Nouvelles d’Istanbul: 10 défenseurs des droits humains retenus prisonniers

Des formateurs d'Amnistie internationale, pas des terroristes

Quelques membres du groupe franco-torontois d'Amnistie internationale manifestent leur appui aux détenus en Turquie. À g. la présidente Meryll David-Ismayil.
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Le groupe franco-torontois d’Amnistie internationale milite ce mois-ci pour la libération d’un groupe de dix défenseurs des droits humains retenus prisonniers en Turquie, «le groupe des 10».

Selon la présidente Meryll David-Ismayil, ce sont «des gens qui prônent la non-violence, qui défendent les droits humains, et qui, à cause de ça, sont en prison. Parce qu’aujourd’hui en Turquie, il est devenu dangereux de défendre les droits humains ou de s’élever contre le pouvoir d’Erdogan, le président turc».

40 000 personnes

La Turquie est le pays qui emprisonne le plus de journalistes au monde.

En effet, un tiers des journalistes retenus dans le monde le sont dans ce pays. Ce dernier représente une véritable entrave à la liberté d’expression, mais pas seulement. Tous les pans de la société sont touchés par la répression mise en place par le gouvernement Erdogan.

«Par exemple, plus de 40 000 personnes ont été placées en détention provisoire en l’espace de seulement six mois d’état d’urgence, suite à la tentative de coup d’État de juillet 2016. Certains n’ont rien à voir avec le mouvement Fethullah Gülen, une confrérie musulmane en lien avec le putsh.»

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Terroristes improbables

Le groupe des 10 est composé entre autres de Idil Eser, la directrice générale d’Amnestie Turquie, et de deux formateurs étrangers, un Allemand et un Suédois. Il y a un peu plus de trois mois, les forces de sécurité turques ont fait irruption au milieu d’un de leurs ateliers de formation.

«Et ce qui est intéressant ou incroyable, c’est qu’aujourd’hui, ces éminents défenseurs des droits humains sont accusés de terrorisme», s’indigne Meryll.

15 ans d’emprisonnement sont réclamés à leur encontre. Les motifs? «Des motifs littéralement absurdes, par exemple le fait que cet atelier de formation aurait été une réunion secrète.»

Pourtant, l’atelier n’avait rien de secret, selon Meryll. En effet, l’une des participantes, Nalan Erkem, a publié une photo de l’hôtel sur son compte Instagram et a publiquement annoncé où ils se trouvaient.

Des pacifistes

«Ce sont des pacifistes» explique Meryll. Peter Steudtner a dédié sa vie à la promotion de la résolution pacifique et non-violente de conflits, en enseignant spécifiquement aux autres l’approche «ne nuis pas».

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Le formateur suédois, Ali Gharavi, se présentait souvent aux autres en disant: « Je m’appelle Ali, comme le boxeur Mohamed Ali, mais sans la violence».

«En effet», de dire Meryll, «vous trouverez difficilement un groupe de personnes moins violent que celui-ci!»

Pour les soutenir, il est possible entre autres de signer la pétition en ligne d’Amnistie internationale.

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