Théâtre franco-ontarien: quand le texte survit à l’événement

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La collection «Bibliothèque canadienne-française» (BCF) est consacrée à la réédition de textes marquants qui ont jadis paru chez des éditeurs francophones hors Québec, mais qui sont aujourd’hui épuisés. Les nouveaux venus dans cette collection sont des jumeaux, deux pièces de théâtre, deux créations collectives franco-ontariennes: La parole et la loi (Théâtre d’la Corvée) et Les murs de nos villages (Théâtre de la Vieille 17).

Ces deux pièces ont été créées en 1979 et, près de trente ans passés, «il semble que le texte ait survécu à l’événement», écrit la professeure Dominique Lafon dans la préface de cette réédition. (La parole et la loi est d’abord paru en 1980, suivi de Les murs de nos villages en 1983.)

Très souvent, les créations collectives font l’objet d’une seule édition et ne sont jamais remontées, comme si leur fonction et leur pertinence restaient tributaires de leurs origines. Ce n’est pas le cas, ici, pour ces deux œuvres franco-ontariennes.

La parole et la loi porte sur la bataille contre le Règlement 17 qui limitait l’enseignement en français dans les écoles ontariennes, de 1912 à 1927. Les murs de nos villages donne à voir, comme dans un miroir, les menus faits et gestes d’une collectivité franco-ontarienne.

La première pièce est «un hymne à la vie, non seulement d’une communauté mais aussi d’une troupe qui refuse d’être assimilée». La seconde est «un hymne au quotidien des “gens d’ici” qui romprait avec la célébration des héros des luttes franco-ontariennes».

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La lutte contre le Règlement 17 a fait couler beaucoup d’encre: éditoriaux, pamphlets, essais, thèses, romans historiques et pièces. Mais La parole et la loi va plus loin que la simple page d’histoire ou l’écho d’une héroïque lutte scolaire.

Elle embrasse, dans sa finale, tous les droits des Franco-Ontariens: soins de santé et services juridiques en français, conseils scolaires homogènes, participation au débat constitutionnel. La parole et la loi est de son temps et de tous les temps parce qu’il s’agit d’une pièce sur la lutte contre le pouvoir.

Dans le cas de Les murs de nos villages, il y a bien entendu des évocations familiales et familières qui permettent aux spectateurs de se reconnaître.

Des saynètes ou tableaux rappellent certains périls qui menacent la cohésion communautaire – exil économique, exil culturel, anglicisation – mais le spectacle acquiert «une sorte de vertu plus cathartique qu’idéologique». La pièce mise sur la maturité d’un public avec lequel on peut désormais établir une complicité au second niveau.

L’ouvrage nous offre plus que le texte de ces deux pièces. On y retrouve aussi un historique du Théâtre d’la Corvée (devenu le Théâtre du Trillium) et du Théâtre de la Vieille 17.

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De plus, et cela est un important atout, on a droit à une théâtrographie complète de ces deux compagnies de théâtre, c’est-à-dire une liste descriptive de chaque pièce produite entre 1975 et 2006. De telles données seront d’un apport inestimable pour les chercheurs.

La parole et la loi, une création collective du Théâtre d’la Corvée, suivi de Les murs de nos villages, création collective du Théâtre de la Vieille 17, Sudbury, Éditions Prise de parole, coll. «BCF», 2007, 324 pages.

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