Pandémies : retour sur le raz-de-marée du sida

Yanick Villedieu, Le Deuil et la Lumière
Yanick Villedieu, Le Deuil et la Lumière: une histoire du sida, essai, Montréal, Éditions du Boréal, 2021, 352 pages, 32,95 $.
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L’histoire de l’humanité est parsemée de pandémies: peste, syphilis, choléra, grippe espagnole, tuberculose, malaria, etc.

Le sida nous rappelle que la litanie n’est pas terminée, souligne Yanick Villedieu, journaliste spécialisé en science et en médecine, dans un magistral essai intitulé Le Deuil et la Lumière: une histoire du sida.

Solidarité humaine face au sida

L’auteur a suivi les 19 premières conférences internationales sur le sida, de 1985 à 2012. Il a mené des entrevues sur le terrain aux quatre coins du globe. En plus de la maladie et de la mort, il a côtoyé «la grandeur de la solidarité humaine, la sourde force de l’espoir et l’inépuisable beauté du désir de vivre».

L’acte de naissance du sida – une notice de 45 lignes dans Morbidity and Mortality Weekly Report – est signé le 5 juin 1981 par une équipe de médecins américains.

Le 27 juillet 1982, la maladie reçoit son nom définitif en anglais, AIDS, traduit par SIDA (syndrome d’immunodéficience acquise).

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En 1986, le virus dont sont infectés les sidéens est appelé VIH (virus de l’immunodéficience humaine).

D’abord les homosexuels

La maladie touche d’abord lourdement la communauté homosexuelle, les usagers de drogues injectables, les travailleurs et travailleuses du sexe et les hémophiles.

Certains gais hyperactifs, lit-on, ont «jusqu’à une vingtaine de partenaire par semaine». Ils rêvent de baiser la planète. Mais en quelques années, le sida s’étend à tous… Hommes et femmes, homos, hétéros et bisexuels, riches et pauvres… En Amérique comme en Afrique, en Europe comme en Asie.

La science et la médecine tardent à trouver un remède, un vaccin. Des campagnes sur les vertus du «sexe latex» se mettent en branle. Avec la pénicilline et la pilule contraceptive, le préservatif avait pris un coup de vieux. Le sida le remet en avant-plan.

Le drame immense du sida

Cette nouvelle maladie est un drame immense fait de souffrances et de deuils. C’est aussi «la marque du génie humain dans ce qu’il a de plus noble, de plus lumineux». L’auteur cite le journaliste Georges Hébert Germain qui a l’impression non seulement que le sida «détruit le système immunitaire de l’organisme humain, mais qu’il perturbe aussi tout le système immunitaire social».

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En 1987, le sida devient la première maladie dont on n’ait jamais parlé à l’Assemblée générale des Nations unies. En 1988, le Sommet mondial des ministres de la Santé réunit le plus grand nombre de ces représentants gouvernementaux qu’aucune maladie ne l’avait jamais fait.

Promiscuité et multiplication constituent un terrain fertile pour l’émergence de l’épidémie. «Dans les villes africaines, la surpopulation va de pair avec la surcopulation.»

Pourtant, en 2000, le président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, met en doute la réalité même du sida dans son pays. Résultat: plus de 330 000 vies fauchées et 35 000 naissances de bébés porteurs du VIH.

Problèmes de société

La maladie soulève non seulement «des problèmes scientifiques et médicaux, mais aussi des problèmes de société, notamment des questions en matière de droits de la personne, de lutte contre les préjugés et contre la discrimination».

Elle donne naissance à une solidarité inédite entre scientifiques et activistes, entre organismes de recherche et organismes communautaires.

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La pandémie a des allures de raz-de-marée. Mais il faudra attendre 15 ans avant qu’un traitement mette le virus en échec: la trithérapie. Or, 95% de l’argent pour les traitements est dépensé dans les pays du Nord… Alors que 95% des malades sont dans les pays du Sud.

Selon une fiche d’information 2021 de l’ONUSIDA, la maladie a infecté de 79 à 110 millions de personnes dans le monde depuis le début de la pandémie. Au moins 27 millions d’entre elles, peut-être même près de 48 millions, en sont mortes.

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