Toulouse-Lautrec sort de l’ombre à Montréal

Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque MBAM
Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque, catalogue relié, couverture souple à rabat, 30x23,5 cm, MBAM, 2016, 134 p. La couverture reproduit un détail de L'Anglais au Moulin Rouge, 1892.
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Il est possible d’admirer des œuvres encore inconnues en visitant l’exposition Toulouse-Lautrec affiche la Belle Époque, en cours jusqu’au 30 octobre de cette année au Musée des beaux-arts de Montréal.

L’exposition offre une occasion extraordinaire de contempler près de 100 estampes de cet artiste qui, appartenant à un collectionneur privé, n’ont jamais été présentées en public, pas plus que des tirages uniques et des épreuves d’essais.

Henri de Toulouse-Lautrec n’est pas un inconnu pour les lecteurs de L’Express, car nous avons présenté cet artiste dans le cadre de sa ville natale. Albi, une ville historique et artistique du sud-ouest de la France, où il est né le 24 novembre 1864.

Ses parents, cousins au premier degré, portent des titres d’ancienne noblesse, mais ne forment cependant qu’une famille provinciale aisée, dont les époux se séparent. C’est sa mère qui va s’occuper de ce fils.

Pycnodysostose

Son enfance est heureuse, mais probablement du fait de la consanguinité de ses parents, il est atteint de pycnodysostose, une très rare maladie génétique caractérisée principalement par une petite taille et une fragilité osseuse. Henri ne dépassera pas 1,52 m, avec un tronc normal mais des jambes trop courtes.

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Ayant obtenu son baccalauréat à Toulouse en 1881 et conscient des problèmes sociaux découlant de son état physique, il décide de consacrer sa vie à l’art.

Encouragé par son oncle Charles, il avait déjà peint et dessine beaucoup. Il part pour Paris en 1882 et étudie l’art auprès de plusieurs peintres.

Quelques années plus tard, il s’installe à Montmartre, alors «un lieu phare de la peinture», accueillant des artistes qui feront partie des relations de Toulouse-Lautrec, comme Degas, Signac, Van Gogh. Il fréquente les cabarets de Montmartre, dont le Moulin Rouge, le Moulin de la Galette et son préféré, le Mirliton d’Aristide Bruant, où il expose ses œuvres, qui décrivent souvent le milieu et ses personnages.

Admis dans les milieux littéraires et artistiques, considéré comme «l’âme de Montmartre», il participe à de nombreuses expositions, dont la célèbre exposition des «Vingt» (un cercle artistique d’avant-garde) à Bruxelles, en 1888. Mais rongé par l’alcool et la syphilis, il décède à 37 ans, le 9 septembre 1901.

Des milliers de dessins

L’activité artistique de Lautrec est vaste et diversifiée. Ses œuvres compteraient 737 tableaux, 275 aquarelles, 369 lithographies dont ses fameuses affiches et environ 5 000 dessins. C’est au musée d’Albi que l’on peut voir la collection la plus importante au monde des œuvres de cet artiste, dont ses 31 affiches.

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Mais, grâce à l l’exposition du MBAM, on peut prendre connaissance d’œuvres couvrant l’ensemble de la production lithographique de Toulouse-Lautrec, de 1891 à 1900, dont certaines sont présentées au public pour la première fois, choisies pour leur qualité et leurs couleurs incomparables. C’est assez dire l’intérêt d’une telle exposition aussi complète, aussi novatrice et aussi proche.

Comme l’indique le MBAM dans un communiqué, c’est l’occasion de «revivre l’âge d’or des cabarets parisiens… puisque le musée de Montréal dévoile une collection particulière exceptionnelle qui regroupe presque toutes les estampes et affiches les plus célèbres de Toulouse-Lautrec, ce grand maître français du XIXe siècle, qui a révolutionné l’art de la gravure.»

La «Belle Époque», au sens strict, est cette période de progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques en Europe, qui a précédé la Première Guerre mondiale, vers la fin du XIXe siècle, et au cours de laquelle Toulouse-Lautrec épanouissait ses talents artistiques. L’expression est apparue après la Première Guerre mondiale pour évoquer la période antérieure, dans une vision tout autant réaliste qu’idéaliste.

Une révélation

L’exposition présente également quelques œuvres de proches de Toulouse-Lautrec, dont une toile de Louis Anquetin, L’Intérieur de chez Bruant: Le Mirliton.

Nous avons mentionné un peu plus haut le Mirliton d’Aristide Bruant que fréquentait Toulouse-Lautrec. Louis Anquetin (1861-1932) est un peintre et affichiste français, ami de Lautrec.

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Il avait conçu cette toile de très grand format comme une sorte de témoignage d’amitié. Cette œuvre a été longtemps considérée comme un projet inachevé connu uniquement par ses études préparatoires. Elle est pour la première fois révélée au grand public.

Le tableau représente plusieurs artistes de la Belle Époque, réunis au Mirliton, le café-concert tapageur d’Aristide Bruant. Au centre se trouve la célèbre danseuse Louise Weber, surnommée la Goulue, penchée sur une table, qui nous invite à y entrer.

Un livre d’art

L’exposition est accompagnée d’un livre d’art de 134 pages et quelque 120 illustrations très souvent en couleur et en pleine page.

Cet ouvrage comprend un article du spécialiste français Gilles Genty sur l’univers social de Toulouse-Lautrec et un essai de Hilliard T. Goldfarb sur son utilisation de la lithographie, ainsi qu’une liste détaillée de toutes les œuvres présentées dans l’exposition.

Ce qui frappe en feuilletant ce livre, c’est incontestablement le nombre et l’importance des reproductions qui font de cet ouvrage un superbe document souvenir d’une visite ou la remplace si l’on n’a pu se rendre à Montréal.

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