Une criminelle devenue nonne et un embrouillamini sordide

Rick Mofina, Une tombe parfaite, roman policier traduit de l’anglais par Pascale Raud, Lévis, Éditions Alire, coll. GF, 2017, 406 pages, 27,95 $.
Laurent Chabin, L’hôtel de la dernière heure, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 188 pages, 10,95 $.

Rick Mofina, Une tombe parfaite, roman policier traduit de l’anglais par Pascale Raud, Lévis, Éditions Alire, coll. GF, 2017, 406 pages, 27,95 $. Laurent Chabin, L’hôtel de la dernière heure, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 188 pages, 10,95 $.


17 avril 2017 à 23h57

En juin et décembre 2016, je vous ai parlé de Rick Mofina, auteur des polars Dernière heure et Toutes les peurs qui mettent en scène le jeune Jason Wade du Seattle Miroir.

Mofina renoue une troisième et dernière fois avec ce journaliste aux affaires criminelles dans Une tombe parfaite. Il nous plonge dans l’incroyable histoire d’une criminelle qui devient nonne, puis «la Sainte de Seattle».

Dès le premier chapitre, une Sœur du Cœur Compatissant de la Miséricorde est surprise par un homme dans sa chambre et froidement égorgée. Les médias s’emparent de cette affaire à qui mieux mieux, Jason Wade en tête.

Sœur Anne travaillait dans un refuge pour gens de la rue, certains avec des casiers judiciaires. Encore une fois, c’est Grace Garner, ex-petite amie de Wade, qui mène l’enquête. Elle patauge dans le sang, «tellement de sang» qu’il obstrue la cachette du journal intime de Sœur Anne.

Ce journal demeure pour le moins énigmatique. Sœur Anne regrette ses erreurs du passé, sans les nommer, et demande pardon au Seigneur. Une religieuse remet une copie du document à Wade et lui indique qui a accepté Anne Braxton dans leur communauté. Cette personne, une Française, a maintenant 92 ans et vit en Alberta.

Rick Mofina
Rick Mofina

Le roman a donc des touches canadiennes, tout comme son auteur qui est originaire de Belleville.

Vêtue d’un jean et d’un t-shirt, Sœur Anne servait des repas et offrait «la grâce à ceux qui pensaient qu’ils ne le méritaient pas». Une Sœur Teresa américaine! À ses funérailles, un sénateur la décrit comme «un ange de miséricorde qui apaisait la souffrance». Le maire dit qu’elle était «la Sainte de Seattle». Un cardinal, envoyé par Rome, compare «sa dévotion à celle de Jésus-Christ».

Vous vous doutez bien que le passé criminel de Sœur Anne va finir par rebondir. Je ne vous dis pas comment, mais je vous signale qu’au moins deux autres histoires se déroulent en parallèle au meurtre de Sœur Anne. Bien entendu, elles vont se croiser en bout de piste et nous éclairer sur… plus d’un meurtre.

Jason Wade est un journaliste judiciaire très attachant, dont le père est aux prises avec de terribles démons. La mort bat la mesure de leur vie. Pour le journaliste, «Seattle et sa région métropolitaine étaient un cimetière. Les affaires criminelles émaillaient son histoire comme des pierres tombales.»

Rick Mofina excelle dans l’art de tenir ses lecteurs en haleine. Il aime montrer comment un criminel peut se faufiler entre les mailles du filet, même si cela exige de mettre en scène sa propre mort. Les polars de Mofina ont la réputation d’être des «page-turners». Une tombe parfaite n’y fait pas exception.

L’hôtel de la dernière heure

Le pendant québécois de Rick Mofina pourrait être Laurent Chabin. Son tout dernier polar s’intitule L’hôtel de la dernière heure et met en scène un personnage insaisissable, imprévisible et amoral qui «pratique le crime davantage par goût, pour ne pas dire par passion».

L’histoire commence à Québec où le bédéiste Normand Gallo croise un collègue écrivain dans le hall de l’Hôtel des Remparts. Il n’a pas revu Enver Kazan depuis de longues années et ne s’en plaint pas. Kazan est «arrogant, désagréable, l’insulte à la bouche».

Laurent Chabin
Laurent Chabin

Chabin développe une intrigue assez originale. Les quatre victimes ont séjourné l’une après l’autre dans la même chambre que Kazan à l’Hôtel des Remparts. Leurs appartements ont été cambriolés et fouillés, une victime a été assassinée, une autre assommée. Seul le bédéiste a fait l’objet d’une effraction en douceur.

Le lecteur est ni plus ni moins invité à découvrir le fil ténu qui relie ces quatre victimes. Un soi-disant lieutenant de la Sûreté du Québec entre en scène et l’intrigue se complique. Le bédéiste affirme que «ma maison ou ma personne sont impliquées dans une histoire rocambolesque qui me dépasse».

Ce rocambolesque a même une touche torontoise. Un rival de Kazan est un truand impliqué dans des affaires de drogues, de prostitution de mineures, d’extorsion et de chantage dans la région de Toronto.

En fin stratège, Laurent Chabin nous fait nager dans un brouillard total, pour ne pas dire un embrouillamini sordide dont il dévoile les tenants et les aboutissants qu’à la toute fin. L’auteur aime nous embarquer dans une spirale d’événements qu’il décrit avec doigté.

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