Une page d’art dans une page d’histoire

François 1er et l'art des Pays-Bas, relié, 30x24 cm, 335 illustrations, 480 p. 45 €. Portrait équestre de François 1er par Jean Clouet (1475/85-1540).


12 novembre 2017 à 9h00

C’est incontestablement, disons-le de suite, un ouvrage fabuleux que viennent de publier les éditions d’Art Somogy en coédition avec Louvre éditions, à l’occasion d’une exposition qui se tient au musée du Louvre à Paris jusqu’au 15 janvier 2018. Et le titre commun à l’ouvrage et à l’exposition nous en révèle de suite l’intérêt: François 1er et l’art des Pays-Bas.

François d’Orléans

François d’Orléans, qui deviendra François Ier, est né le 12 septembre 1494 à Cognac, célèbre ville française classée officiellement «Ville d’art et d’histoire» et qui a donné son nom à une eau-de-vie connue dans le monde entier.

Par ses parents, de noble origine, il appartient à la branche de Valois-Angoulême, branche cadette de la dynastie capétienne qui régnait sur le royaume de France depuis 1328.

Le roi de France est alors Louis XII, qui n’a pas d’héritier mâle et fait venir à sa cour en avril 1498 François, dont le père est décédé en 1496, son petit cousin au 4e degré, accompagné de sa sœur aînée Marguerite et de sa mère, Louise de Savoie. François, devenu comte d’Angoulême, est nommé duc de Valois en 1499 par Louis XII. Il est l’héritier présomptif de la couronne, en qualité d’aîné de la Maison de Valois

En 1512, Louis XII fait entrer François au Conseil du Roi et le nomme commandant en chef de l’armée. Affaibli par l’âge, par les hémorragies intestinales à répétition qui ont menacé de le faire mourir plusieurs fois, par les excès et la goutte, Louis XII meurt le 1er janvier 1515 à Paris. Il laisse le trône à son cousin et gendre François Ier, époux de sa fille aînée Claude, duchesse de Bretagne.

Tenture, L'arrestation de Saint-Paul à Jérusalem d'après Pieter Coecke van Aelst, 1502-1550 (p. 322)
Tenture, L’arrestation de Saint-Paul à Jérusalem d’après Pieter Coecke van Aelst, 1502-1550 (p. 322)

François 1er

François 1er doit son prénom «à un ermite italien nommé François de Paule (Paola), arrivé en France en 1482. Louise de Savoie avait consulté ce saint homme qui avait la réputation d’aider les femmes à avoir des enfants. Les garçons qui venaient au monde grâce à son intercession recevaient en général son prénom. Ce fut le cas de François». (Le Point, 21/12/2006)

Le roi passe pour un monarque modéré dans l’exercice des pouvoirs royaux qu’il détient. Mais surtout, il est considéré comme le roi dont l’action est déterminante au cours de la période de la Renaissance en France. Son règne (1515-1547) permet un développement important des arts et des lettres dans son royaume.

Portrait de femme en Joconde nue, Mona Vanna par Joos van Cleve, Musée national de Prague, République tchèque (p.249).
Portrait de femme en Joconde nue, Mona Vanna par Joos van Cleve, Musée national de Prague, République tchèque (p.249).

La Renaissance

La Renaissance, qui s’affirme en Italie depuis les années 1350, se répand progressivement dans le reste de l’Europe, du fait en particulier des invasions de l’Italie par les rois de France, Charles VIII (1483-1498), Louis XII (1498-1515) puis François Ier, qui manifeste un goût prononcé pour l’art italien. Comme mécène, il crée un foyer d’art italien dans son château de Fontainebleau, à 60 km au sud de Paris.

Mais il s’intéresse aussi beaucoup aux courants artistiques venus du Nord. En effet, aux côtés des artistes italiens si prestigieux, comme Léonard de Vinci, Andrea del Sarto, Rosso Fiorentino ou encore Le Primatice, François 1er a également accordé leur place aux artistes des Flandres et des Pays-Bas comme Jean Clouet, Godefroy le Batave, Noël Bellemare, Grégoire Guérard, Bartholomeus Pons, et d’autres.

Lucrèce se poignardant par Joose van Cleve, vers 1525 (p. 297)
Lucrèce se poignardant par Joose van Cleve, vers 1525 (p. 297)

Exposition et livre d’art

L’exposition du Louvre, comme le livre qui l’accompagne, ouvre une page artistique méconnue sur la Renaissance en France, en nous faisant connaître des artistes et des formes d’art dont on parle rarement, en en explorant «la variété, les extravagances et la monumentalité».

L’exposition et son livre d’art nous révèlent «cette face artistique méconnue du règne de François 1er, inédite et passionnante, le goût du monarque et même sa passion pour certains aspects de l’art des Pays-Bas appelaient la spectaculaire remise en perspective proposée dans cette exposition, dont l’ouvrage se fait ici l’écho».

Les 480 pages du livre sont divisées en six grandes sections qui suivent le parcours de l’exposition et dont 380 reproductions illustrent presque chaque page à l’exception des 50 dernières consacrées à la bibliographie et à un répertoire.

Voici les titres de ces sections qui nous apportent un éclairage nouveau sur toute une période de l’art des Pays-Bas: Permanence du courant flamand en France, La vague du maniérisme leydo-anversois (Leyde-Anvers) en France autour de 1520, La part nordique du portrait en France sous François Ier, Les achats de François Ier aux Pays-Bas et l’invitation de Joos van Cleve, Artistes des Pays-Bas du Nord en Champagne et en Bourgogne, Flamands sur le chantier cosmopolite de Fontainebleau.

Une exposition fascinante, une occasion unique d’une lecture passionnante et instructive, François 1er poursuit ainsi son œuvre culturelle et artistique à travers le temps et l’histoire.

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