Que veut Vladimir Poutine?

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S’il est un livre d’une grande actualité, c’est bien celui que Vladimir Fédorovski consacre à Vladimir Poutine. Le président russe s’est mis sur le devant de la scène internationale et médiatique avec son soutien à la Syrie de Bachar al-Assad, l’annexion de la Crimée, les troubles dans l’est de l’Ukraine, l’avion abattu de la Malaysia Airlines et des propos équivoques.

Qui est donc ce Poutine qui jette ainsi le trouble en Ukraine, au Moyen-Orient, dans le monde, avec des conséquences qui pèsent sur les relations internationales et inquiètent nombre de dirigeants des Pays baltes à la Pologne, jusqu’aux États-Unis? Que veut-il faire?
À ces questions, Vladimir Fédorovski apporte de nombreux éléments de réponse.

L’auteur

Pour apprécier à leur juste valeur les propos de cet auteur, il faut dire un mot de sa personnalité et de son parcours: attaché d’ambassade russe en Mauritanie, attaché culturel à Paris, interprète au Kremlin, diplomate, promoteur de la perestroïka et témoin privilégié des grands événements de cette époque.

En plus du russe, sa langue maternelle, il maîtrise parfaitement le français, l’anglais et l’arabe. Établi en France, il rédige ses ouvrages en français.

Ses livres – notamment son emblématique Roman de Saint-Pétersbourg – sont traduits dans vingt-huit pays, et ont reçu dix prix littéraires. Poutine est son trente-troisième ouvrage.

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Comme le fait remarquer un commentateur: «Ce livre, venant d’un auteur qui y a vécu, y a joué un rôle important, a été témoin des événements, est une mine de renseignements pour qui s’intéresse à la Russie d’aujourd’hui. Avec des retours sur un passé proche qui n’a pas toujours été clairement perçu par les Occidentaux. Vraiment un bon livre d’histoire vivante.»

Indices

Il ne saurait être question de résumer un tel ouvrage. Il en va en quelque sorte comme d’un roman policier – un roman politicien dans ce cas! – dont le déroulement est fait d’événements détaillés mais importants, dont l’enchaînement permet de saisir la fin ultime de l’histoire. Et Fédorovski entraîne le lecteur dans ce fil conducteur qu’est «L’itinéraire secret» de Poutine.

Dès le départ, l’auteur donne quelques repères intrigants qui suscitent immédiatement l’intérêt. Comparer Poutine à Janus, cette divinité romaine au double visage, est une comparaison faible.

Fédorovski caractérise Poutine d’entrée de jeu ou de livre: «Vladimir Poutine, l’homme le plus puissant de la planète, selon le magazine américain Forbes, manifeste dès son plus jeune âge le désir de devenir un personnage à part. Pourtant, ce natif de Léningrad m’a toujours laissé le sentiment d’un être aux multiples visages, dissimulant sa véritable nature derrière une succession de masques.»

Et c’est précisément à découvrir et à nous faire découvrir l’homme qui se cache derrière ces masques, que l’auteur va s’attacher dans les pages qui suivent.

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Repères

Vladimir Fédorovski déroule la biographie de Poutine en émaillant les grandes étapes de la vie de celui-ci de quelques remarques pertinentes, depuis «Le petit caïd» de Léningrad jusqu’au président de la Fédération de Russie.

Sont ainsi abordés l’agent du KGB dans les années 1970-1980, puis l’adjoint au maire démocrate de Saint-Pétersbourg, le chef des services secrets, le premier ministre lors de la guerre en Tchétchénie, dans un climat crépusculaire de fin de règne, et le président, successeur inattendu de Boris Eltsine.

«J’étais plus sceptique, au début, quant à l’importance de l’héritage stalinien pour Poutine. Mais la pertinence des propos de mon ami Sobtchak apparut au grand jour bien plus tard, en 2000, lorsque le président nouvellement élu à la tête de la fédération de Russie proclama d’entrée de jeu: «Le peuple russe possède une longue tradition de tsars forts…» C’était de Staline dont il était avant tout question.»

Le tsar rouge

Cette remarque met en lumière un point important. Contrairement à sa perception en Occident, Staline est resté une figure du héros, un tsar, le «père de la Nation».

«Lénine, c’était la doctrine communiste. Staline, c’est la splendeur des tsars, celle de la Russie éternelle. Enterrer Lénine. Faire disparaître sa dépouille dans un caveau. Honorer Staline, le tsar rouge qui se posait en héritier d’Ivan le Terrible et de Pierre le Grand.
On prend ici la mesure de la passerelle historique établie par un Poutine qui se perçoit en outre comme la réincarnation du premier des Romanov, envoyé par la Providence pour sauver la Russie et rétablir sa grandeur. Il a d’ailleurs eu cette phrase à l’ambiguïté révélatrice: «Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur. Celui qui la regrette n’a pas d’intelligence…»

Complexité

Ces quelques extraits donnent une idée de la complexité du personnage de Poutine. En éclairant les zones d’ombre de cet habile manœuvrer, Vladimir Fédorovski présente ici cinq visages du maître incontesté de la Russie depuis près de quinze ans, personnalité incontournable de l’échiquier international, dans un livre tout aussi incontournable si l’on veut tenter de saisir un Poutine aussi redoutable qu’imprévisible.

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