Un roman sur l’exil de soi-même

Les derniers dieux

Simone Chaput
Simone Chaput, Les derniers dieux, roman, Saint-Boniface, Éditions du Blé, 2018, 294 pages, 21,95 $.
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La Franco-Manitobaine Simone Chaput s’inspire du dieu grec Tirésias, un devin aveugle, pour concocter l’histoire d’un écrivain qui subit une étonnante métamorphose. Son roman Les derniers dieux fait référence aux Livres des métamorphoses, du poète romain Ovide.

Le personnage principal est Thierry Sias et son nom fait évidemment écho au dieu grec Tirésias. Cet écrivain new-yorkais se retire dans la villa de son éditeur, au bord de la mer, pour avancer en paix dans son roman.

Transformé en femme

Or, en se promène dans une forêt, Thierry subit le sort jeté par des anciens dieux. Il est transformé en femme. Thierry devient Thérèse pour sept ans. Paraît que «la vengeance est le plaisir des dieux».

En décrivant les effets de la métamorphose, la romancière Simone Chaput continue à parler de Thierry, rarement de Thérèse. Il se dit victime d’une erreur provoquée par sa solitude, par son imagination débridée, voire par l’arrogance de son éditeur.

Thérèse n’arrive pas à écrire comme Thierry. L’écrivain appréhende maintenant le monde différemment, la place des femmes étant tellement différente de celle des hommes dans la sphère sociale et économique. La vraie vie «prend le pas sur la fiction».

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Ravissante androgynie

La métamorphose donne lieu, physiquement, à une ravissante androgynie. Séquestré dans un corps de femme, Thierry est maintenant dragué par un homme. Son aventure ne s’explique pas en «empruntant la rue Descartes».

Ce roman est une histoire d’exil, non pas d’un territoire, mais de soi-même. Cela permet à l’auteure, entre autres, d’explorer comment une même personne vit les plaisirs charnels à la fois en tant qu’homme et en tant que femme.

Citations en latin

Curieusement, quatre ou cinq chapitres sont coiffés d’une citation, parfois assez longue, tirée des Livres des métamorphoses d’Ovide, chacune présentée en latin seulement. Comme mes éléments latins remontent au début des années 1960, ma connaissance de la langue d’Ovide demeure plus que rouillée.

Les derniers dieux est le neuvième roman de Simone Chaput, dont deux en langue anglaise. Elle a remporté le prix Champlain et le Prix des lecteurs Radio-Canada 2014 pour Un vent prodigue. La romancière enseigne, à temps partiel, la langue et la littérature françaises à l’Université de Winnipeg.

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