Louisbourg a maintenant son roman historique

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Nombreux sont les touristes qui visitent Cabot Trail, au Cap-Breton (Nouvelle-Écosse). Tous ne s’arrêtent sans doute pas à Louisbourg, dans ce qui fut jadis l’île Royale. À défaut d’y aller pour découvrir l’histoire de cette forteresse deux fois ravie aux Français par les Anglais, vous pouvez lire le tout dernier roman de Daniel Marchildon, Le sortilège de Louisbourg.

L’action du roman se déroule de 1749 à 1758. La France a repris possession de la for­teresse de Louisbourg, perdue aux mains des Anglais quatre ans plus tôt.

Le lieutenant Mathurin Le Mordant y débarque et croise la séduisante Josette Guion. Il ne tarde pas à découvrir que la petite bourgade de 2000 âmes «recèle autant de problèmes familiaux que n’importe quelle grande ville de France».

Rompu au combat, Mathurin se rend compte qu’il doit «apprendre à se battre pour l’amour». Le chemin de l’amour s’avère tortueux.

La bataille risque d’être aussi dure que celle contre les Anglais, «mais la victoire serait pour la vie». Ici, les affaires du cœur semblent aussi complexes que des stratégies guerrières. «Certains vont jusqu’à parler d’un sortilège qui plane sur la forteresse» de Louisbourg.

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L’auteur glisse ici et là de petits détails savoureux ou ravigotants. Il écrit, par exemple, que Mathurin avait déjà goûté le tafia (rhum) provenant des Antilles et que «ce tord-boyaux attaquait violemment l’esprit et le corps». Le roman est aussi truffé de noms colorés pour décrire les esclaves: Boit-sans-soif, Vivelamour, Brûlevillage, Lafantaisie, Sansraison.

Daniel Marchildon colore son récit de petites phrases qui ont presque l’air de dictons, comme «un homme qui ne tient plus à la vie sème facilement la mort» ou «vivre pour deux peut non seulement doubler son bonheur, mais parfois sa peine aussi».

Et pour montrer comment les Anglais n’apprécient pas le climat canadien, l’auteur écrit: «Quel pays! L’on ne peut y faire la guerre que pendant trois mois de l’année!»

Le roman décrit la bataille de 1758 avec beaucoup (trop?) de détails. Ce qui m’a le plus captivé, c’est l’ombre de Josette Guion qui plane sur cette bataille. On se demande constamment si le beau Mathurin sera «plus fidèle à l’amour qu’à l’épée»…

Les titres de quelques chapitres résument bien son aventure à Louisbourg: Rompre les rangs, Calamités, Ultime combat, Fardeau de fer, Nouveau départ.

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Parlant d’amour ou de mariage, Daniel Marchildon nous apprend que, en temps de guerre dans un fort menacé d’attaques, un des plus importants dossiers demeure les demandes de permission de mariage: «il faut absolument décourager cette pratique».

Plusieurs personnages du roman, tant civils que militaires, ont réellement existé. Même si Josette Guion figure parmi ceux-là, son aventure avec Mathieu Le Mordant reste purement fictive.

Daniel Marchildon a de toute évidence minutieusement fouillé les archives canadiennes et françaises pour bien documenter son récit; il a lu toute une panoplie d’ouvrages sur la vie à Louisbourg durant la première moitié du XVIIIe siècle, sur l’esclavage qu’on y pratiquait et sur la bataille de 1758.

Attendez-vous à lire des passages finement ciselés sur les rudes conditions de vie à Louisbourg, sur les horreurs de la guerre et sur les atroces exécutions qu’on y pratiquait.

Le sortilège de Louisbourg fait revivre une page d’histoire qui remonte à plus de 250 ans; les accents authentiques côtoient allègrement les accents fictifs, au plus grand plaisir des lecteurs.

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