Polar mené à un train d’enfer

Rick Mofina, Toutes les peurs, polar traduit de l’anglais par Pascale Raud, Montréal, Éditions Alire, 2016, 416 pages, 27,95 $.
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En juin dernier, je vous ai parlé du romancier ontarien Rick Mofina et de Dernière heure, première enquête du journaliste Jason Wade. Mofina récidive avec Toutes les peurs, un polar où la jeune vedette du Seattle Mirror enquête sur l’enlèvement d’un bébé et découvre des enchevêtrements… ontariens.

Dans un quartier bien paisible de Seattle, Maria va à l’épicerie en poussant Dylan dans la poussette. Une minute d’inattention suffit pour que le bébé soit enlevé et la mère presque tuée par une fourgonnette en fuite. Entre en action l’inspectrice Grace Garner que le journaliste Jason Wade entend bien devancer.

L’action se déroule sur six jours chargés de rebondissements déroutants, de quoi tenir en haleine la police de Seattle, le shérif du comté de King, la police d’État de Washington, les agences frontalières, le FBI, les polices de Vancouver et Calgary, la GRC et, surtout, le lecteur.

L’auteur nous apprend que, chaque année, cinq mille enfants sont enlevés aux États-Unis, mais seulement une douzaine d’entre eux sont des bébés. Dans ces rares cas, les ravisseurs sont presque toujours des femmes «mentalement instables et leurs actes sont alimentés par les fantasmes, le délire, les drogues, l’alcool, les traumatismes ou une combinaison de certains de ces facteurs».

Jason Wade est le meilleur journaliste du Seattle Mirror, mais son patron est un abruti préoccupé par la vente et la visibilité de son journal, peu importe si les faits rapportés ont été doublement vérifiés. Il pousse Jason Wade à écrire pour «maximiser notre valeur médiatique». Pas étonnant que Wade a l’impression de travailler dans «un véritable asile de fous».

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Le roman est truffé de remarques comme «personne ne dit la vérité la première fois», «tout le monde a des secrets» ou «rien n’est un fait jusqu’à ce que la preuve l’affirme».

Tout en exploitant à merveille les techniques du thriller mené à un train d’enfer, Rick Mofina trempe parfois sa plume dans l’encre poétique, notamment pour noter la douce odeur de la chambre du bébé kidnappé en écrivant que cette chambre est «tranquille comme une chapelle funéraire».

Outre le suspense bien tendu et bien mené de ce thriller, Toutes les peurs a le mérite de nous faire découvrir les jeux de pouvoir et les rivalités qui peuvent caractériser la salle de rédaction d’un petit journal dans une ville de taille moyenne.

Rick Mofina excelle, bien entendu, dans l’art de décrire la souffrance des victimes d’un crime. Il réussit aussi à porter un regard pénétrant sur ce qui motive quelqu’un à poser un geste criminel. Cette personne est souvent aux prises avec un passé trouble qui, s’il n’excuse pas les actes commis, en fournit une explication.

P. D. James, Les douze indices de Noël et autres récits, Paris, Éditions Fayard, 2016, 200 pages, 29,95 $.
P. D. James, Les douze indices de Noël et autres récits, Paris, Éditions Fayard, 2016, 200 pages, 29,95 $.

Les douze indices de Noël

Après Arthur Conan Doyle et Agatha Christie, Phyllis Dorothy James (1920-2014) peut imaginer toutes les coutures d’un crime.

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Dans Les douze indices de Noël, elle se tourne vers un genre très prisé dans la littérature criminelle, la nouvelle. P.D. James écrit qu’une bonne histoire policière doit avoir «une énigme plausible, de la tension et du frisson, des personnages auxquels nous pouvons nous identifier même s’ils ne nous inspirent aucune sympathie et une fin qui en soit pas décevante».

Les quatre nouvelles ou récits de ce recueil renferment de tels ingrédients. Les indices ne manquent pas, comme le titre l’indique, et on a même droit à quelques anomalies ou incidents subtils. Mais les textes sont trop longs à mon avis (environ 50 pages chacun).

La chute s’accélère toujours dans les deux ou trois dernières pages. On a l’impression qu’il s’agit plus du canevas d’un roman que d’une nouvelle autonome, dotée de son propre rythme.

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