Paul Klee et l’harmonie des couleurs

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Célèbre et pourtant peu connu dans notre monde artistique, une occasion unique de faire connaissance avec Paul Klee, ce «musicien de la couleur», nous est offerte par la Tate Modern de Londres, avec une rare exposition en cours jusqu’au 9 mars et par le superbe livre d’art qui l’accompagne.

Paul Klee (prononcer Kle) est ce peintre allemand qui a écrit cette phrase célèbre dans un article d’une revue allemande, Schöpferische Konfession (Confession créatrice): «L’art ne reproduit pas le visible, mais rend visible.» (1920)

C’est lui aussi qui écrit dans son journal: «La couleur me possède… Elle m’a toujours possédé, je le sais. La couleur et moi ne faisons qu’un, je suis peintre.»

Paul Klee est né le 18 décembre 1879 dans une famille de musiciens d’un petit village suisse, près de Berne, et il est décédé le 29 juin 1940 à Locarno, ville suisse au bord du lac Majeur. De nationalité allemande, comme son père qui enseigne la musique, il a pour mère une cantatrice originaire de Besançon, ville française proche de la Suisse. Ces influences familiales marqueront l’artiste.

Formation artistique

Tout en poursuivant des études classiques qui lui permettront d’obtenir sa maturité (1898), l’équivalent suisse du baccalauréat, Paul a acquis une formation artistique.

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Très jeune, sa grand-mère maternelle lui a appris à dessiner et à peindre. À 7 ans, il sait aussi jouer du violon et fait bientôt partie de l’orchestre de la société musicale de Berne.

Il complète sa formation artistique auprès d’Heinrich Knirr (1862-1944), qui dirige une école de peinture à Munich, dont il devient «le meilleur élève». Puis il entre à l’Académie des beaux-arts de Munich en 1900. Kandinsky (L’Express, 19 février 2013) est l’un de ses collègues.

Suivent de nombreux voyages en Italie (Rome, Naples, Florence), en Allemagne (Munich, Berlin), en France (Paris). Il découvre ainsi l’art de la Renaissance italienne, le Quattrocento, les œuvres de Goya ou de Corot dans des musées allemands, l’impressionnisme en France et des artistes comme Manet, Monet, Matisse, Renoir au Louvre ou au musée du Luxembourg.

Dominantes de l’œuvre

Désormais, Klee produit ses propres œuvres, avec un intérêt marqué pour la couleur, la tonalité, sans produire des œuvres de grandes surfaces. «Pourquoi faire grand quand tout peut s’exprimer sur une feuille modeste d’épistolier, par une construction de la couleur délicate comme un champ de fleurs», écrit Valérie Duponchelle dans «La symphonie de Paul Klee». (Le Figaro, 13/12/2013).

L’art de l’arabesque l’inspire avec le jeu des lignes par lesquelles il exprime la réalité, ainsi que l’art du tissage et le principe des «carrés magiques». Musicien et peintre il recherche «le rythme pictural» combiné avec les rythmes naturels, comme la marée. Il faudrait encore mentionner l’influence de l’art égyptien découvert en 1928-1929 ou celle des mosaïques byzantines vues à Rome.

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On ne saurait tout dire, car l’artiste nous échappe, pour le bonheur de nos yeux. «[Son œuvre est faite] d’aller et retour, de vagues qui fluent et refluent, ignorant l’anecdote, la circonstance et les «modes qui se démodent».» (Jean-Louis Prat et Antoni Tàpies, Paul Klee, Saint-Paul-de-Vence, 1979)

Artiste prolifique

Paul Klee est un artiste extrêmement prolifique et son œuvre compterait quelque 4 877 dessins et 10 000 peintures. Une rétrospective comme celle de l’exposition est une sélection de 130 œuvres qui montrent un artiste expérimentateur de formes nouvelles de représentation du monde visible.

Il faut les voir pour s’en faire une idée exacte, aucune description ne pouvant en rendre compte.

Il y a deux façons de le faire, profiter d’un voyage à Londres et se rendre à la Tate Modern pour découvrir les petits cadres «aux merveilles» contenant dessins, aquarelles et tableaux de Paul Klee «composés avec la grâce et la méthode d’une partition». (Valérie Duponchelle)

Livre d’art

Ou l’on peut prendre le temps d’approfondir sa connaissance de Klee avec le livre d’accompagnement de l’exposition: Paul Klee Making Visible, Tate Publishing, format carré, 256 p, un livre modeste richement illustré en couleur avec les œuvres exposées, que l’on peut examiner à loisir. Les textes explicatifs ou descriptifs anglais sont courts.

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Brian Sewel, chroniqueur d’art au London Evening Standard (24 October 2013) voit des avantages à explorer l’œuvre de Klee avec cet ouvrage. L’exposition est pour lui un lit de Procuste sur lequel est étendu le pauvre Klee dans 17 salles, sujet de plus à 17 catégories d’interprétation.

Le catalogue est au contraire un livre d’art qui présente Klee selon six périodes chronologiques, présentées par une courte analyse mettant en lumière les caractéristiques les plus importantes de chaque quinquennat (durée approximative de chaque période).

Ce simple cadre de présentation est d’une extraordinaire clarté et permet de saisir facilement l’évolution de Klee, ses retours en arrière, bref de suivre le développement de son œuvre.

Autrement dit, ce catalogue rend visible le travail artistique de Paul Klee. On ne saurait mieux dire.

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