Toronto est la grande ville où on se suicide le moins au Canada

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En 2024, Toronto comptait 8,5 suicides pour chaque 100 000 habitants, soit 253 suicides. Photo: iStock.com/Srdjanns74
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Publié 09/04/2026 par Soufiane Chakkouche

Le suicide est un problème de santé publique reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé et le gouvernement fédéral. Plus que cela, chez les personnes âgées de 15 à 34 ans, le suicide se classe au deuxième rang parmi les causes de décès au niveau national.

Cela écrit, Toronto est la grande ville canadienne où il y a le moins de suicides proportionnellement au nombre d’habitants, avec toutefois une part non négligeable qui se déroule sur les voies du métro.

«Toronto Public Health (TPH) reconnaît que le suicide est un enjeu de santé publique grave et complexe qui peut avoir des répercussions dévastatrices sur les individus, les familles et les communautés», nous dit d’emblée sa communication à l’évocation du phénomène.

Suicides en Ontario.
Évolution du taux et du nombre de suicides en Ontario. Source: Coroner en chef de l’Ontario

Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait croire, Toronto est l’une des villes où le taux de suicide est le plus bas en Ontario et au Canada, en proportion du nombre d’habitants.

En effet, selon le dernier rapport du Coroner en chef de l’Ontario, en 2024, Toronto comptait 8,5 suicides pour chaque 100 000 habitants, soit 253 suicides, alors que ce taux monte à 10,7 pour l’ensemble de la province: 1556 suicides.

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À titre comparatif, Montréal compte 9,9 suicides pour 100 000 habitants, et Vancouver 12 suicides pour 100 000 habitants.

Suicides à Toronto.
Taux de suicide par région en Ontario. Source: Coroner en chef de l’Ontario

Un phénomène qui touche davantage les régions du Nord

Voilà qui est bien loin des taux de suicide enregistrés dans les zones situées au Nord de la province, comme le fait remarquer Stephanie Rea, en charge des communications au Bureau du coroner en chef de l’Ontario.

«Les unités de santé publique ayant enregistré les taux de suicide les plus élevés en 2024 comprenaient la Northwestern Health Unit, la Thunder Bay District Health Unit et la Renfrew County and District Health Unit.»

Toutefois, c’est bien la Northwestern Health Unit qui détient le triste record avec 40,6 suicides pour 100 000 habitants, suivi de Thunder Bay District Health avec 25 suicides pour 100 000 habitants.

Moins de suicides chez les jeunes à Toronto

Sans jeu de mots funeste, dans la même veine, la métropole affiche l’un des taux de suicide les plus bas des enfants et des jeunes en Ontario. Toujours selon le rapport du Coroner en chef de l’Ontario, Toronto compte 3,3 suicides par 100 000 habitants s’agissant de la tranche d’âge des 10-19 ans, soit deux fois moins que le taux de la province.

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En revanche, c’est chez les 45-64 ans que Toronto connaît son plus haut taux de suicide avec 12,1 personnes qui s’ôtent la vie par 100 000 Torontois.

Autre donnée notable: à Toronto, toutes catégories d’âge confondues, avec 172 décès par suicide en 2024, les hommes s’enlèvent la vie deux fois plus que les femmes. Au niveau national, c’est trois fois plus.

Suicide des jeunes à Toronto.
Taux de suicide chez les 10-19 ans. Source: Coroner en chef de l’Ontario

La pendaison en tête des méthodes de suicide

«Nous n’avons pas de visibilité sur les raisons qui ont poussé une personne à se suicider», ajoute Stephanie Rea. «Nous pouvons seulement déterminer la cause médicale du décès et la manière du décès (naturelle, accident, suicide, homicide, indéterminée).»

Selon une étude conduite par des chercheurs affiliés à l’Université de Toronto, c’est la pendaison qui vient en tête, suivi des chutes de hauteur puis d’empoisonnement.

Parallèlement, l’étude montre que chaque méthode touche des profils différents. Les pendaisons concernent souvent des personnes mariées confrontées à des difficultés financières ou professionnelles. Les chutes impliquent plus de troubles psychiatriques. L’empoisonnement touche surtout des femmes avec des antécédents de dépression.

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Un suicide par mois dans le métro

«En moyenne, on a enregistré environ un suicide par mois sur les voies du métro au cours des 60 dernières années, avec cependant une hausse inhabituelle en 2020», fait savoir Stuart Green, responsable de la communication au sein de la TTC.

En effet, en cette année où la pandémie de covid a connu son apogée, la TTC a enregistré 23 cas de suicides sur les voies du métro, soit le double des années régulières.

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Une plateforme de la station de métro Concorde à Paris, munie de barrières empêchant de se jeter sur la voie du train. Photo: iStock.com/BalkansCat

Des barrières anti-suicide dans les stations de métro  

Face à cela, la TTC envisagerait d’installer des dispositifs anti-suicide dans les stations de métro, comme des portes palières ou des façades de quai, comme cela est le cas dans plusieurs grandes villes du monde. Seul éventuel frein: le coût.

«La dernière estimation que nous avons faite fait état d’environ 4,5 milliards $. Dans ce sens, des rapports seront présentés au conseil d’administration de la TTC en juin pour examen», chiffre Stuart Green.

Par ailleurs, la Ville ne gère pas de lignes de crise suicidaire. Cependant, il existe une ligne nationale de prévention du suicide, le 9-8-8.

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