La solitude et la plénitude de la liberté


27 juillet 2015 à 17h18

Depuis dix ans, Henri Lœvenbruck a publié une demi-douzaine de romans chez Flammarion.

Son tout dernier s’intitule Nous rêvions juste de liberté et se veut tout à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié, un récit d’une aventure et un road-movie fraternel. L’auteur nous fait suivre des motards guidés par la pureté et la violence de l’âge adolescent, des jeunes qui n’attendent rien de la société parce qu’ils ne veulent pas lui appartenir.

Nous sommes dans les années 1960, dans un pays qui n’est jamais mentionné, mais les villes sont américaines même si elles portent souvent un nom français: Providence et Carmel (Rhode Island), Laroche (Caroline du Sud), Clairemont et Fremont (Californie). L’auteur mentionne même Saint-François (San Francisco?).

Tout commence à Providence, une ville qui n’est pas faite pour des gens comme Hugo alias Bohem, Alex alias la Fouine et Oscar alias le Chinois, qui «nagent dans la merde depuis le jour de leur naissance». Ils fréquentent un lycée catholique (lire high school) où ils passent plus de temps en détention qu’en périodes de récréation. C’est Bohem qui est le narrateur et il se méfie des gens qui veulent purifier l’espèce humaine. «Ça m’a toujours mis les foies.»

La phrase suivante donne une bonne idée du style de Lœvenbruck et de l’atmosphère qui règne dans le lycée de Providence: «Quand on se faisait punir pour une connerie qu’on avait pas faite […], on allait chercher le responsable en dehors, et soit il se montrait infiniment convaincant au niveau du remboursement des notes de frais, soit on lui démontait infiniment la gueule.»

Le romancier en profite pour souligner que les petites bourgeoises sont souvent moins timorées que les petits bourgeois. «Pour une raison que je ne me suis jamais totalement expliquée, il y en a tout un tas qui éprouve une fascination maladive pour les mauvais garçons. Elles se marieraient pas avec, attention, mais pour ce qui est de la gaudriole, sûr qu’elles ont envie d’y goûter.»

Dans les années 1960, posséder une bécane (une moto) «c’était braver l’interdit, c’était signer la déclaration d’indépendance, c’était l’évasion, c’était défoncer la porte de sortie à grands coups de guidon, c’était au revoir papa-maman… et bonjour la liberté!»

Bohem, la Fouine et le Chinois rêvent d’un bonheur: rouler en bande de voyous dont personne ne veut. Ils décident de traverser le pays, de l’Atlantique au Pacifique, pour soi-disant trouver le frère de la Fouine.

En route, l’aventure est pimentée de vols et de violences, d’amitié et de fraternité. À plusieurs occasions, ils apprennent que la liberté se paie cher.

Hugo est le chef du MC (Motorcycle Club). Il aime rouler, admirer les paysages, les gens, vivre la solitude et la plénitude. Mais tout ne roule pas rondement avec ses collègues du Spitfires MC. Le fraternel road-movie devient dangereusement traître.

Parce que Hugo essaie de ne jamais oublier son rêve de liberté, parce que la vie, les gens, tous essaient de l’empêcher d’être libre, parce que «la liberté, c’est un boulot de tous les jours», il devient un voleur de liberté et finit par aboutir en cour…

«Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté» est la première ligne du roman et la seule phrase que Hugo est capable de prononcer devant le juge à la page 410 du roman.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Le marathon, c’est dans nos gènes

coureurs
Des changements anatomiques ont sans doute permis à nos ancêtres de devenir de bons coureurs d’endurance: un avantage évolutif.
En lire plus...

18 septembre 2018 à 7h00

Balade à Toronto : Gémeaux pour la meilleure composante numérique

Balade à Toronto
Au récent gala des prix de la télévision francophones du pays, 6 émissions sur 150 provenaient de l'extérieur du Québec...
En lire plus...

17 septembre 2018 à 16h55

Le Toronto Wolfpack sort victorieux d’une rencontre historique

Toronto Wolfpack - Toulouse Olympique
Le Toronto Wolfpack a battu 13-12 le Toulouse Olympique lors d'une rencontre de rugby à treize historique ce samedi au stade Lamport.
En lire plus...

17 septembre 2018 à 15h00

La démocratie pour de vrai… ou presque!

PFJA
Deuxième édition du Parlement francophone des jeunes des Amériques
En lire plus...

17 septembre 2018 à 13h10

Une nouvelle saison pour Oasis sous les meilleurs auspices

AGA Oasis membres
Bilan annuel plutôt favorable et encourageant à l'assemblée générale d'Oasis Centre des femmes.
En lire plus...

17 septembre 2018 à 13h00

Vins jurassiens et plats gourmets au Notre Bistro

Le Notre Bistro
Une fois par mois, Le Notre Bistro organise une soirée dégustation de vin accompagnée de plats raffinés. Cette semaine, L'Express a eu la chance de...
En lire plus...

17 septembre 2018 à 11h00

Le scénariste d’une série culte en France s’installe à Toronto

Scènes de ménages
Yannick Hervieu, scénariste pour Scènes de ménages en France, s'est installé à Toronto depuis quelques semaines
En lire plus...

17 septembre 2018 à 11h00

À la découverte du village de Blue Mountain

Après les plages de Wasaga, L’express de Toronto vous emmène pour une Visites Express estivale au village de Blue Mountain.
En lire plus...

17 septembre 2018 à 10h00

C’est mon opinion : fromages et vin rouge ne font pas bon ménage

Vin et fromage
Pourquoi ne pas marier un vin blanc sec dont l’acidité tranchera le gras du fromage?
En lire plus...

17 septembre 2018 à 9h00

Connaissez-vous Rudolf Steiner ?

anthroposophie
Des fermiers travaillent en biodynamie, sous-discipline de l'anthroposophie: une pseudo-science.
En lire plus...

17 septembre 2018 à 7h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur