Yukon Quest: le rêve d’une vie à -46 degrés Celsius!

Les chiens du chenil Akkada sont recouverts d’une couverture et d’un manteau lorsqu’ils sont au repos, en raison du froid extrême. (Photo: avec l’autorisation de Katherine Langlais et Rémy Leduc)


6 février 2019 à 19h00

Voulez-vous savoir pourquoi le Yukon Quest est la course de chiens de traîneau la plus difficile au monde? Parce que les mushers et leurs chiens doivent composer avec des températures extrêmes pendant les 1648 kilomètres du parcours à travers le Grand Nord canadien et l’Alaska.

Rémy Leduc, du chenil Akkada de Glenwood, au Nouveau-Brunswick, y a justement goûté le 2 février lors du jour 1 de l’événement annuel. Alors que la température est descendue jusqu’à -46 degrés, le musher du Restigouche s’est gelé le visage à un point tel qu’à son arrivée au point de contrôle de Braeburn il a perdu la peau du bout de son nez en enlevant ses lunettes.

Malgré ce «petit pépin», pour reprendre l’expression utilisée par sa conjointe Katherine Langlais, les choses vont très bien pour le chenil Akkada qui, le 5 février, occupait le 27e rang au classement général.

18 heures par jour

Rémy Leduc a rallié les trois premiers points de contrôle (Braeburn, Carmacks et Pelly Crossing) en une journée, 18 heures et 34 minutes. Ça inclut les 13 heures et 25 minutes de repos.

«Je dirais que ça va super bien», affirme-t-elle. «Bien sûr, c’est difficile parce qu’on doit apprendre à fonctionner avec peu de sommeil. Mais les chiens sont en forme. Ils dorment bien et ils mangent bien.»

Le nez gelé

Seul son conjoint a souffert un peu dit-elle. «Il faisait tellement froid qu’il a gelé le bout de son nez. Ils avaient des engelures remarquables. Même que la peau est venue avec quand il a retiré ses lunettes qui étaient aussi collées à son front. Ça ne lui a pas fait mal sur le coup parce que c’était gelé, mais c’était une autre histoire quand ç’a dégelé. Ce matin [lundi], il avait le nez toutes sortes de couleur», mentionne-t-elle avec humour.

Selon Katherine Langlais, outre sa volonté de conserver le reste de son épiderme, l’objectif de Rémy est de s’assurer de terminer la course sans problème. La position au classement importe peu.

Rémy Leduc a souffert du froid. Rien toutefois pour l’empêcher d’accomplir son rêve. (Photo: avec l’autorisation de Katherine Langlais et Rémy Leduc)

14 chiens par équipe

«Nous sommes venus ici pour apprendre. La course est longue et nous avons une équipe de chiens relativement jeune. Pour l’instant, nous sommes vraiment satisfaits. Nous verrons ce qui arrivera en cours de route. Si jamais Rémy voit que les chiens ont moins besoin de repos, c’est possible qu’il coupe dans le sommeil pour parcourir plus de distance chaque jour», signale-t-elle.

Rappelons que chaque équipe a droit à un maximum de 14 chiens. «Pour les deux premières journées, en raison d’un manque de neige, Rémy a opté de n’utiliser que deux chiens. Ellie et Solo ont donc seulement intégré l’équipe aujourd’hui», explique Katherine.

Les mushers et leurs chiens doivent composer avec des températures extrêmes pendant les 1648 kilomètres du parcours à travers le Grand Nord canadien et l’Alaska. (Photo: avec l’autorisation de Katherine Langlais et Rémy Leduc)

Encouragement

Rémy Leduc et Katherine Langlais, qui en sont à une première participation au Yukon Quest, rêvaient d’y prendre part depuis près de 10 ans. Inutile de dire qu’ils savourent chaque instant malgré le froid.

«Nous vivons un rêve. Notre rêve», confie Mme Langlais.

«Nous y avons pensé depuis tant longtemps. C’est incroyable que ça se concrétise enfin. Le simple fait d’être ici nous donne beaucoup d’énergie. C’est sans compter les gens qui nous suivent et qui nous envoient des petits messages d’encouragement. Ça nous aide énormément», dit-elle.

Cache-cou et mitaines

– Et le nez de Rémy? Il prend du mieux?

«Oui, oui», lance-t-elle en riant. «Nous avons même patenté quelque chose pour cacher son nez. Nous avons aussi doublé son cache-cou. En tout cas, c’est pas évident de négocier avec des froids de -46.»

«Moi-même j’ai le bout des doigts rouges même si je porte des mitaines. Parfois, parce que c’est nécessaire, je dois être nues mains pour m’occuper des chiens. Lors des arrêts, nous nous assurons de les recouvrir d’un manteau ou encore de couvertures.»

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