Un exemple du militantisme avant la Loi sur les services en français

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«Reconnaissant le mérite de la modeste tentative de monsieur Albert Roy, député d’Ottawa-Est à Queen’s Park, parrain d’un projet de loi qui visait à assurer un minimum de services provinciaux en langue française, nous soussignés condamnons le geste de William Davis comme bafouant la population franco-ontarienne et tous les citoyens de la province.»

C’est ce qu’on pouvait lire en français et en anglais dans l’édition du 27 juin 1978 du quotidien The Globe & Mail alors qu’un grand nombre d’organismes et de citoyens réagissaient à la décision du premier ministre de l’Ontario de ne pas permettre au projet de loi lequel, quelques semaines plus tôt, avait été adopté en deuxième lecture, de procéder vers l’étape suivante.

À la fin du texte de l’annonce, il y avait une invitation à faire parvenir lettres d’appui et commentaires à l’Union pour la défense des droits des Franco-Ontariens, un nom créé pour l’occasion et pour lequel un casier postal avait été loué à Orléans. Cette page du Globe est intéressante à lire: on y voit une liste des militants de l’époque dont plusieurs ont joué un grand rôle depuis cette mobilisation citoyenne.

L’initiative d’acheter une pleine page de publicité dans ce qui était alors le quotidien national anglais du Canada était celle de Louis Alberti, un jeune avocat d’Ottawa.

Il avait utilisé son compte en fiducie pour recevoir les contributions financières de ceux qui voulaient dénoncer publiquement le «peu de respect pour les principes fondamentaux sur lesquels repose notre démocratie.»

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Au cours de sa carrière, il a travaillé durant huit ans dans des cabinets ministériels et, durant trente ans, il a été avocat au ministère de la Justice du Canada.

Aujourd’hui à la retraite, il vient de compléter cet été les exigences d’un baccalauréat ès arts spécialisé approfondi en traduction anglais-français. Il est présentement inscrit à la maîtrise en traductologie pour laquelle il a reçu une bourse d’excellence de l’Université d’Ottawa.

L’histoire se fait de petits et grands gestes posés par des individus qui décident de passer à l’action lorsqu’il y a lieu de dénoncer des injustices. Le geste de Maître Alberti a été un des nombreux éléments qui ont fait que, bien des années plus tard, soit en 1986, l’Ontario a pu enfin adopter la Loi sur les services en français.

Page du 27 juin 1978 du Globe & Mail

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