Richard Lewontin, l’homme qui a fait évoluer les «races» humaines

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Richard Lewontin. Photo: Musée de zoologie comparative, Université Harvard.
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L’idée de « races » humaines n’a pas eu besoin de la génétique pour se faire dire qu’elle était dépassée. C’est tout de même à un pionnier de la génétique, Richard Lewontin, décédé cette semaine, qu’on doit les premiers travaux à avoir démontré hors de tout doute qu’il pouvait y avoir plus de différences entre deux individus du même groupe ethnique qu’entre deux individus de groupes distincts.

La chose n’était pas si évidente en 1966 lorsque Richard Lewontin publia deux recherches qui allaient marquer l’histoire de la génétique des populations et de la biologie de l’évolution.

Coécrites avec le généticien John Lee Hubby, ces deux études, publiées dans la revue Genetics, ouvraient la porte à l’utilisation des mathématiques et de technologies permettant de différencier des espèces animales jusqu’au niveau moléculaire.

Technologies rudimentaires en 1972

La notion de « race » avait beau avoir été abandonnée en science, la génétique partait encore de la prémisse selon laquelle on allait nécessairement trouver un plus grand nombre de « points communs » entre les gènes des membres d’un même groupe ethnique.

Lewontin allait démontrer que la chose n’était pas nécessairement vraie, notamment avec une analyse comparative, en 1972, des variations des protéines sanguines de différentes populations du monde.

C’était un travail de moine en 1972, considérant les technologies d’analyse de l’époque. Il faut se rappeler que les premiers pas du tout premier décodage d’un génome humain ne commenceraient péniblement que dans les années 1980, et mettraient 15 ans à aboutir.

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La notions de «races» chez les humains est surtout culturelle, pas biologique.

Chaque nation sont universelles à 85%

Avec les moyens du bord, il allait donc démontrer que près de 85% de la diversité génétique de l’humanité pouvait être observée à travers les membres d’une seule population, par exemple une nation.

Les différences entre les « groupes ethniques » ne représentaient que 7% de cette diversité génétique.

De là cette conclusion, universellement acceptée aujourd’hui, comme quoi on peut trouver plus de différences génétiques entre deux voisins du même groupe qu’entre deux étrangers séparés par des milliers de kilomètres.

Pas de déterminisme biologique

Lewontin allait devenir professeur émérite de génétique et d’évolution à l’Université Harvard.

Décédé le 4 juillet à l’âge de 92 ans, on lui doit notamment The Genetic Basis of Evolutionary Change (1974), et Biology as Ideology (1991). Entre autres choses, il y prend position contre ce qu’il perçoit comme un « déterminisme biologique » défendu par des collègues.

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