Un plaidoyer en faveur de livres jeunesse plurilingues aux Prix Champlain

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L’illustrateur Jean-Luc Trudel et l’autrice Diya Lim ont reçu le Prix Champlain pour le livre Éli Labaki et les gouttes de pluie. Ils sont en compagnie de leur éditrice Marie Cadieux ainsi que de Pierre Filion, éditeur de Simone Chaput, lauréate du volet adulte pour son roman Les mangeurs d’ortolans. Photo: Julien Cayouette, Francopresse
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Publié 22/02/2025 par Julien Cayouette

L’autrice de Mississauga Diya Lim a profité de la tribune de remise du Prix Champlain pour recommander au monde littéraire pour enfants de publier davantage de livres plurilingues. Elle a remporté le volet jeunesse de ce prix, tandis que la Franco-Manitobaine Simone Chaput a récolté le volet adulte.

Le Regroupement des éditeurs franco-canadiens et ses partenaires ont dévoilé le nom des lauréates le 21 février, à l’occasion du Salon du livre de l’Outaouais.

Le livre primé de Diya Lim, Éli Labaki et les gouttes de pluie, illustré par Jean-Luc Trudel et publié à la maison d’édition Bouton d’or Acadie, raconte l’histoire d’intégration d’une famille libanaise au Canada. Une façon pour l’autrice jeunesse de partager sa propre expérience d’immigration, puisqu’elle est elle-même née à l’étranger, à l’île Maurice.

«Je ne suis pas Libanaise, mais j’ai été inspirée par mes amies libanaises. Je suis allée vers elles et d’autres femmes libanaises et c’est en allant vers l’autre que l’autre vient vers nous», a-t-elle dit pendant son discours d’acceptation du prix.

Son travail de réviseure du programme d’éducation de l’Ontario l’amène à visiter plusieurs classes, et elle constate qu’il y a un besoin grandissant de livres pour enfants écrits en plusieurs langues ou présentant d’autres cultures, confie-t-elle en entrevue avec Francopresse.

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«Ça aide à mieux inclure les élèves et aide les autres élèves qui sont déjà Canadiens, ou qui sont arrivés ici il y a quelques années et qui se sont bien intégrés, à s’ouvrir à d’autres cultures.»

L’intention de l’autrice a été comprise par le jury du Prix Champlain. «En adoptant une vision inclusive et réaliste, [ce livre] parvient à représenter fidèlement les expériences diverses de la société canadienne. C’est une célébration de l’unité dans la diversité», précise le communiqué.

Diya Lim signe des livres pour enfants depuis une quinzaine d’années. Son premier roman jeunesse, Amandine adore la cuisine, a remporté le prix littéraire Henriette-Major de 2011. Elle écrit en fait depuis qu’elle est toute jeune et a déjà beaucoup de titres à son actif.

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Pour Diya Lim, les livres plurilingues permettent aux enfants de différentes cultures «de se sentir plus à l’aise». Photo: Julien Cayouette, Francopresse

Le Prix Champlain

Le Prix Champlain a été créé en 1957 par le Conseil de la vie française en Amérique.

Il met tous les ans à l’honneur des artistes littéraires qui, par leurs œuvres, contribuent à faire briller la langue française au Canada ainsi qu’à renforcer les liens entre le Québec et les francophones et francophiles de partout au pays.

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Les lauréates de cette année ont été choisies par un jury composé de membres issus de divers horizons professionnels et des quatre coins du Canada.

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Prix Champlain 2025: Les mangeurs d’ortolans, de Simone Chaput, et Eli Labaki et les gouttes de pluie, de Diya Lim, illustré par Jean-Luc Trudel.

Simone Chaput

Simone Chaput a remporté le volet adulte du Prix Champlain pour son roman Les mangeurs d’ortolans, publié chez Leméac Éditeur. Elle y raconte l’effondrement d’une famille, en apparence, idéale.

Elle n’était pas présente à la remise du prix. C’est son éditeur, Pierre Filion, qui a accepté cet honneur en son nom. Dans les remerciements lus par ce dernier, Simone Chaput déclare: «Le français est ma langue ancestrale. Le français est un pays que j’habite. Sa beauté, sa puissance, ne cesse de m’émerveiller.»

Cette langue, elle la maîtrise parfaitement, selon le jury: «C’est un roman écrit par une autrice en complète possession de ses moyens qui joue de la narration, de la profondeur comme d’autres peuvent jouer d’émotions simples et puériles.»

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Simone Chaput n’a pas pu accepter son prix en personne, car elle était sur le point d’être grand-mère, a dévoilé son éditeur, Pierre Filion. Photo: Julien Cayouette, Francopresse

Née à Saint-Boniface, au Manitoba, Simone Chaput a étudié la littérature dans les établissements postsecondaires de sa province, à Toronto et en Europe. De retour chez elle, elle s’est consacrée à l’enseignement et a publié son premier roman, La Vigne arrière, en 1989.

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L’autrice est une habituée des honneurs littéraires. Ses deux premiers romans ont reçu le prix littéraire La Liberté. Elle a déjà remporté le Prix Champlain, en 2014, pour son roman Un vent prodigue, qui lui a aussi valu le Prix des lecteurs Radio-Canada la même année.

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