Marie Curie, scientifique d’exception

Marie Curie est née en 1867.

Marie Curie est née en 1867.


5 novembre 2017 à 11h00

Après la défaite de l’empereur français Napoléon 1er à la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815, les grandes puissances victorieuses se réunissent à Vienne pour rédiger les conditions de la paix et déterminer les frontières et tenter d’établir un nouvel ordre pacifique.

C’est le Congrès de Vienne (1815) qui crée un pays, le Royaume du Congrès ou de Pologne, sous tutelle de l’Empire russe, qui sera annexé en 1868 par la Russie.

Célébrités

Le Royaume du Congrès, dont la ville principale est Varsovie, s’illustre notamment par deux célébrités, le compositeur et pianiste virtuose Frédéric Chopin (1810-1849), dont la carrière avait débuté à Varsovie vers 1820, et Maria Salomea Skłodowska, née le 7 novembre 1867 à Varsovie.

Cette année marque le 150e anniversaire de naissance de Maria Skłodowska, plus connue sous le simple nom de Marie Curie.

«La grande physicienne Marie Curie, deux fois prix Nobel, est donc née un 7 novembre, il y a 150 ans, l’année de la Confédération canadienne. C’est l’occasion de retrouver le parcours sans équivalent de cette scientifique exceptionnelle, née en Pologne et devenue exploratrice de la radioactivité.» (Internet)

Une pièce d'argent commémorative de 100 francs.
Une pièce d’argent commémorative de 100 francs.

Parents enseignants

Le père de Maria est professeur de mathématiques et de physique, et sa mère est institutrice. On reconnaît une fois encore l’influence familiale sur la dernière née d’une famille de cinq enfants, quatre filles et un garçon.

Par un réflexe psychologique bien compréhensible, elle se réfugie dans les études après la mort de sa sœur Zofia (1876) et de sa mère (1878). Dans toutes les matières, elle se montre une brillante élève. En 1883, elle obtient son diplôme de fin d’études secondaires avec la médaille d’or.

Elle rejoint l’Université volante, une université illégale permettant de faire des études en réaction à la russification de la société polonaise. Ce système a profité à des milliers de personnes, et notamment aux femmes, qui étaient alors bannies des universités d’État.

Maria découvre aussi le positivisme d’Auguste Comte, qui s’en tient aux relations entre les phénomènes, et ne cherche pas à connaître leur nature intrinsèque, en mettant l’accent sur les lois scientifiques. Cette découverte renforcera sa passion héritée de son père pour la physique et les mathématiques.

Un timbre polonais émis en 1967.
Un timbre polonais émis en 1967.

Paris

Désireuse de poursuivre ses études, elle envisage de rejoindre sa sœur aînée Bronia qui fait des études de médecine à Paris. Elle assure des garderies pour avoir assez d’argent pour ce voyage.

En 1891, elle part pour Paris, où elle est hébergée par sa sœur et son beau-frère. Le 3 novembre 1891, elle s’inscrit en physique à la faculté des sciences et suit les cours de physiciens et de mathématiciens. En juillet 1893, elle obtient sa licence en sciences physiques, en étant première de sa promotion. En juillet 1894, elle obtient sa licence en sciences mathématiques. Elle hésite à retourner en Pologne.

Elle rejoint le laboratoire des recherches physiques de Gabriel Lippmann, qui obtient pour elle la commande d’une étude sur l’aimantation de différents types d’acier.

Elle manque de connaissances sur le magnétisme. Mais, lors d’une soirée, le professeur polonais Józef Kowalski de l’Université de Fribourg lui fait rencontrer Pierre Curie, un des plus grands spécialistes du magnétisme de l’époque, avec lequel elle va travailler.

Marie Curie popularisée par une bande dessinée.
Marie Curie popularisée par une bande dessinée.

Mariage et découvertes

Une inclination mutuelle se développe entre les deux scientifiques. Marie hésitera à accepter la demande en mariage de Pierre Curie, pensant avoir un poste dans une université polonaise.

Elle se rend à Varsovie, mais Pierre lui demande de revenir à Paris, ce qu’elle fait. Et le mariage a lieu le 26 juillet 1895, à Sceaux. De cette union naîtra en 1897 Irène Curie qui, comme sa mère, décrochera un prix Nobel de chimie.

Marie Curie entreprend des recherches sur un nouveau phénomène mis en lumière par le physicien Henri Becquere (1852-1908), pour sa thèse de doctorat. Elle désignera ce phénomène sous le nom de radioactivité.

Elle est rejointe en 1898 par Pierre Curie qui abandonne ses recherches sur la piézo-électricité, mais dont l’électromètre piézoélectrique servira de banc de mesure.

Le 18 juillet 1898, Marie Curie annonce la découverte du polonium, 400 fois plus radioactif que l’uranium. Le 26 décembre, elle annonce la découverte du radium, 900 fois plus rayonnant que l’uranium; il a fallu traiter plusieurs tonnes de minerais radioactifs d’uranium pour obtenir moins d’un gramme de cet élément.

Honneurs

Cette découverte lui vaudra en 1903 le prix Nobel de physique avec Becquerel.

Pierre Curie meurt en 1906, renversé par une voiture à cheval. Marie Curie remplacera Pierre à son poste de professeur à la Sorbonne, une grande première pour une femme à cette époque.

En 1909, elle est nommée professeure titulaire en physique générale, puis en physique générale et radioactivité. Le 8 novembre 1911, le prix Nobel de chimie lui est décerné. Elle est la première personne à obtenir deux prix Nobel.

Mais elle souffre de la misogynie orchestrée par la presse et de son exposition à trop de radiations pendant trop longtemps. Elle décède le 4 juillet 1934. Elle est transférée avec son mari Pierre Curie dans le caveau VIII du Panthéon à Paris le 20 avril 1995.

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