Un système d’aération à bulles pour l’aquaculture

L'étudiant de premier cycle Eric Chadwick, l'étudiant diplômé Shaker Bukhari et le professeur Wael Ahmed de la School of Engineering de l’Université de Guelph.
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Une nouvelle pompe qui utilise l’air pour faire circuler l’eau, mise au point à l’Université de Guelph, pourrait avoir des répercussions positives sur l’aquaculture.

Baptisé Airlift Pump (pompe à émulsion d’air), ce dispositif vise à remplacer les appareils de circulation de l’eau coûteux et énergivores dans les piscicultures en eaux continentales et en mer ouverte. Polyvalent et éconergétique, le nouvel appareil a même certains effets involontaires plutôt positifs sur la qualité de l’eau.

Selon le chercheur principal Wael Ahmed, professeur agrégé de l’École de génie de l’Université de Guelph, ce système d’aération, qui utilise un injecteur d’air à deux voies, est fondé sur la physique de la flottabilité.

Lorsque l’eau circule dans la pompe, de l’air est injecté à un taux contrôlé. Les pisciculteurs peuvent passer d’un mode d’injection d’air en continu à un mode d’injection par pulsation, au besoin, et l’eau ainsi aérée retourne dans les enclos piscicoles.

Moins d’énergie et d’entretien

«Les appareils traditionnels de circulation, exclusivement mécaniques, consomment beaucoup d’énergie. Notre pompe ne contient aucune pièce mécanique, Les bulles représentent la force motrice, et l’alimentation en air est le seul aspect qui utilise de l’énergie», explique M. Ahmed. «Nos essais montrent qu’il en résulte une réduction de la consommation d’énergie de 50 à 70 %. Dans une exploitation de 40 acres, par exemple, cela représente une économie d’énergie d’environ 15 000 $ par année.»

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«Compte tenu de ce faible besoin énergétique, des pompes solaires seront une solution parfaite pour de nombreux sites aquacoles éloignés», ajoute-t-il.

Dans un contexte où le coût de l’énergie ne cesse de croître, de telles économies pourraient assurément faire une différence marquée pour des producteurs qui composent avec des coûts de production élevés et des marges de profit assez faibles.

Par ailleurs, étant donné l’absence de pièces mobiles, M. Ahmed indique que les producteurs réduiraient aussi leurs coûts d’entretien, en plus d’écarter tous les irritants liés au mauvais fonctionnement de l’équipement.

«Selon les calculs que nous avons effectués au laboratoire, l’investissement dans ces pompes est récupéré en l’espace d’un à trois ans», dit-il.

Qualité de l’eau et… des poissons

La pompe Airlift contribue aussi à préserver la qualité de l’eau. Dans les piscicultures en parc clos en eaux continentales, par exemple, les bulles produites par la pompe ont un effet clarifiant et aident à chasser les impuretés de l’eau. C’est un avantages indéniables pour les exploitants qui consacrent beaucoup de temps, d’énergie et d’argent à des systèmes complexes de traitement de l’eau.

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En mer ouverte, les pisciculteurs peuvent même utiliser la pompe pour influencer la physiologie naturelle des poissons. En effet, en faisant circuler l’eau entre la surface et le fond d’une zone donnée, les pisciculteurs peuvent optimiser la température de l’eau et inciter des poissons habituellement engourdis à se nourrir plus régulièrement, ce qui a un effet bénéfique sur la santé et la productivité globale des poissons.

«La pompe peut même être utilisée l’hiver pour empêcher l’eau de geler. Pendant toute l’année, elle facilite la récupération des déchets solides», indique M. Ahmed.

La prochaine étape consiste à installer le système de circulation dans quatre exploitations différentes de l’Ontario (deux en bassins en eaux continentales et deux en mer ouverte). Si les essais sont fructueux, la pompe Airlift pourrait être commercialisée d’ici quelques années.

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