Richesse des pratiques religieuses africaines

exposition

L'affiche de l'exposition au Musée d'ethnographie de Genève (MEG) et le livre «Afrique. Les religions de l'extase», broché, 27x22 cm, Somogy-MEG, 2018, très nombreuses illustrations, 224 p. (La couverture à rabats illustrés reproduit «Métamorphose» de Moha Modisakeng, 2015.)


16 septembre 2018 à 11h00

L’exposition organisée par le Musée d’ethnographie de Genève (MEG) et le livre artistique publié à cette occasion sous le titre Afrique. Les religions de l’extase complètent ce que nous avons déjà découvert de l’art africain. Car les religions africaines ont une expression artistique singulière et originale qu’il est intéressant de connaître.

Du mysticisme à l’extase

Cette exposition, en cours jusqu’au 6 janvier 2019, révèle la richesse des pratiques religieuses africaines et de leurs représentations artistiques, en plongeant les visiteurs dans une atmosphère de mysticisme et de découverte de croyances.

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Objet-force nkisi, RD Congo, région du Mayombe, XIXe siècle, p. 202.

Il faut le dire de suite, les religions et leur art relèvent du domaine émotionnel et non rationnel, ce qui leur donne un intérêt très spécial.

«L’exposition suit le fil conducteur de l’extase religieuse, une communion intense avec les forces divines. C’est un état dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et hors du monde réel.» (MEG)

Et le MEG ajoute: «Dans «Afrique. Les religions de l’extase», la religion est définie comme un ensemble de rituels qui relient les vivants entre eux, face aux puissances de l’invisible: dieu unique, divinités multiples, esprits des ancêtres ou de la nature.»

L’Afrique, un espace culturel

L’exposition aborde les religions africaines monothéistes, islam, christianisme et judaïsme, et les religions polythéistes, religions africaines autochtones, cultes de possession et univers magico-religieux.

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Paire de jumeaux, Nigeria, bois sculpté, 1968, p. 209.

L’Afrique n’est donc pas envisagée comme un espace géographique, des ensembles politiques avec leur histoire, mais comme un espace culturel.

C’est à la fois une manière très originale de jeter un regard sur l’Afrique et qui se fait rarement dans une exposition, mais aussi une occasion de réfléchir à la nécessité pour les humains de se créer un espace religieux qui réponde à leurs besoins vitaux psychologiques.

C’est donc à la fois découvrir et réfléchir, des activités qui nous construisent au fil du temps.

Et si nous n’avons pas la possibilité ou l’occasion d’aller à Genève voir réellement ce qu’il en est de cette nouvelle exposition, le livre publié par le musée de Genève nous ouvre la voie de la connaissance et de la réflexion.

Divination, transe, magie

Nous pouvons passer sur les religions monothéistes qui ne sont pas d’origine africaine, mais ont été introduites en Afrique en provenance de l’étranger. Il vaut mieux se concentrer sur les religions autochtones qui répondent à la réalité sociologique africaine.

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Figure magique, p. 206.

Ce sont celles qui occupent l’essentiel de l’exposition et du livre qui nous sert de document d’information, même si au passage sont présentés des objets de ces religions traités à l’africaine, pages 38-39 par exemple.

Le parcours de l’exposition ou les chapitres du livre traitent des caractéristiques des religions africaines proprement dites. La divination, la mort et les ancêtres, Faire corps avec les esprits: la transe de possession, Les univers magico-religieux: un enchevêtrement de forces sont des sujets abordés et présentés, qui nous permettent de mieux comprendre le sens et la portée de ces religions polythéistes.

Cette exposition et son livre d’accompagnement élargissent «le spectre de créativité que constituent les religions africaines. L’exposition enseigne, sensibilise, donne à contempler une Afrique religieuse aux multiples facettes et conduit, on peut le dire, sur le chemin de l’extase artistique.» (Carine Saint-Médar, Afrique: «Les religions de l’extase»)

400 pièces inédites

La traduction artistique tient une place importante dans ces religions et donc dans l’exposition et son livre. Près de 400 pièces souvent inédites, toutes issues des collections du MEG, présentent l’Afrique et ses religions, dans une diversité d’objets des plus intéressantes pour comprendre religions et art africain, souvent méconnu.

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Masque, p. 192.

Bien entendu, on ne saurait retrouver dans l’ouvrage d’accompagnement de cette exposition, une reproduction de toutes ces pièces. Mais elles sont pourtant nombreuses et des 224 pages que compte ce livre, il n’y en a guère (une dizaine?) qui ne sont pas illustrées par des reproductions des pièces les plus significatives ou des photographies de groupes ou de personnages s’adonnant à des pratiques religieuses.

Cet ouvrage prend donc place dans l’art africain et donne l’occasion d’en découvrir des aspects peu connus ou ignorés, faisant quasiment de chaque page que l’on tourne une découverte parfois surprenante.

Pourquoi tant de religions?

Mais la découverte de cette exposition ou du livre qui l’accompagne fait inévitablement réfléchir et se poser une question: pourquoi, depuis toujours, les humains ont-ils eu besoin de créer tant de religions, basées ou non sur des textes des traditions ou des personnages?

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Initié portant sur la tête le pot de feu garni de plumes rouges, symbole du culte vaudou de la divinité Hêbiosso, Bénin, Porto-Novo, début du 20e siècle, p. 148. (Hêbiosso, divinité qui protège, rend justice et rétablit l’ordre.)

Et pourquoi les ont-ils défendues ou imposées par les armes (voir Valle, Odile. Petit lexique des guerres de religion d’hier et d’aujourd’hui, Paris, Albin Michel, 2015)?

Il n’y a pas de réponse rationnelle. Galilée avait été condamné par l’Inquisition papale (1533) pour prétendre, comme l’astronome Copernic, que la Terre tournait auteur du Soleil. L’astronomie scientifique lui a donné raison et sa condamnation a été levée en 2009 (!).

C’était une question scientifique, logique et rationnelle. Les croyances ne relèvent pas de ce domaine, et toutes les interprétations sont possibles.

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