Richard Bona: de la visite rare à St. Catharines

Du Cameroon aux USA... grâce à la bureaucratie française

Le bassiste et chanteur de jazz Richard Bona.

Le bassiste et chanteur de jazz Richard Bona.


25 septembre 2017 à 12h54

«La virtuosité de Jaco Pastorious, la fluidité vocale de George Benson, le sens de la chanson et de l’harmonie de Joao Gilberto, le tout mélangé à la culture africaine»: voilà comment le Los Angeles Times a déjà décrit Richard Bona. «Simplement l’un des gars les plus talentueux sur cette planète», selon nul autre que Quincy Jones.

Le chanteur et bassiste français de jazz passera, le vendredi 6 octobre, par le nouveau FirstOntario Performing Arts Centre, la magnifique place des arts de St. Catharines qui, après deux ans seulement d’opération, attire les foules de toute la péninsule ontarienne avec une programmation éclectique de calibre international.

Seulement cet automne, le complexe de trois salles de spectacle et un cinéma accueille aussi en octobre et novembre Jane Arden, Barenaked Ladies, un hommage à la musique d’Emerson, Lake & Palmer, Olivia Newton-John, Benoît Le Blanc (deux jours après son passage au Heliconian Hall de Toronto, dans le cadre de la nouvelle série De bouche à oreille), Lisa Simone, Tomson Highway, Gordon Lightfoot, Alana Mitchell, Murray McLauchlan, Susan Aglukark, et plusieurs autres grands chansonniers, rockers, divas et grands noms du jazz, de la musique classique et de la danse.

Cameroon

Issu d’une famille musicienne, Richard Bona est né au Cameroun en 1967 (il a donc 50 ans cette année). Comme nombre de musiciens africains, il a d’abord dû fabriquer ses instruments, dont une guitare à douze cordes avec des câbles de freins de vélo!

En 1980, Richard Bona rencontre un Français expatrié qui tient un club de jazz. Il lui propose de créer un orchestre de jazz en quelques semaines pour une somme d’argent encore inespéré pour lui… qui n’avait jamais entendu parler du jazz! Il passe ses jours et ses nuits à explorer cette musique, jusqu’à la révélation en écoutant Jaco Pastorius. Enthousiasmé par la vélocité du jeu du bassiste de Weather Report, il se convertit aussitôt à ce nouvel instrument.

Il débarque en Europe à 22 ans. Écumant les boîtes de jazz de Paris, il rejoint le fameux quintette d’Éric Le Lann et participe à une tournée en Afrique qui fera l’objet d’un enregistrement. Parallèlement, il multiplie les apparitions auprès des plus grands musiciens installés à Paris: Jacques Higelin, Mario Canonge, Didier Lockwood, Manu Dibango…

1604 bassistes

La fin de son aventure française s’achève bizarrement en 1995, alors même qu’il triomphe dans une salle branchée de la capitale, le Hot-Brass: la France ne lui reconduit pas son titre de séjour, les autorités prétextant que 1604 bassistes français sont au chômage!

Déçu, Richard Bona s’envole pour les États-Unis où il réside désormais, à New York où il multiplie les engagements dans les clubs de jazz et collabore avec Paul Simon, Chaka Khan, Queen Latifah, Tito Puente, George Benson, Herbie Handcock ou encore Bobby Mc Ferrin.

Il travaille avec des musiciens de tous horizons, toujours en quête de nouvelles sensations musicales, dans le jazz, la salsa et même le country, ce qui se reflète dans sa demi-douzaine d’albums parus entre 1999 et 2013. Il chante sa foi chrétienne, les mariages forcés en Afrique, son enfance au Cameroun, le train qu’il prenait pour aller jouer au football, l’angoisse dans l’attente d’une naissance, les forêts qu’on détruit, sa révolte devant la cruauté du monde moderne…

Artiste de scène

Depuis deux ans, il possède son propre club sur la 52e Rue, le Bonafide. Il est revenu quelques fois en France, jouer… et accepter les plus grands prix de la musique.

Une vidéo tournée en Hongrie, sur un bateau transformé en salle de spectacles, sort en 2008 avec un disque live, Bona Makes You Sweat, rappelant que Richard Bona est avant tout un artiste de scène.

C’est donc une chance inouïe que nous aurons de le voir et de l’entendre, encore dans la force de l’âge avec un immense répertoire, au FirstOntario Performing Arts Centre de St. Catharines le 6 octobre.

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