Marguerite Andersen marie réalité et fiction
En 1929, Louis Mathias Auger est un Franco-Ontarien de 26 ans. Député du comté fédéral de Prescott, il est accusé d’avoir violé Laurence Martel, une jeune femme de 17 ans venue demander son aide pour obtenir un emploi dans la fonction publique. Après pas moins de cinq procès, Auger est innocenté du viol, mais condamné pour séduction et incarcéré pendant deux ans au pénitencier de Kingston. Voilà des faits historiques que Marguerite Andersen s’approprie pour inventer une intrigue qui mène ces deux personnages jusqu’au tournant des années 1950. Dans son roman Doucement le bonheur, elle marie allègrement réalité et fiction. […]
Roman épistolaire sur les états du désespoir amoureux
Chaque fois que je vais à Québec, je m’arrête à la Librairie Pantoute, rue Saint-Jean. Le libraire Éric Simard est un homme très accueillant. Il est aussi un écrivain qui a publié un roman épistolaire intitulé Cher Émile. Les lettres qui composent ce roman sont signées par Éric ou É. S’agit-il d’un roman autobiographique? Son contenu très intense et finement psychologique, voire émotif, pourrait le laisser croire. Mais la couverture indique bien que Cher Émile est un roman. Éric écrit à Émile. Il lui parle de leur relation, de leur rupture, de ses aventures avec P.J. et René. Il lui […]
Enthousiasme et apathie
Une foule enthousiaste était au rendez-vous chaleureux de l’Alliance française, jeudi dernier, 2 novembre, pour deux lancements de livres, celui de Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow, The Story of French et celui de Mariel O’Neill Karch et Pierre Karch, Dictionnaire des citations littéraires de l’Ontario français, depuis 1960. Deux excellents bouquins, chacun dans leur genre. Le premier, comme son titre l’indique, raconte le français, et cela depuis Charlemagne jusqu’au Cirque du Soleil. Vicissitudes et fortune d’une langue qui, quoiqu’on en dise, progresse et montre une extraordinaire vitalité. Chiffres en main, les auteurs racontent, avec un sens pédagogique et une clarté […]
Tendresse et humour pour aborder un sujet cruel
On dit souvent que le premier roman d’un jeune écrivain renferme une large part autobiographique. Dans le cas de Francis Chalifour, il semble que ce soit plutôt le second roman qui revête des accents très personnels, des touches extrêmement intimistes. Les quatre premiers mots, c’est-à-dire le titre, donnent déjà le ton: Le Fils du pendu. Né à Joliette (Québec) en 1977, Francis Chalifour enseigne les sciences sociales à l’École secondaire Étienne-Brûlé à Toronto. Ayant perdu son père lorsqu’il était jeune, cet enseignant a écrit un roman qu’on imagine probablement autobiographique (le protagoniste est François alors que l’auteur se prénomme Francis). […]
Le Festival des écrivains à la hauteur de ses auteurs?
Ce samedi s’est clôturé le 14e salon du livre de Toronto, après une semaine de festivités et d’activités. Sobrement dénommé Festival des écrivains 2006, ce salon de transition en raison d’une situation interne complexe aura tranché avec ses prédécesseurs. Cette 14e édition du Salon du livre de Toronto restera à coup sûr comme celle de la transition dans l’esprit des amateurs de littérature francophone. Renouveau eût été un substantif approprié également… Car si évidemment tout n’a pas été parfait, force est de constater que les chemins sur lesquels la direction a engagé l’événement semblent pavés d’un succès naissant. Basée sur […]
Hors de l’eau, un roman qui sort des sentiers battus
La publication d’un livre, surtout d’un premier roman, est souvent comparée à un accouchement. Une idée germe, mûrit, puis trouve péniblement sa voie/voix. Marc Maillé a accouché cette année d’un premier roman baptisé Hors de l’eau. Dans son cas, il s’agit d’une double naissance puisque le roman porte sur la naissance hors de l’ordinaire d’un enfant-poisson. L’histoire se veut, bien entendu, une parabole. Marc Maillé est lui-même né le 17 février 1957 à Labelle, petit village blotti dans les Laurentides. Pour surmonter une adolescence difficile, pour s’oublier, il étudie sans cesse. Il va jusqu’à compléter un doctorat en sémiotique littéraire. […]
