Urbanisme dans la Ville Reine: Toronto prend de la hauteur


29 mars 2011 à 14h36

«Les critères que l’on propose sont faits pour donner un cadre à la délivrance de permis de construire au centre-ville», explique David Pontarini, associé de la firme d’architecture Hariri-Pontarini Architects qui a réalisé, avec Urban Strategies Inc., une étude afin d’identifier dans quelles parties du centre-ville devraient se trouver les plus hauts immeubles et définir la façon dont ils doivent être intégrés dans le cadre urbain. Des consultations publiques concernant ces règles auront lieu les 4, 7 et 11 avril prochains.

L’augmentation de la population à Toronto engendre de plus en plus de demandes de permis de construire au centre-ville pour des bâtiments allant de 20 à 40 étages. Ainsi, la ville de Toronto, qui avait déjà mené une étude il y a quelques années pour avoir une idée générale du type de bâtiment à privilégier au centre-ville, a commandé une étude afin d’avoir des critères plus précis pour l’attribution de permis de construire.

Chaque ville a ses particularités

«Nous avons étudié ce qui se fait dans d’autres grandes villes comme Chicago, New-York, mais chaque ville à des politiques différentes et des spécificités, c’est une question complexe», explique David Pontarini lors d’une présentation de l’étude à L’Express. «Ici à Toronto, la particularité ce sont les zones résidentielles très proches du centre-ville.

L’étude porte sur un périmètre allant de la rue Bathurst à l’Ouest à la Don Valley Parkway à l’Est, et de la rue Dupont au Nord, au lac Ontario au Sud, en excluant trois zones qui ont leur propre plan d’aménagement, comme la zone du Waterfront la zone King/Spadina et la zone King/Parliament.

Où construire plus haut ?

Les questions auxquelles se proposaient de répondre les architectes portaient sur les zones où autoriser les plus hauts bâtiments, sur la hauteur des bâtiments selon les zones ainsi que sur la forme de ces derniers afin qu’ils s’intègrent le mieux possible dans leur environnement en ayant un impact positif.

«Nous avons considéré que les plus grands bâtiments doivent être sur les rues principales, car c’est sur les rues dans lesquelles ils se trouvent qu’ils ont le plus gros impact. On a donc défini une série de grandes artères, comme les rues Bloor, Bay, Yonge ou Church, autour desquelles devront se trouver les plus hauts bâtiments», explique David Pontarini.

«Il ne devra pas y avoir d’impact sur les maisons des zones résidentielles. C’est un peu plus compliqué que pour une ville comme Chicago par exemple, où il y a une séparation plus claire entre le centre et les zones résidentielles.»

L’étude prévoit également des immeubles de taille moyenne autour des artères secondaires, qui devront, entre autres, se trouver à distance respectable des parcs.

Elle comporte 17 règlements, les neuf premiers portant sur la base des immeubles, les quatre suivants sur la tour et les quatre derniers sur la relation du bâtiment avec les alentours.

Les plus hauts bâtiments toujours au quartier des affaires

La zone ou l’on trouve, et où l’on continuera de trouver les bâtiments les plus hauts est le quartier des affaires où on la moyenne est de 45 étages. «On à le droit d’aller aussi haut que la technique le permet.»

«Autour du district financier, on préconise des bâtiments un peu moins élevés allant de 35 à 60 étages. Ce serait pour la rue Bay, de 30 à 50 étages, sur Bloor, University et des parties de Yonge de 25 à 35 étages et ça diminuerait en s’éloignant, comme sur Jarvis, avec des bâtiments de 15 à 25 étages. On conseille aussi de continuer le développement autour des stations de métro.»

Dans les rues secondaires, situés entre les grandes artères, les auteurs de l’étude préconisent également des bâtiments en retrait, laissant la place à un aménagement entre les entrées et les trottoirs.

Intégration dans l’environnement urbain

Pour les constructions les plus hautes, elles seront composées d’une base, dont la hauteur ne devra pas être supérieure à la largeur de la rue, avec une hauteur maximale de 80 mètres. La tour, elle, se trouvera un peu en retrait par rapport à la base.

Les étages du rez-de-chaussée devront être assez hauts pour permettre l’installation de boutiques et de larges trottoirs et les entrées des immeubles devront être placées de manière stratégique.

Pour les rues où se trouvent des bâtiments classés au patrimoine historique, ou pour les zones où se trouvent des bâtiments peu élevés, les nouvelles constructions à proximité devront être un peu en retrait et d’une hauteur permettant une transition harmonieuse.

Les règlements élaborés évoquent aussi la question des ombres, la distance séparant la façade d’une tour à une autre, l’alignement de la façade de la base aux autres bâtiments de la rue…

Aide à la prise de décision

«Cette étude va servir à aider la ville pour la prise de décision relative à la délivrance des permis de construire, mais un bâtiment qui ne rencontre pas tous ces critères pourra quand même être accepté, c’est aux architectes et aux promoteurs de défendre leurs projets et de mettre en avant ce qu’ils vont apporter», précise David Pontarini pour qui l’engagement des Torontois pour ce que leur ville deviendra est également important: «C’est aux gens aussi de se faire entendre et de donner leur avis sur le type de bâtiments que la ville devrait autoriser, c’est pour cette raison que l’étude sera présentée au public», rappelle-t-il.

Présentations publiques

Trois présentations sont prévues: le 4 avril à l’église St Basil, 50 rue St. Joseph, le 7 avril à la bibliothèque Palmerston, 560 avenue Palmerston, et le 11 avril au centre communautaire St. Lawrence, au 230 Esplanade, de 18h30 à 20h30.
www.toronto.ca/planning/pdf/Tall-buildings-Final.pdf

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