Erreurs de diagnostic et de traitements, décès: au Canada, le fait de ne parler qu’une langue officielle minoritaire peut aggraver l’état de santé de patients francophones. Dans un rapport, un comité sénatorial presse Ottawa d’intégrer une lentille linguistique aux ententes et transferts fédéraux en santé.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles a publié le 13 février un rapport contenant 14 recommandations à l’intention du gouvernement fédéral pour remédier aux difficultés d’accès à des soins dans sa langue.
Entre 2023 et 2024, les sénateurs ont entendu 121 témoignages sur les obstacles à l’accès aux services de santé dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Des témoignages éloquents
En avril 2024, lors d’une audience du Comité sur les services de santé et les langues officielles, Société Santé en français rapportait l’expérience d’une femme francophone de 64 ans hospitalisée au Manitoba. Ne parlant pas anglais, elle aurait été perçue comme une patiente «difficile». Sa pneumonie n’a pas été détectée à temps, et elle en est décédée.
L’organisme a également évoqué la situation d’un jeune originaire de Barrie, en Ontario. Admis dans un centre de santé mentale, il ne répondait pas aux traitements offerts en anglais. Selon la Société Santé en français, l’absence de services en français aurait contribué à prolonger son internement: trois jours sont devenus deux semaines.




