Rencontre avec une battante: Lou Doillon

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L’hypnotisante Lou Doillon, fille de l’iconique Jane Birkin et du réalisateur français Jacques Doillon, demi-sœur de Charlotte Gainsbourg et j’en passe, était de passage au Lee’s Palace à Toronto, dimanche dernier, pour promouvoir son premier album, Places, en anglais, réalisé par Étienne Daho.

À la fois mannequin, actrice et chanteuse, cette jeune femme de 31 ans, mal-aimé par les médias français, fait un début remarqué dans l’univers musical. Malgré son horaire chargé, elle a pris le temps de nous rencontrer et de partager ses insécurités et la confiance qu’elle a retrouvée grâce à la musique.

L’Express : Qui a influencé le plus ta carrière musicale ?

Je suis née avec un énorme intérêt pour la musique. Ça doit me venir de mon père étrangement. Pas du tout de la cellule maternelle parce que c’était tellement chargé d’histoire et de rapport personnels que ce n’était pas de la musique pour moi, alors c’est avec mon père (Jacques Doillon) que j’ai surtout découvert la musique.

Quand j’étais petite, on faisait des heures et des heures de voiture et on écoutait de nombreux albums; Leonard Cohen, Nina Simone, Nirvana, Screamin’ Jay Hawkins.

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Donc depuis l’enfance, la musique me passionne, bien plus que le cinéma. Ce qui fait que, je me suis dit que ça voulait donc dire que j’étais groupie, et dès l’âge de 14 ans je ne suis tombée amoureuse que de musiciens.

Donc j’ai passé ma vie entourée de musiciens.

Donc c’est drôle à quel point je me suis balisée de musique de partout, sans jamais avoir le courage d’y aller moi-même.

L’Express : Mais pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de sortir un premier album?

Vers l’âge de 20 ans, j’ai commencé à prendre une guitare dans un coin, et écrire des petites chansons. Mais j’avais tellement d’admiration pour les gens qui faisait de la musique autour de moi que j’avais honte que moi je puisse en faire. Donc j’ai caché ça pendant dix ans.

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Personne ne me voyait jamais jouer, sauf mes amis et mes copines, et c’est ma mère qui au bout d’un moment a dit: «mais au moins est-ce tu peux faire écouter ta musique à quelqu’un?».

Et c’est comme ça qu’Étienne Daho arrive dans ma vie, et c’est lui qui m’a fait comprendre que la musique, c’est de la générosité et que le but de la musique c’est de la partager.

L’Express : Et comment s’est déroulée ta première expérience en studio?

La première fois que je chante à Étienne Daho, il est au bord des larmes. La première fois qu’on m’amène au studio, je chante les deux premières chansons, il n’y a plus un bruit dans le studio et ils sont quatre, avec la chair de poule, à moitié en larme, à se parler à voix basse.

Et moi, qui n’aie jamais excité les gens plus que ça, je me suis dit: «mais c’est drôle, moi qui chante dans ma cuisine depuis dix ans, apparemment il se passe un truc.»

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Pareil, quand l’album est sorti, je me suis dit on va en vendre cinq. Et tous les soirs de tournée, je suis surprise. Je dis au band: «il y aura que deux personnes». Et tous les soirs, je suis surprise qu’il y ait des gens et que les gens soient émus.

L’Express : Donc il y a eu un changement d’attitude de la part des médias et du public…

En France on me connaissait beaucoup et on ne m’aimait pas du tout. Ce qui fait que quand l’album et sorti, comme des chiens fous, toute la presse est arrivée pour me détruire. Mais, moment de joie, tous ont aimé et j’avais des interviews qui commençaient par «je ne vous aimais pas, je n’avais pas envie d’écouter votre musique…».

C’était délirant comme presque chaque journaliste s’excusait, et c’est pour ça que ça a pris une telle ampleur. Une sorte de vague négative qui s’est retournée contre elle-même et qui est devenue une vague positive.

L’Express : Mais ta relation avec les médias a dû t’affecter en tant qu’artiste?

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On s’endurcit. C’est un peu bizarre, on porte tous un préjudice d’une manière ou d’une autre. C’est vrai que comme tous les préjudices, c’est un préjudice de merde; comme être arabe, comme venir de la banlieue. Je m’entends très bien avec tous les rejetés de la société parce qu’on connaît la même chose. Avant même d’arriver, les gens ont déjà une idée. Quand on est «fille-de», on n’est pas neutre.

L’Express : Et puis il doit y avoir beaucoup de pression venant de ta famille…

Pas du tout, c’est un moteur. C’est génial d’être d’une famille de gens qui fabriquent et qui font tout le temps.

Et j’ai le grand bonheur d’avoir une famille extrêmement généreuse, extrêmement gentille, que ce soit ma mère mon père, tous les gens qui les ont croisés, ils savent très bien que c’est des gens admirablement sympathiques, et qui parallèlement n’en ont rien à foutre de ce que la presse pense.

Ma mère a fait une carrière ou elle s’en foutait; si elle avait envie de se mettre à poil, elle le faisait. Si elle avait envie de faire des films érotiques, elle le faisait. Charlotte c’est pareil. Donc ça, c’est une grande chance d’être élevé par des gens comme ça.

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