Thriller historique, fantastique: La Corriveau inspire toujours!

La Corriveau, Hervé Gagnon, La cage
Hervé Gagnon, La cage, roman, Paris, Éditions Hugo, collection Jeunesse, 2022, 304 pages, 19,95 $.
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En signant un roman intitulé La cage, Hervé Gagnon n’est pas le premier à s’inspirer d’une célèbre page de folklore québécois, celle de La Corriveau. Il a cependant le mérite de mélanger différents genres (historique, thriller, fantastique) avec brio.

Un meurtre, une pendaison, un cadavre exposé dans une cage… Il n’en faut pas plus pour qu’une figure de folklore naisse. C’est le cas de Marie-Josephte Corriveau, condamnée pour le meurtre de son second époux en 1763 au Québec.

La cage de La Corriveau frappe les imaginations

La cage de fer dans laquelle le corps de La Corriveau est exposé et laissé pourrir à Pointe-Lévy marque fortement l’imaginaire. Elle engendre de nombreuses légendes, contes, romans, pièces de théâtre, peintures, sculptures, films et séries télévisées.

Plus de 85 ans plus tard, la cage est exposée à Montréal. C’est le point de départ de l’intrigue savamment construite par Hervé Gagnon.

Eugénie Lachance, 16 ans, et son frère Alexis, 11 ans, jeunes orphelins employés dans une manufacture, décident de s’offrir ce modeste divertissement. La vue de l’objet a un effet inquiétant sur la douce Eugénie. «Un peu plus et je croirais que cette cage est maudite.»

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Sortir de sa réserve – 400 objets d’émotion
La cage de La Corriveau, au Musée de la civilisation à Québec.

Un jeune constable irlandais

On peut parler d’effets maléfiques. La vue de cette vieille cage tordue donne le goût de la mort. Certains se sentent observés, interpellés, désignés à commettre l’irréparable. Du jour au lendemain, des femmes qui visitent la cage assassinent leur mari !

Quelques vieux bouts de fer tordu liés par des rivets suffisent pour raviver des douleurs et faire ressortir les démons qu’Eugénie croyait bien enfouis. Son petit frère Alexis est somnambule. «Il vit dans son rêve. Ou dans son cauchemar.»

Gagnon met en scène Seamus O’Finnigan, un jeune constable irlandais qui mène une enquête sur les meurtres de maris survenus à Montréal.

Il a la chance de rencontrer Eugénie et Alexis… Et surtout de découvrir comment «nier la réalité garde son univers intact, alors que l’admettre le fait s’écrouler». Leur passé trouble nous tient en haleine, comme dans un thriller.

Dialogues puissants

Ce que je retiens de ce roman, c’est le pouvoir des dialogues. Les paroles échangées décrivent fort bien ceux ou celle qui les prononcent. Mots saccadés, hésitations, trémolos, énonciation douce ou rageuse, tout contribue à nous permettre de les voir physiquement, moralement et psychologiquement.

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Le style de Gagnon est très coloré aussi. À titre d’exemple, lorsque l’auteur écrit qu’un ivrogne n’a pas dessoûlé depuis 25 ans, il ajoute… «Quand il mourrait, il serait déjà embaumé, celui-là!»

L’auteur emploie les termes de l’époque, comme «sexe faible» pour décrire les femmes, des personnes «bien émotives».

La Corriveau
L’affiche du film québécois La cage, l’histoire de La Corriveau (2016).

La Corriveau: de sorcière à féministe!

Je souligne, en terminant, que La Corriveau a surtout été dépeinte comme une sorcière dans la culture populaire et par les auteurs du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle.

Avec la montée des mouvements nationaliste et féministe, La Corriveau est maintenant présentée comme une victime de l’oppression anglaise ou du système patriarcal.

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