Bonheurs et surprises de notre langue

Académie française

Académiciens en tenue d'apparat. En rouge, Légion d'hocheur.


6 janvier 2019 à 11h00

Quoi de mieux pour des francophones que d’ouvrir l’année nouvelle avec Bonheurs et surprises de la langue, un ouvrage de l’Académie française, une institution datant de 1634, que le cardinal de Richelieu (1585-1642), ministre du roi Louis XIII, a rendu institution royale officielle le 29 janvier 1635.

L’article XXIV des Statuts de l’institution précise que «la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possible à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les es sciences.

Académie française
Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu.

Travail académique

La fonction de cette académie est donc plutôt d’ordre promotionnel dans le but de normaliser la langue française et de lui donner une rigueur scientifique et technique, et de normaliser et de perfectionner la langue française. C’est le travail académique de ses quarante membres élus par les membres en place.

Ils tiennent à jour le dictionnaire ou rédigent des ouvrages pour faciliter l’utilisation du français, comme Dire, ne pas dire, ou pour faire connaître des aspects de la langue française, dans le prolongement de leur rôle de gardiens de la langue française.

Académie française
Bonheurs et surprises de la langue, broché, 21,5×14 cm, Paris, 2018, 288 p.

Membres

L’Académie est garante de la précision de la langue française, en ayant pour objectif d’éviter qu’une confusion dans les mots n’entraîne une confusion dans les idées

Pour ce faire, «l’Académie française rassemble des personnalités qui ont illustré la langue française : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens, scientifiques, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.»

Elle est intégrée à l’Institut de France, qui regroupe sous sa coupole plusieurs académies, depuis 1795.

Bonheurs et surprises

Cet ouvrage, dit l’éditeur, explique les origines de mots ou d’expressions langagières, leurs significations, le changement de sens par le simple fait d’ajouter un accent, l’emploi d’expressions étranges ou encore la disparition de certaines tournures.

Les expressions qui s’y trouvent sont celles utilisées en France métropolitaine. Un certain nombre ne sont donc pas utilisées dans le français du Canada, mais c’est toujours une curiosité que de découvrir ce qui peut se dire dans le pays d’origine du français.

Ignorance

Certes, beaucoup de Français et d’administrations françaises pensent qu’il y a le Québec, dont le français est la langue, et le Canada qui ne connaît que l’anglais. Une erreur manifeste qui pourrait inciter à publier aussi un ouvrage des bonheurs et surprises de la langue française au Canada.

Académie française
L’Institut de France où siège l’Académie française.

Une particularité de ce livre vient de ce que les chapitres sont classés par ordre alphabétique, identifiés par une lettre A, B, C, D, etc. L’index à la fin de l’ouvrage donne donc sous chaque lettre la liste des documents d’académiciens reproduits dans l’ouvrage, avec la date de leur rédaction.

Sous la lettre A il y a 16 titres dont le premier mot ou le deuxième si le premier n’est pas significatif comme un article. Sous la lettre T il y en a 2, un très court sous V et 2 sous Z.

Exemple

Voici comme exemple de ces textes le début de celui intitulé Cou tordu et Coup tordu. Du fait de sa date récente, 8 novembre 2018, il ne se trouve pas dans le livre publié, mais il donne une bonne idée de ce genre de littérature: Bonheurs & surprises.

«Il se passe d’étranges choses dans notre langue, qui font que, par on ne sait par quel mystérieux tour de passe-passe, un nom peut changer de graphie, selon que le verbe auquel il se rattache est à une forme active ou au participe passé.

Académie française
Première édition du Dictionnaire de l’Académie française, 1694.

Prenons ainsi le verbe tordre, que l’on emploiera à l’infinitif ou à l’impératif; donnons-lui un complément d’objet direct, qui pourrait être le nom cou. On dira très facilement Je vais lui tordre le cou et Tords-lui le cou. Nous pouvons, pour ce faire, nous mettre sous l’autorité de grands auteurs comme Verlaine, dans son Art poétique: «Prends l’éloquence et tords-lui son cou!», idée reprise par Cendrars, dans Bourlinguer: «Et j’ai tordu le cou à la muse pour ne jamais l’entendre crier, geindre et bonimenter.» Mais il arrive aussi que l’on torde des cous de manière beaucoup plus concrète et ce sont alors souvent des volailles qui sont les victimes de l’opération.

En témoigne Zola, dans La Faute de l’abbé Mouret: «J’espère qu’on ne va pas garder ces oiseaux, s’écria Frère Archangias. Ça porterait malheur… Il faut leur tordre le cou», ou Proust, qui, dans Le Côté de Guermantes, évoque «la rudesse insensible de la paysanne qui arrache les ailes des libellules avant qu’elle ait l’occasion de tordre le cou aux poulets…»

Curiosité

La lecture de cet ouvrage fait preuve de la curiosité de cette découverte des possibilités souvent insoupçonnées de la langue française. Et un chercheur nous offrira peut-être un complément avec les bonheurs et surprises des africanismes, des belgicismes, des saisîmes et des canadianismes.

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