Un sommet pour le succès des Autochtones au postsecondaire

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L’Université des Premières Nations du Canada est située à Regina, en Saskatchewan. Photo: Daryl Mitchell, Flickr
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Plus de 900 personnes se sont rassemblées virtuellement en début mars pour réfléchir aux manières d’améliorer la réussite des Autochtones dans l’éducation postsecondaire.

L’évènement, orchestré par l’organisme Indspire, a mis en lumière les meilleures pratiques du milieu. On s’est penché sur des actions concrètes à mettre en place. Et on a évoqué plusieurs histoires à succès.

Indspire est organisme sans but lucratif national, dirigé par des Autochtones, qui vise à promouvoir l’éducation des Premières Nations, des Inuits et des Métis au Canada.

Le Sommet virtuel 2022 se voulait un espace de dialogue. Plusieurs leaders ont pris la parole afin de discuter des actions qu’ils ont entreprises depuis l’instauration d’une politique autochtone dans leur établissement.

«Que faisons-nous pour soutenir les étudiants autochtones? Pour assurer leur réussite?», a questionné le PDG d’Indspire, Mike DeGagné, en ouverture du Sommet qui s’est tenu du 8 au 10 mars.

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Sommet Indspire
Mike DeGagné

Décolonisation des universités canadiennes

Lui-même membre de la Première Nation Animakee Wa Zhing 37 en Ontario, il a souligné que jusqu’à présent, «aucun effort de concertation nationale n’a été fait en ce qui concerne l’accompagnement des étudiants autochtones et la décolonisation des universités canadiennes».

Mike DeGagné a été le premier recteur autochtone d’une université publique — Nipissing, de 2013 à 2020 — et le premier recteur de l’Université du Yukon durant quelques mois en 2020, avant d’assurer la présidence et la direction d’Indspire.

Il a consacré sa carrière à tenter de mieux inclure les étudiants autochtones dans les établissements postsecondaires canadiens.

Sommet Indspire
Lori Campbell

Il faut réimaginer les institutions

Lori Campbell, issue de la Première Nation de Montreal Lake en Saskatchewan, est vice-présidente associée, Inclusion autochtone, à l’Université de Regina.

D’après elle, les institutions canadiennes sont «eurocentrées», que ce soit au niveau des cours de justice, de la police ou des universités.

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Elle explique que décoloniser ces espaces requiert davantage que d’obliger tous les étudiants à prendre un cours en études autochtones. «La colonisation et l’autochtonisation demandent de réimaginer l’institution», défend Lori Campbell.

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Sheila Cote Meek

Violence et racisme envers les Autochtones

Sheila Cote-Meek, Anishinaabe de Teme-Augama Anishnabai en Ontario, est vice-présidente de l’équité, des personnes et de la culture à l’Université York. Elle croit que la décolonisation est un projet à long terme.

Elle observe que souvent, lorsque ce sujet est abordé, les gens pensent aux terres et aux ressources. En contexte universitaire, il faut selon elle recentrer le débat pour y inclure notamment les enjeux de violence et de racisme.

Kory Wilson, membre de la Nation We Wai Kai en Colombie-Britannique, est directrice générale des Initiatives et partenariats autochtones au British Columbia Institute of Technology (BCIT). Selon elle, reconnaître la place du racisme dans les institutions permettra d’opérer des changements systémiques.

Elle rappelle que pour obtenir un changement «systémique», tout le monde doit être interpellé en ce qui concerne les «microagressions» et les biais.

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Kory Wilson

Relations internes et extérieures

Manon Tremblay, membre de la Nation Muskeg Lake Cree Nation en Saskatchewan, est directrice principale des directions autochtones à l’Université Concordia.

Elle explique que dans cette optique, la relation des universités avec les joueurs clés — employés, partenaires, actionnaires, donateurs et autres — doit être analysée, pas seulement le cursus académique.

