Voir ce que l’on ne voit pas à Moscou

Les photographies troublantes et touchantes de Sandra Ratkovic

Ratkovic, Sandra, MocKBa, Éditions Hatje Cantz, 2017, broché, couverture souple à rabats, 28x21 cm, 96 p. La couverture reproduit la photographie d'une femme posant pour se faire photographier devant un parc d'amusement.

Ratkovic, Sandra, MocKBa, Éditions Hatje Cantz, 2017, broché, couverture souple à rabats, 28x21 cm, 96 p. La couverture reproduit la photographie d'une femme posant pour se faire photographier devant un parc d'amusement.


24 juillet 2017 à 10h20

Lorsque la radio ou la télévision nous parle de Moscou c’est, la plupart du temps, pour nous faire part des décisions, du comportement ou de la politique de Vladimir Poutine qui règne en maître sur le pays géographiquement le plus grand du monde, juste avant le Canada.

Et les lecteurs qui se sont procuré le livre de Vladimir Fédorovski ou qui ont lu l’article consacré au «tsar rouge» dans L’Express du 29 juillet 2014 savent ce que veut Poutine.

Mais qu’en est-il de la vie quotidienne à Moscou? On en parle peu, et les personnes qui se rendent à Moscou la lointaine et qui ont pris le temps de déambuler dans ses rues ne sont pas nombreuses.

Un livre original

Aussi, le petit livre que les éditions Hatje Cantz viennent de consacrer à ce que l’on peut voir dans les rues moscovites est le bienvenu.

Ce livre est original parce qu’il s’agit plutôt d’une collection de photographies. En effet, sur les 95 pages de cet ouvrage, il n’y a que 10 pages de textes en anglais ou en russe, toues les autres sont des reproductions en pleine page et en couleur des photographies de Sandra Ratkovic.

L’intérêt de cet ouvrage, qui nous fait découvrir ce que l’on peut voir dans les rues de Moscou, mais qu’habituellement l’on ne nous montre pas, c’est aussi de se rendre compte qu’à Moscou tradition et modernité se côtoient.

Tout cela grâce à une photographe professionnelle qui ne choisit certainement pas ses sujets au hasard.

Photos classiques absentes

À de rares exceptions près, comme les coupoles de la cathédrale de Saint-Basile-le-Bienheureux, les photographies présentées dans ce livre ne sont pas celles d’une agence de tourisme qui fait le tour des monuments de Moscou:

– le Kremlin,

– la cathédrale du Christ-Sauveur, siège du patriarcat, rasée par Staline en 1931 et reconstruite à l’identique sous Boris Eltsine à partir de 1995,

– la Place Rouge et le café Pouchkine, qui n’existait pas quand en 1964 Gilbert Bécaud (Monsieur 100 000 Volts, 1927-2001) a fait triompher la chanson Nathalie, dans laquelle son parolier avait introduit le café Pouchkine, sans doute pour la rime.

Mais le café Pouchkine existe maintenant, car en 1999, le restaurateur franco-russe Andrei Dellos profite de cette publicité internationale gratuite et crée avec succès ce café-salon de thé-pâtisserie-brasserie-restaurant gastronomique de prestige, dans le centre historique de Moscou.

Mais pas plus que le tombeau de Lénine ou d’autres monuments, ces sujets n’intéressent pas notre photographe.

Sandra Ratkovic

Cette photographe est Sandra Ratkovic, née en Allemagne, à Francfort sur le Main en 1980. C’est dans l’université de cette ville qu’elle a étudié l’histoire de l’art et la littérature avant de se rendre à Berlin pour y étudier la photographie dans une école de photo-culture,et de s’y installer, devenant documentaliste et artiste photographe.

Curieuse de connaître la vie à Moscou, stimulée par les restes laissés par les Soviétiques en quittant Berlin-Est, elle gagne Moscou pour la première fois en 2015. Elle en rapporte des séries de photos «absurdes, colorées, troublantes et touchantes» qui montrent les contrastes qui apparaissent dans les rues de Moscou.

C’est une sélection de ces photos que présente le livre des éditions Hatje Cantz.

MocKBa

Sous ce titre Moskba (Moskva, Moscou) le lecteur peut se faire une idée de ce que l’on peut voir de traditionnel ou de moderne dans les rues ou places de Moscou, grâce à une soixantaine de photos en pleine page ou en double page.

Les photos parlent d’elles-mêmes et, si l’on tient à en avoir une explication, on peut se reporter aux cinq dernières pages qui donnent une description de toutes les photographies en anglais.

Plusieurs photos sont celles de peintures murales, très à la mode lors du régime soviétique, tant en URSS qu’en d’autres pays. Deux photographies portent en russe le titre de leur échoppe. La langue russe utilise l’alphabet cyrillique dont nous avons traité des origines dans un article de L’Express du 31 mars 2015.

Voyage Moscou

Deux mots russes apparaissent aux pages 38 et 58. Page 38, on voit une femme qui achète quelque chose dans une sorte de kiosque intitulé Билеты (bilety, tickets). On ne sait de quel ticket il s’agit, mais tout a l’air de se passer à la bonne franquette.

La photo de la page 58 est énigmatique et c’est sans doute sa raison d’être. Une boutique, peu identifiable, porte le mot цветы (tsvety, fleurs). Il s’agit donc de la devanture d’un fleuriste.

On peut voir d’autres photographies étonnantes, divertissantes, traditionnelles comme un manège ou une devanture de matriochkas, ces poupées en bois de taille décroissante qui se mettent les unes dans les autres.

C’est donc un petit ouvrage qui nous permet de voir ce que la publicité sur Moscou ne nous présente pas, en faisant un petit voyage facile et peu coûteux.

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