Vincent Francœur entre l’excitation et l’inconfort

Vincent Francœur, Tu n’as pas envie de vivre, un peu?
Vincent Francœur, Tu n’as pas envie de vivre, un peu? roman, Ottawa, Éditions David, collection Indociles, 2026, 344 pages, 26,95 $.
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Publié 10/10/2026 par Paul-François Sylvestre

Après Tu y connais quoi, toi, à l’amour?, Vincent Francœur aiguise sa plume et son introspection pour aborder la dépendance affective, les apparences sociales et l’apprentissage de l’affirmation de soi.

William, Hugo, Marie, Camilla, Éric, Pedro, Justin, Katie, Stéphanie, Alexandre, Rami, Natalie, Nicholas, Pierre, Serge, Benoit, Bastien, Yazel, Elie, Francisco, Lucas, Philippe et Sébastien. Voilà l’immense brochette de personnages qui meublent ce nouveau roman de Francœur.

On y trouve des couples – deux hommes, deux femmes, un homme et une femme – ainsi que des célibataires.

Dans le Village gai de Montréal

L’action se déroule dans le Village gai de Montréal, entre le 5 avril et le 12 décembre 2012.

Quelques personnages travaillent à Balustrade, une organisation qui offre toute l’aide qu’elle peut aux personnes LGBTQ. C’est le cas de William qui est le narrateur de Tu n’as pas envie de vivre, un peu?

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L’auteur imagine une intrigue où le jeu de célibat, d’amitié et de relation durable demeure un territoire miné pour William qui vient d’être largué par Hugo, son premier partenaire: «Je m’invente une grande histoire d’amour dès qu’un gars interagit avec moi avec un minimum de gentillesse.»

Un robot

Un de ces gars est Alexandre, résolu à briser le cocon dans lequel William s’est enfermé depuis trop longtemps. Il est séduisant, charmeur et socialement dominant, un véritable party goer. Il a le don de placer William «entre l’excitation et l’inconfort».

Avant de fréquenter Alexandre, voici comment on pourrait décrire le vécu de William. «Je suis coincé dans une vie monotone depuis deux ans […]. Je me transforme en robot les jours de la semaine pour pouvoir offrir du soutien à des dizaines de personnes qui ne savent pas que je passe le reste de ma vie prisonnier de ma routine et de mes craintes.»

Tu n’as pas envie de vivre, un peu? bouleverse, bien entendu, cette routine. Son nouveau chum lui donne envie de dire «oui» à la vie plus souvent. Il a du mal à croire à quel point il s’est privé au cours des dernières années.

Date d’expiration

Sans dévoiler le dénouement de l’intrigue romanesque, il est permis de souligner que l’affirmation de soi permettra à William de ne plus vivre une rupture pleine de non-dits et qui s’étire à n’en plus finir. Les histoires d’amour sont parfois comme les produits comestibles, il y a une date d’expiration.

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Les personnages de ce roman ont le don de discuter conviviablement de tout et de rien tout en trinquant. À travers un voile d’alcool – bière, vin, shooters –, ils se confient plus librement. Sauf que les échanges demeurent trop souvent banals ou sans intérêt. On aurait pu facilement couper cinquante pages de verbiage.

Cela n’empêche pas Vincent Francœur à démontrer un principe qui s’applique à tout couple, homo ou hétéro: ce qu’on veut réellement d’une relation est ce qu’on est prêt à exiger de soi-même.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

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