Le triomphe de la liberté a fait couler beaucoup d’encre. Éric Mathieu augmente brillamment les enchères avec Fleur de cire, un roman qui repousse les frontières de la résistance et de la résilience avec un étonnant doigté littéraire.
L’histoire se déroule dans un avenir éminemment proche où on assiste au retour en force de la religion aux niveaux social et politique. Sous le joug d’une théocratie moderne absolue, le pays est dirigé par un parti raciste, antisémite, homophobe, complotiste et antivaccination.
Mort et résurrection
Il y a 89 personnages, mais l’action tourne principalement autour de Marie Vermette, jeune femme surnommée Fleur de cire, qui meurt et ressuscite aussitôt à plusieurs reprises.
Au début, elle fréquente un pensionnat dirigé par les Dames de la Compassion. Ce serait plus juste de dire les Dames de la Corruption ou les Dames de la Concupiscence.
Les religieuses sont obnubilées par l’amour lesbien, par les plaisirs de la chair interdits. Leur perversité dépasse l’entendement. «Plusieurs pensionnaires auraient été fouettées, humiliées, brûlées, violées avec un crucifix.»