Rencontre avec un écrivain généreux et engagé
L’écrivain Yves Beauchemin était de passage la semaine dernière au Centre Harbourfront dans le cadre du International Festival of Authors. Il en a profité pour présenter au public la traduction anglaise du premier tome de la saga qu’il a publiée chez Fides autour de l’émouvant personnage de Charles Thibodeau. Charles the Bold, publié chez McClelland & Stewart, est en librairie depuis la fin de septembre et séduit déjà la critique et les lecteurs anglophones. L’Express l’a rencontré. L’Express: Qu’est-ce que ça vous fait de retrouver Charles le téméraire à travers la plume d’un traducteur? Yves Beauchemin: Ce qui me frappe […]
«Une fois c’était…» les auteurs dans les écoles
La nouvelle édition revisitée du Salon du livre de Toronto a donné un nouveau visage à la rencontre tant attendue entre les enfants et les auteurs. Alors que les années précédentes de grandes conférences accueillaient nos chères têtes blondes pour stimuler leur goût à la lecture, cette année, les auteurs ont mis leurs cartables sur leurs épaules et sont retournés à l’école pour rencontrer les élèves dans leur univers. Les mercredi 25 et jeudi 26 octobre étaient synonymes de rentrée des classes pour une dizaine d’auteurs participant au Salon du livre. Plusieurs écoles du Grand Toronto les ont accueillis pour […]
Toronto mise en mots par ses auteurs
Le 21 octobre, à la succursale North York de la Bibliothèque publique de Toronto, Paul-François Sylvestre a expliqué comment une dizaine d’écrivains torontois ont dépeint la Ville Reine dans leurs romans, contes et nouvelles. Ces écrivains ne sont que la pointe de l’iceberg et ils en font voir de toutes les couleurs. Toronto est avant tout une ville méconnue, voire mal-aimée. De toutes les villes canadiennes, on dit que Toronto est celle que les Canadiens aiment le plus… détester. Dans son roman intitulé Noëlle à Cuba, Pierre Karch campe un personnage qui est étonné de rencontrer un Torontois qui parle […]
Montréal 1895
Cet automne j’ai lu le premier roman de Frédérick Durand, Au Carrefour des 3 éclipses, publié aux Éditions JCL, à Chicoutimi. Il s’agit d’un certain portrait de la vie à Montréal vers 1895. Je dis bien un certain portrait car la fenêtre s’ouvre sur l’aventure de deux jeunes journalistes qui souhaitent révéler les secrets de Montréal. Les deux protagonistes sont Francis Chevrier et Pierre Langevin. Francis arrive des environs de Trois-Rivières pour travailler au journal d’un oncle très libéral. Pierre est celui qui va initier le nouveau journaliste à l’art d’écrire pour être lu. Francis connaît la grammaire et l’orthographe, […]
Un Salon du livre de transition
C’est dans une atmosphère particulière que se tiendra cette année le 14e Salon du livre de Toronto. Suite au récents remous au sein de sa hiérarchie, le comité d’organisation a décidé de tronquer cette édition 2006, puisque se tiendra officiellement le Festival des écrivains 2006, du 23 au 29 octobre. Une situation transitoire qui permettra au Salon de ne pas connaître d’année blanche, dans l’attente d’acceptation ou de renouvellement de subventions pour l’année prochaine. Les dernières échéances n’ont pas été de tout repos pour le comité d’organisation du Salon du Livre. En début d’année 2006, la fondatrice du Salon et […]
Prix du Gouverneur général: trois Franco-Ontariens à l’honneur
Le Conseil des Arts du Canada a dévoilé, lundi, les noms des finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de 2006, dans les catégories romans et nouvelles, études et essais, poésie, théâtre, littérature jeunesse (texte et illustrations) et traduction. Trois Franco-Ontariens sont à l’honneur et devront attendre jusqu’au 21 novembre avant de connaître le choix final des jurys. Dans la catégorie Théâtre, Jean Marc Dalpé est finaliste pour Août: un repas à la campagne (Éditions Prise de parole, Sudbury). Sous la plume à la fois virtuose, sobre et pénétrante du dramaturge, les regards croisés de quatre générations prennent tour à […]