Roman où le souvenir de Napoléon rend fou

Napoléon, Jean-Christophe Rufin, La folie Sainte Hélène
Jean-Christophe Rufin, La folie Sainte Hélène, roman, Paris, Éditions Calmann-Lévy, 2026, 264 pages, 35,95 $.
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Publié 29/08/2026 par Paul-François Sylvestre

Bienvenue à l’île Sainte-Hélène pour une nouvelle aventure d’Aurel le consul. Pas dans le fleuve Saint-Laurent mais plutôt dans l’Atlantique Sud, où Napoléon est mort. C’est là que Jean-Christophe Rufin situe l’action de son roman intitulé La folie Sainte Hélène.

D’une superficie de 122 km2, Sainte-Hélène fait partie des territoires britanniques d’outre-mer et compte environ 4 250 habitants. Jamestown est la principale ville. Décrite comme «un étron chié par le diable au milieu de l’Atlantique», l’île attire historiens, chercheurs, collectionneurs, reconstitueurs et… cinglés.

Disparition

Dès le premier chapitre, la consternation règne car le consul honoraire qui administre l’enclave française de Longwood, où est mort Napoléon, a disparu. Hubert Bouize est introuvable. Le Quai d’Orsay y dépêche le consul Aurel Timescu, sans expliquer précisément ce qu’on attend de lui.

Aurel se dit qu’il doit tout simplement comprendre ce qui est arrivé. Disparition volontaire, accident, séquestration, suicide… rien n’est exclus. Il apprend vite que l’exil de Napoléon est très sérieux, que le souvenir français n’a rien à voir avec la mémoire anglaise.

On passe beaucoup de temps dans les appartements de l’empereur déchu. Ils ne sont ni très luxueux ni très misérables, ni très vastes ni très exigus, ni très réjouissants ni très sinistres. «Le supplice, ici, portait un nom sans gloire: c’était l’ennui, la médiocrité des lieux, la monotonie des jours et la morne constance du climat.»

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Personnages singuliers

Jean-Christophe Rufin aime bien décrire des personnages singuliers qui suivent leur délire. Résultat: à Sainte-Hélène, Aurel observe la folie partout autour de lui. Rufin note même: «La vie sur cette île est un huis clos sartrien dont on ne s’échappe que par l’exil ou la mort.»

Le romancier adore nous trimbaler dans tous les recoins de l’île. Défile alors sous nos yeux un paysage très escarpé constitué de plateaux élevés, de vallées étroites et profondes, de falaises rocheuses et de grottes isolées.

Dans ce roman, il arrive parfois qu’un personnage «passe maître dans l’art tout diplomatique de l’approche circulaire, ondulante, allusive, variante sanctifiée par les grandes écoles de ce qu’en langage courant on appelle: tourner autour du pot».

Napoléon rend fou

Aurel comprend assez rapidement que représenter la France à Sainte-Hélène n’est pas de tout repos. Pourquoi? Parce que Napoléon rend fou. Parce que son souvenir déchaîne encore des passions violentes.

Sans l’aide d’une jeune Française venue dans cette contrée du bout du monde pour exorciser ses fantômes, Aurel aurait du mal à découvrir ce qui est véritablement arrivé au consul honoraire Hubert Bouize…

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Diplomate écrivain

Médecin, écrivain et diplomate français, Jean-Christophe Rufin a reçu en 1997 le Prix Goncourt du premier roman pour L’Abysse et, en 2001, le Prix Goncourt pour son roman historique Rouge Brésil. Élu en 2088 à l’Académie française, il en devient alors le plus jeune membre.

Né en 1952, Jean-Christophe Rufin, a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. À partir de son expérience internationale comme diplomate, il a donné vie à Aurel Timescu en 2018. La folie Sainte-Hélène est le septième épisode de ses aventures.

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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