Piège et magie de la maternité

Pic de température
Isabelle Petit, Pic de température, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2018, 408 pages, 24,95$.
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Pierre et Laurie forment un couple heureux, sauf que lui veut devenir papa alors qu’elle ne se sent pas prête. Maternité versus autonomie professionnelle, voilà le duel que décrit la romancière Isabelle Petit dans Pic de température.

Il est clair, au début, que Laurie, 34 ans, n’est pas faite pour rester à la maison et changer des couches, encore moins pour «retirer des morceaux de Lego des narines de sa progéniture et s’interroger sur la couleur de son caca».

Déclic à l’hôpital

Pierre, 40 ans, multiplie les arguments pour que son épouse accepte de tomber enceinte. Mais elle croit que son portefeuille risquera alors de «diminuer d’une façon inversement proportionnelle à son utérus».

Laurie souhaiterait ne pas avoir à se poser «toutes ces satanées question sur l’horloge biologique qui tourne ni devoir tergiverser entre carrière et maternité».

Puis, une visite à l’hôpital pour enfants, comme bénévole, constitue le déclic, la décision d’avoir un bébé. «Adieu contraceptifs oraux, condoms et coïts interrompus: vive la sexualité libre et sans contrainte!»

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L’Armée rouge est en ville

Je ne dévoilerai pas tous les tenants et aboutissants de l’intrigue (ils sont nombreux et parfois assez corsés), mais je vous signale que la romancière Isabelle Petit avance comme une funambule sur le fil mince entre vie personnelle et professionnelle.

Elle nous décrit avec brio une femme qui a «la détermination et la bravoure de Cléopâtre, de Jeanne d’Arc, d’Élisabeth 1re et de la tsarine Catherine II réunies».

Le style du roman est léger et rafraîchissant. Isabelle Petit nous sert une phrase comme «J’avais autant d’étoiles dans les yeux qu’il y a de bulles dans une bouteille de champagne.» Ou une expression comme «l’Armée rouge est en ville» pour désigner les règles.

Notes en bas de page

Certaines notes en bas de page s’adressent directement aux lecteurs, comme celle-ci au sujet d’une salle d’attente: «Vous savez, ce genre de personnes qui se croient toujours obligées de meubler le silence en vous adressant la parole. Oui, oui, ceux-là qui pètent votre bulle! Fatigant, hein?»

Ce n’est pas parce que Laurie accepte la maternité qu’elle va devenir automatiquement maman. La romancière épice sont récit de virages inattendus ou de soubresauts dramatiques, ce qui ne l’empêche pas de démontrer, à la fois avec humour et sérieux, qu’«être mère, c’est donner sans compter, mais c’est recevoir plus encore».

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