Mobilisation contre l’utilisation précoce des téléphones intelligents

Unplugged Canada à l'école élémentaire Charles-Sauriol

Becky Toyne et Guilaine Tournan, mamans et membres du conseil des parents de l’école élémentaire Charles Sauriol, représentantes de l’engagement « Unplugged Canada » visant à retarder l’utilisation des smartphones.
Becky Toyne et Guilaine Tournan, membres du Conseil des parents de l’école élémentaire Charles Sauriol, représentantes de l’engagement «Unplugged Canada» visant à retarder l’utilisation des téléphones par les jeunes. Photo: courtoisie
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Publié 18/03/2026 par Anna Vigne

Becky Toyne et Guilaine Tournan, deux parents d’élèves de l’école élémentaire Charles-Sauriol, dans l’Ouest de Toronto, en ont fait «la première communauté francophone mobilisée contre l’utilisation précoce des téléphones intelligents». Elles ont en effet convaincu 88 personnes (20% des parents de l’école) de signer l’engagement Unplugged Canada préconisant d’attendre que les enfants aient atteint l’âge de 14 ans avant de leur permettre de posséder un téléphone.

Inspiré d’initiatives comme Smartphone Free Childhood au Royaume-Uni, Wait Unit 8th et SmarterPhone aux États-Unis, Wait Mate en Australie, Enfance sans smartphone et Pacte Smartphone en France, Unplugged Canada s’inscrit dans un mouvement international de lutte contre les technologies addictives et distrayantes.

Implanté dans 1166 écoles à travers le pays, Unplugged Canada réunit déjà 8325 adhérents, dont 4644 en Ontario.

Le projet est fondé sur quatre principes issus du best-seller Génération anxieuse de Jonathan Haidt: pas de téléphone intelligent avant l’école secondaire; pas de réseaux sociaux avant 16 ans; une école intégralement sans téléphones; et davantage d’indépendance, de loisirs et de responsabilités hors du monde virtuel.

téléphone, cellulaire, Unplugged Canada
Jonathan Haidt, auteur de Génération anxieuse.

Réduire la pression sociale

«Le but de l’engagement est, grâce à l’action collective, de réduire la pression sociale qui pousse à fournir des téléphones intelligents à nos enfants», rappellent les deux membres du Conseil des parents de l’école Charles-Saurio.

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«Le choix d’être la seule famille à dire non est très difficile: on ne veut pas que l’enfant soit isolé. En bâtissant une communauté, on peut réduire cette pression sociale très forte.»

Jenny Perez, Fondateur, Unplugged Canada, Économiste à l'Université de Lima, Pérou
Jenny Perez, fondatrice de Unplugged Canada.

Au Canada en 2022, selon l’étude NETendances de l’Université de Laval, 50% des enfants de 7 à 11 ans possèdent un téléphone, et 39% des 2 à 6 ans l’utilisent.

Ce phénomène est dénoncé dans le milieu scolaire. «Les téléphones et les réseaux sociaux sapent les fondements de l’apprentissage en freinant le développement de l’esprit critique, la capacité à résoudre des problèmes et le développement social», expliquent des professionnels de la Fédération des enseignantes et enseignants du primaire de l’Ontario.

Le soutien de l’école

Becky Toyne explique que ce projet se mène main dans la main avec la direction de l’école Charles Sauriol «Le soutien de l’école a été très important.»

Si les téléphones sont déjà interdits dans les écoles en Ontario, les équipes éducatives de Charles-Sauriol défendent cette initiative après avoir remarqué que la présence du téléphone à la maison peut créer des dynamiques de cyberharcèlement et d’intimidation qui continuent hors du virtuel une fois à l’école.

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«Le but d’Unplugged Canada n’est pas de demander aux écoles de changer leurs directives, mais d’avoir leur appui. L’école a partagé l’information dans son infolettre, et un stand d’information pour Unplugged Cananda est disponible à chaque événement de l’école.»

Logo de l'école élémentaire Charles Sauriol
Charles Sauriol était un environnementaliste qui a notamment travaillé à la protection de la vallée de la rivière Don. D’où le vert du logo de l’école de Viamonde qui porte son nom.

La réaction des premiers intéressés: les enfants

«La plupart des enfants remercient les parents, ils sont soulagés», témoigne Becky Toyne. Les enfants reconnaissent aussi qu’il y a une vraie valeur dans le fait de «faire les choses autrement».

Elle donne l’exemple de son fils de 9 ans, en 4e année, qui a grandi avec l’idée que le téléphone est un appareil d’adulte dont il aura l’usage vers 16 ou 17 ans.

Pour les parents d’enfants en 6e, 7e, 8e année, c’est plus difficile, mais certains s’engagent quand même.

Logo de l'organisation Unplugged Canada
Le logo de l’organisation Unplugged Canada.

Selon la représentante d’Unplugged Canada à l’école Charles-Sauriol, bien que l’implantation du mouvement soit très jeune (novembre 2025), la culture évolue déjà.

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«Nos enfants n’ont qu’une enfance», rappelle-t-elle, avant de souligner qu’il revient désormais à la nouvelle génération de prendre le relais de l’engagement contre les effets néfastes des nouvelles technologies.

Unplugged Canada a déjà reçu l’appui de nombreuses organisations: l’hôpital Sick Kids, l’Association médicale canadienne, la Société canadienne de pédiatrie, Toronto Public Library, l’Association des enseignants franco-ontariens…

Selon Becky Toyne et Guilaine Tournan, le Bureau de santé publique de Toronto s’est également engagé à parler d’Unplugged Canada avec tous les conseils scolaires.

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