et coquelicot

Parce que le chrysanthème fleurit à la Toussaint ou veille du Jour des morts, il devient une fleur de douleur et de mort.

Les chrysanthèmes blancs sont particulièrement recherchés lors des cérémonies funéraires des pays asiatiques, notamment chez les bouddhistes. «En effet, cette religion interdit d’utiliser des fleurs de couleur vive pour honorer les morts.»

Comme on le sait, le coquelicot est devenu le symbole des militaires tombés au combat. Dans les cérémonies funèbres juives et musulmanes, les fleurs sont moins employées. Ces religions privilégient plutôt la simplicité et la sobriété.

Enterrer ou incinérer?

La crémation a longtemps représenté un problème théologique. Le dogme catholique affirme qu’il faut «respecter l’intégrité du corps en vue de la résurrection», ce que compromet la crémation. C’est Paul VI qui lève l’interdit en 1963.

Le Québec n’a pas attendu aussi longtemps. C’est au cimetière Mont-Royal, à Montréal, qu’est fondé le premier crématorium en 1901. Ce sera le premier au Canada. «De nos jours, plus de 70% des défunts québécois sont incinérés plutôt qu’inhumés.»

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