Pendre, peindre encore, peindre toujours: c’est William Bouguereau

peinture

William Bouguereau, relié, 30x24 cm, jaquette, env. 200 illustrations, 240 p. En couverture: La pêche aux grenouilles, 1882, aussi p. 202. À gauche: Autoportrait, de l'artiste, 1879, p. 77.


27 janvier 2019 à 11h00

Le nouveau livre que la Bibliothèque des Arts consacre à l’artiste William Bouguereau, qui ne connaît que sa passion, peindre, en rend fort justement compte.

Les 240 pages de cet ouvrage, William Bouguereau, comprennent 200 illustrations en couleur et en pleine page, reproduisant des œuvres de l’artiste.

C’est donc l’occasion de découvrir cet artiste souvent méconnu, mal aimé parfois, et pourtant toujours d’actualité, non en lisant des textes, mais plutôt en regardant d’un œil souvent admirateur ses créations picturales.

Jeune mère contemplant son enfant, 1871, p. 187.

La féminité

En parcourant l’œuvre de William Bouguereau, même très rapidement, on remarque de suite l’intérêt majeur qu’il porte à la féminité, des débuts de celle-ci jusqu’à son accomplissement sexuel.

Autrement dit, si Bouguereau peint très souvent des petites filles, dans leur costume local habituel que l’on peut voir sur les reproductions jointes, il reproduit des jeunes filles dans les longues robes de l’époque, pour finir par des nus féminins dans des situations souvent mythiques.

Certes, il y a bien dans ses tableaux, à l’occasion, des personnages masculins, des portraits de personnages locaux, son propre autoportrait, mais ces représentations masculines sont peu nombreuses et ne représentent pas les véritables orientations de l’artiste.

La naissance de Vénus, 1879, p. 105.

Fillettes

La Bibliothèque des Arts, un organisme situé à Lausanne en Suisse, qui publie livres et catalogues relatifs au domaine artistique, reproduit dans son édition consacrée à Bouguereau de nombreux tableaux qui permettent de voir les grands centres d’intérêt féminins de Bouguereau.

L’ouvrage ne consacre guère qu’une trentaine de reproductions à des portraits masculins, surtout en buste.

Bouguereau semble s’occuper davantage de petites filles. Parmi elles se trouve sans doute sa propre fillette, née de son premier mariage, et peut-être une amicale voisine. On compte une vingtaine de tableaux reproduits dans le livre de la Bibliothèque des Arts comportant une ou deux petites filles.

On voit ainsi une seule fillette avec le bol de son petit déjeuner, ou avec un livre, ou réfléchissant. On la retrouve assise sur un rocher avec une autre fillette, ou jouant à califourchon ou comme dans le tableau de la première de la jaquette et de la couverture, reproduisant Pêche aux grenouilles.

La leçon difficile, 1884, collection particulière, p. 220.

Féminité évolutive

William Bouguereau s’intéresse aussi aux jeunes femmes. Les mêmes fillettes devenues grandes ou d’autres? Il y en a plusieurs avec une longue jupe à la mode de l’époque.

Toujours dans le domaine féminin, il compose quelques tableaux religieux de vierges à l’enfant diversement reproduites

Mais il compose de nombreuses œuvres avec une mère et son enfant ou parfois des enfants. Ce sont des sujets d’actualité, correspondant à la réalité qui l’entoure ou recomposée, et qui répondent immédiatement à sa passion de peindre.

Bergère, 1886, p. 225.

Fantasmagorie

Bouguereau sort aussi de la réalité ambiante pour donner libre cours à son imagination et il tombe dans la fantasmagorie avec des réalisations étranges, surprenantes, inattendues.

Il ajoute des ailes à des personnages féminins, il en fait s’envoler vers des cieux imaginaires, il en regroupe dans des compositions ou des situations invraisemblables, et dans tous ces cas et bien d’autres visibles dans le livre, ces représentations féminines sont nues.

Lors du salon de 1875, le grand écrivain français Émile Zola (1840-1902) s’exprimait ainsi à propos des toiles de Bouguereau: c’est «le triomphe de la propreté en peinture, des tableaux unis comme une glace, dans lesquels les dames peuvent se coiffer.»

Le déjeuner du matin, 1887, p. 208.

Peinture sensuelle

Avec des envolées de corps féminins dans des situations diversifiées, William Bouguereau ose réaliser des tableaux d’une imagination débridée, tout en restant l’un des principaux représentants de la peinture académique.

«Entre toutes ses peintures, son thème de prédilection revient à l’image de la femme. Avec Cabanel, Greve et Gérôme son nom est associé au genre du nu académique. Sa Naissance de Vénus est emblématique, d’une peinture sensuelle profondément influencée par les vénus d’Ingres. C’est avec ce genre qu’il connaîtra le plus de succès, mais rencontrera aussi le plus de critiques.»

À cause de la texture lisse et minutieuse de sa peinture, Joris-Karl Huysmans dira à son encontre: «Ce n’est même plus de la porcelaine, c’est du léché flasque ! Le peintre impressionniste Edgar Degas invente le verbe «bouguereauter» pour désigner ironiquement l’action de fondre et de lisser le rendu pictural de cette manière.»

La vague, 1896, quatrième de couverture et p. 45.

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