Plusieurs experts présents au Sommet se sont effectivement entendus sur l’importance des relations, qu’elles soient menées au sein de l’université ou à l’extérieur, car elles peuvent influencer les politiques et les pratiques en place dans les universités.

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Manon Tremblay

Des universités plus accueillantes pour les Autochtones

Michael Hart est membre de la Nation Fisher River Cree au Manitoba et vice-provost à l’engagement autochtone à l’Université de Calgary. Il affirme qu’il est important de travailler à inclure les Autochtones dans toutes les composantes des universités.

«Je suis honoré de travailler avec des gens qui souhaitent opérer un changement et des relations que nous développons au sein de l’Université et en dehors de celle-ci», souligne-t-il.

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Il s’agit selon lui d’un travail à long terme, qui doit se faire en collaboration pour permettre que toutes les voix soient de plus en plus entendues, et que les universités de demain soient plus sécuritaires et plus accueillantes pour tous.

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Michael Hart

Autonomie des Autochtones

Janice Hill, de la bande Turtle de la Nation Mohawk du territoire Tyendinaga en Ontario, est membre du Bureau des initiatives autochtones à l’Université Queens. Elle explique qu’il est important de reconnaître les facteurs qui influencent les relations entre les Autochtones et les non-Autochtones.

«L’espoir est de créer plus d’autonomie pour les organismes autochtones au sein des universités et sans doute davantage de réconciliation avec le Bureau du président, afin de définir des relations égalitaires et respectueuses dans le futur», projette Janice Hill.

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Janice Hill

Jackie Ottmann est Anishinaabe (Saulteaux) de la Première Nation de Fishing Lake en Saskatchewan. Elle est présidente de l’Université des Premières Nations du Canada (FNUniv).

«La réconciliation», dit-elle, «ne pourra être achevée que lorsque les deux processus de décolonisation et d’autochtonisation seront menés».

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Selon elle, la décolonisation doit passer par les politiques. L’autochtonisation est quant à elle «une force guérisseuse qui doit tendre vers l’interconnectivité», décrit Jackie Ottmann.

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Jackie Ottman

Du postsecondaire au milieu de travail

Selon Lori Campbell, l’un des problèmes récurrents que rencontrent les Autochtones dans le milieu universitaire est qu’ils se font embaucher comme stagiaires pour «combler un vide culturel» et «éduquer l’entreprise sur la culture autochtone». Cela nuirait à leurs apprentissages.

La vice-présidente associée, responsable de l’Inclusion autochtone à l’Université de Regina, raconte avoir observé de telles situations lorsqu’elle travaillait à l’Université de Waterloo.

«Dans le cadre du programme Coop, beaucoup d’employeurs potentiels souhaitaient embaucher un étudiant autochtone, mais ces étudiants rapportaient que l’environnement de travail était difficile» et qu’ils vivaient du racisme.

Rob Hancock est Cree et Métis du côté de sa mère. Il est directeur associé du Bureau de l’engagement communautaire et du parcours académique autochtone à l’Université Victoria. Selon lui, il est important de décoloniser la relation entre l’employeur et l’étudiant à la recherche de stage.

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Il faut selon lui éviter d’être dans une logique d’obtention d’une main-d’œuvre bon marché de la part de l’université et décoloniser le processus d’embauche.

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Rob Hancock

Stages en Amérique du Sud

Catherine L. Cook, Métis originaire du nord du Manitoba, est vice-présidente aux affaires autochtones à l’Université du Manitoba.

Elle explique qu’il y a des opportunités pour les étudiants en stage d’aller dans des environnements Métis ou de Premières Nations en Amérique du Sud. Mais ce ne soient pas toutes les facultés qui y possèdent des réseaux.

D’après Catherine L. Cook, les réseaux internationaux sont intéressants puisqu’ils permettent de mettre en commun les différentes pratiques et d’en apprendre davantage sur les expériences autochtones internationales.

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Catherine L. Cook

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