Quand une proie doit devenir prédateur

Adrian McKinty, La Chaîne, thriller traduit de l’anglais par Pierre Reignier, Paris, Éditions Mazarine, 2020, 400 pages, 34,95 $.
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Paramount Pictures a déjà acheté les droits pour tourner un film basé sur le thriller La Chaîne, d’Adrian McKinty. L’as américain du polar Don Winslow affirme que ce roman n’est rien de moins que Les Dents de la mer pour les parents.

Le téléphone sonne. Un inconnu a kidnappé votre enfant. Pour qu’il soit libéré, vous devez enlever l’enfant de quelqu’un d’autre. Votre enfant sera relâché quand les parents de votre victime auront à leur tour enlevé un enfant. Si un maillon de La Chaîne manque, votre enfant sera tué.

Une secte

Nous suivons le cas de Rachel, femme divorcée, dont la fille de 13 ans a été enlevée à un arrêt d’autobus. La mère, qui lutte déjà contre un cancer, doit devenir un monstre et enlever un enfant, car «nul maillon de La Chaîne n’a le pouvoir, ni même la volonté, de résister».

Rachel a l’impression d’être tombée sous l’emprise d’une secte.

L’action de la première moitié du roman se déroule du jeudi au lundi, heure par heure. Adrian McKinty pimente son intrigue de soubresauts cauchemardesques et démontre comment un système peut torturer une personne et la rendre complice de la torture d’une autre personne.

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Terreur

La Chaîne est une machine à kidnapper, à extorquer et à terroriser. Les victimes, qui se comptent par centaines, sont tellement reconnaissantes et soulagées quand leur enfant est libéré. Terrifiées aussi. La peur des représailles et les actes brutaux sanglants suffisent à contraindre la quasi-totalité de ces gens à se murer dans le silence.

Rachel fera exception à cette règle. C’est la seconde moitié du roman. «Quand est-ce que ça va s’arrêter? murmure-t-elle dans l’obscurité. L’obscurité reste sur son quant-à-soi.»

La Chaîne sait que Rachel pense pouvoir déjouer le système. Elle est avertie sévèrement de rentrer dans les rangs, ce qui ne l’empêche pas «de se Lady-Macbethiser».

Maillons faibles

«Les humains», écrit McKinty, «sont autant des prédateurs que des proies.» Et comme La Chaîne est composée d’êtres humains, Rachel se dit qu’elle est faillible, vulnérable comme nous tous.

Il faut trouver le cœur humain qui est en son centre et le broyer. Facile à dire, difficile à faire. Cela implique de «partir en chasse dans l’antre du monstre».

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La chaîne de télévision britannique ITV a mené une expérience auprès d’une dizaine de mères et de leur enfant laissé sans surveillance. Le résultat a été sans appel: sur neuf enfants âgés de 5 à 11 ans, sept ont suivi un homme dans un laps de temps compris entre 33 secondes et 3 minutes.

Il s’agissait d’une expérience contrôlée, bien entendu.

Connaître la peur

N’empêche qu’Adrian McKinty a raison lorsqu’il écrit: «Tant que vous n’avez pas vu quelque chose ou quelqu’un mettre votre enfant en danger, vous n’avez pas connu la peur.»

Loin de moi l’idée de dévoiler le dénouement de ce thriller terrifiant par moments. Qu’il suffise de dire que la mort doit parfois lutter contre des forces chamaniques intenses et hostiles…

Fort probablement un de mes cinq coups de cœur en 2020!

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