Roman calqué sur une expérience dans «le pire hôpital»

hôpital, Guillaume B. Duchesne, Mauvaise herbe
Guillaume B. Duchesne, Mauvaise herbe, roman, Montréal, Éditions Fides, 2022, 136 pages, 24,95 $.
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Durant la pandémie, les médias ont fait état de personnel soignant ayant décroché ou trouvé un autre emploi. Dans Mauvaise herbe, Guillaume B. Duchesne campe un personnage qui vit une situation semblable, dans un hôpital, entre patients déments et faux espoirs.

Après une décennie de sales boulots et de rêves déçus, Marco cherche «une formation rudimentaire, expéditive et qui mène à un poste en demande sur le marché avec un salaire décent». Le trentenaire trouve PAB, ou préposé aux bénéficiaires.

Le pire hôpital est en Outaouais

Sept-cent-cinquante heures de formation pour aboutir au dixième étage du pire hôpital d’Amérique du Nord, dans l’Outaouais québécois. C’est un roman, toute ressemblance avec la réalité serait une coïncidence, précise l’auteur.

Préposé en probation, avec dix jours d’expérience, Marco doit affronter cinquante patients en détresse. Les cloches d’appels sonnent partout, les bassins sales attendent d’être désinfectés, les patients crient, les repas ne sont pas bien distribués, « on se croirait dans un tableau de Jérôme Bosch.

Tout le monde se démène «comme des pompiers new-yorkais le 11 septembre 2001».

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Comme un soldat à la guerre

Marco demeure stoïque. Il résiste comme le pissenlit, quintessence de la mauvaise herbe. «Un PAB qui se plaint qu’il est débordé, c’est comme un soldat qui se plaint qu’il est à la guerre.»

Le service de remplacement fait appel à Marco sans arrêt. Il devient plus occupé qu’un préposé dans un hôtel de Percé pendant les vacances de la construction. Son horaire de travail est facile à retenir: tous les jours, jamais de congés.

Un matin, la réalité lui assène un coup. Il entre au travail avec un réservoir vide. La compassion a disparu. «Je ne voyais plus l’histoire sacrée de chaque personne.»

Marco a échoué dans cette carrière de PAB comme une carcasse de baleine sur une plage. Il est temps de voler de ses propres ailes… en charpenterie.

Plume corrosive, humoristique, émouvante

Guillaume B. Duchesne a une plume tour à tour corrosive, humoristique et émouvante. Lorsque Marco doit décrire le liquide récolté dans les sacs de sondes urinaires, le romancier écrit: « 500 ml, couleur citrine, odeur normale, côté saveur, on perçoit des notes boisées avec un soupçon de cannelle».

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Dans Mauvaise herbe, on retrouve quelques références à Ottawa: marché By, parc Major, Université d’Ottawa, rue Rideau (que l’auteur appelle Rideau Street, allez savoir pourquoi). Le romancier rate l’occasion de faire un clin d’œil aux Franco-Ontariens.

Guillaume B. Duchesne a fait des études en littérature, en droit, en assistance à la personne et en charpenterie. Il a été préposé aux bénéficiaires pendant quatre ans.

Son roman est une comédie sombre inspirée de cette expérience hospitalière plus ébouriffante que prévu. Il écrit surtout pour rire… et un peu pour guérir.

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