Voyager sur le fleuve Gambie, c’est faire l’expérience intime et unique d’un pays qui n’apparaît pas – encore – sur la liste des destinations touristiques à la mode. C’est apprécier que le temps ralentisse et que la lumière s’étire, c’est cueillir l’Afrique de l’Ouest dans toute sa douceur et son intensité.
Un fleuve, une colonne vertébrale
C’est sur quelque 1 100 kilomètres que se déroule le fleuve Gambie, depuis les hauts plateaux du Fouta-Djalon en Guinée jusqu’à l’Atlantique, en traversant le cœur de la Gambie, petit pays de l’Afrique de l’Ouest enchâssé dans le Sénégal. Il est l’âme du pays, sa voie de commerce historique, son garde-manger et son refuge sauvage.
À bord du Harmony V, petit bateau de la compagnie Variety Cruises, j’échappe, avec 19 autres passagers, à toute frénésie touristique. Je me laisse glisser lentement sur une eau couleur thé, bordée de palétuviers et de forêts impénétrables. Les rives semblent à portée de main et l’Histoire coule sur les flots.



Caresser un crocodile
À Banjul, discrète capitale de la Gambie posée à l’embouchure du fleuve, j’ai tenu à approcher de près les redoutables habitants des eaux boueuses.
C’est donc les yeux plantés dans ceux d’un crocodile que je commence mon aventure. Kachikally est un bassin sacré où vivent une bonne cinquantaine de crocodiles. Il est dit que pour traiter des problèmes d’infertilité, les femmes viennent récupérer l’eau de cette mare pour se laver avec.












