L’ombre dans l’art ou l’art de l’ombre

Félix Vallotton, Soir Côte de Grâce, 1917, p. 107.
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Avec 140 œuvres de 90 artistes sur 5 siècles d’histoire de l’art, s’est tenue à Lausanne en Suisse l’exposition Ombres, de la Renaissance à nos jours. Peintures, sculptures, estampes, dessins, découpages, photographies ou encore vidéos invitaient à explorer toutes les facettes de l’ombre à travers l’histoire de l’art.

C’est la Fondation de l’Hermitage, une organisation suisse, qui présentait l’exposition. Elle a eu l’excellente idée de publier un ouvrage d’accompagnement de l’exposition qui est un véritable catalogue, et que l’on peut se procurer pour découvrir cette page originale de l’histoire de l’art.

Claude Monet, Londres, le Parlement, reflets sur la Tamise, 1905, p. 81.

Pleins feux sur l’ombre

En général, les commentaires positifs ou négatifs concernant un tableau portent surtout sur l’utilisation faite par l’auteur de la luminosité, de l’éclairage des personnages ou des paysages, des effets spéciaux obtenus par le rayonnement solaire et autres considérations de ce genre. L’ombre est passée sous silence.

L’exposition et son livre d’art proposent de découvrir les multiples facettes de l’ombre avec une sélection inédite d’œuvres artistiques très variées.

Même si cette perspective n’avait pas encore fait l’objet d’une telle démarche, il existe une relation étroite entre l’ombre et les arts, qui remonte aux temps antiques, aux premières réalisations picturales.

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Andy Warhol, Autoportrait, 1966, p. 177.

Artistes bien connus

C’est à partir de la Renaissance que commence la mise en lumière de l’ombre dans les tableaux sélectionnés à cette fin. C’est ainsi, selon la Fondation, que l’on retrouve des œuvres d’artistes bien connus comme «Rembrandt, Delacroix, Monet, Dali, Magritte, Picasso, Man Ray, Boltanski ou encore Warhol, qui offrent un fantastique panorama de cette ombre au tableau. Bien plus qu’une exposition, une révélation à l’œuvre.»

Il n’y a plus qu’à découvrir la façon dont les artistes utilisent l’ombre pour mettre en lumière les représentations ou les réalisations de leurs œuvres. Les œuvres exposées parlaient d’elles-mêmes aux visiteurs du musée de Lausanne et le font aussi aux lecteurs de l’ouvrage d’accompagnement de l’exposition, qui bénéficie en plus de textes explicatifs.

Une page d’histoire de l’art, inconnue la plupart du temps, se dessine ainsi progressivement et ouvre des horizons qui passaient inaperçus, en restant dans l’ombre.

Contrastes

Ce que les artistes cherchent à obtenir en faisant appel à l’ombre, c’est l’effet de contraste qui donne à la fois une impression de réalisme, car l’ombre est une réalité intéressante à un grand nombre de situations, et une mise en lumière de cette réalité qu’ils reproduisent.

C’est l’intérêt du parcours d’une telle exposition ou de la «lecture» de l’ouvrage qui accompagne celle-ci.

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Avec des prêts d’œuvres artistiques du XVIe au XXIe siècle provenant de musées prestigieux et de collections privées, cette exposition d’envergure internationale montrait les innombrables formes que peut prendre une «ombre au tableau», et illustrait les liens intimes entre l’ombre et les arts depuis l’introduction des ombres dans la peinture à la fin du Moyen Âge.

Joseph Wright of Derby, Deux filles déguisent un chaton à la lumière d’une bougie, 1768-1770, p. 58.

De l’autoportrait au clair-obscur

Le parcours traverse les siècles et les thèmes, associant de manière inédite des chefs-d’œuvre de l’art occidental qui témoignent de l’intérêt continu des artistes pour l’ombre, que ce soit dans:

• l’autoportrait: Rembrandt, Eugène Delacroix;

• les recherches sur la perspective: Baciccio Bandinelli, Pieter de Hooch;

• le travail sur le clair-obscur: Luca Cambiaso, Jacob Jordaens, Joseph Wright of Derby;

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• la dramatisation des paysages chez les romantiques: Casper David Friedrich, Carl Gustav Carus, Wilhelm Benz.

L’exposition faisait également la part belle aux ombres impressionnistes (Claude Monet) et postimpressionnistes (Henri-Edmond Cross, Joaquín Scrolla y Bastia) qui témoignent de l’apparition de la lumière matricielle et des recherches sur la théorie des couleurs au XIXe siècle.

Eugène Delacroix, Autoportrait, 1818, p. 39.

Livre d’art/catalogue

Et ce livre d’art est un véritable catalogue des œuvres présentées dans l’exposition du musée. Si toutes les œuvres ne s’y trouvent pas, car l’ouvrage ressemblerait à un dictionnaire, il comporte néanmoins autant d’illustrations que de pages.

La plupart de ces reproductions sont en pleine page, mais on peut aussi en voir plusieurs dans une page. Le lecteur a ainsi le loisir d’étudier des effets de l’ombre dans l’art ou l’art des ombres mis en valeur par des artistes.

Couverture de l’ouvrage: OMBRES de la Renaissance à nos jours. Grand format, 30x25x2 cm, broché, édité par La Bibliothèque des arts, 216 pages et autant d’illustrations en couleur ou en noir et blanc.

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