Premier historien francophone à publier un ouvrage sur Jean Lesage, Jocelyn Saint-Pierre revisite le parcours de l’homme que l’on considère encore aujourd’hui comme le père de la Révolution tranquille. Il nous offre une monumentale biographie intitulée Jean Lesage : Bâtisseur du Québec moderne.
L’auteur a voulu «combler un quasi-vide historiographique sur un personnage pourtant marquant, au cœur d’une époque charnière de l’histoire du Québec . Attendez-vous à un ouvrage fouillé et détaillé; les presque 700 pages pèsent plus de trois kilos.
On a souvent tendance à voir Jean Lesage seulement comme un acteur sur la scène politique québécoise, alors qu’il a d’abord fourbi ses armes au niveau fédéral (1945-1958). Député de Montmagny-L’Islet à la Chambre des communes, il fut adjoint parlementaire du ministre des Affaires étrangères, puis du ministre des Finances, avant de devenir ministre du Nord canadien et des Ressources naturelles.
Économie et autonomie
Élu chef du Parti libéral du Québec en 1958, Lesage devient vite l’homme aux multiples fonctions: recruter des candidats, recueillir des fonds, galvaniser ses troupes. Son programme inclut l’autonomie provinciale, les ressources naturelles, l’instruction obligatoire et gratuite jusqu’à 16 ans, un code du travail et une réorganisation de la Commission des relations ouvrières.
Élu premier ministre du Québec en 1960, Jean Lesage se réserve le ministère des Finances tout au long de son mandat de 5 ans, 11 mois et 11 jours. Il crée la Commission royale d’enquête sur l’enseignement qui prescrit que, sous le nouveau premier ministre, c’est l’État et non l’Église qui doit devenir «le principal agent d’organisation, de coordination et de financement de l’enseignement».


