«L’identité ne se dicte pas, elle se construit»

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Pour la troisième année consécutive, les Éditions David ont tenu leur concours de création littéraire «Mordus des mots» dans le but d’encourager l’imagination et la créativité des jeunes et de stimuler leur intérêt pour l’écriture et la lecture en français.

Après Petites chroniques du crime (nouvelles policières, 2010) et Petites chroniques de notre histoire (récits historiques, 2011), la maison d’édition publie Petites chroniques identitaires (récits et parcours, 2012).

Tous les élèves des 11e et 12e années des écoles secondaires franco-ontariennes ont été invités à participer à cette troisième édition du concours. De Sudbury à Sarnia, en passant par Mattawa et Toronto, l’écrivaine Aurélie Resch a animé des ateliers où «les jeunes se sont questionnés sur le fait identitaire. Une construction culturelle? Une orientation sexuelle? Un héritage? Un choix de langue? Une croyance?»

Plus de cent textes ont été soumis par des élèves de quarante écoles secondaires, de Windsor à Thunder Bay. Trente textes ont été retenus, dont seulement trois écrits par des gars; les textes se répartissent également entre le secteur public et le secteur catholique.

Cinq des trente jeunes auteurs ont reçu une bourse de 1 000 $ de l’Université d’Ottawa. Ils sont Andréanne Bouchard, de l’école secondaire catholique de Hearst, Lisa Drapeau, de l’école secondaire catholique l’Alliance, Fiona McDonald, de l’école secondaire catholique Nouvelle-Alliance, Pierre Thabet, de l’école secondaire Béatrice-Desloges et Madeleine Russel-Child, de l’école secondaire publique De La Salle.

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L’arrivée au Canada d’une orpheline indienne, le dilemme d’une étudiante d’origine musulmane qui doit choisir si elle portera ou non le hijab, un jeune aveugle forcé d’accepter sa différence, un garçon à la découverte de ses origines congolaises… Voilà autant d’expériences et de parcours qui ont inspiré les élèves dans la rédaction de ces courts textes de fiction.

Dans «Une identité en une fin de semaine», de Véronique Giguère de l’École secondaire Marie-Rivier (Kingston), un jeune qui a fréquenté une école d’immersion dans le sud de la province arrive dans une école secondaire de la langue française dans l’est ontarien. Il ne sait pas vraiment qui il est. Lors des Jeux franco-ontariens, il découvre une communauté, une cohésion qui se reflète dans la chanson Notre Place de Paul Demers. Coup de foudre! Il sait maintenant qu’il est Franco-Ontarien.

Deux récits écrits par des filles portent sur la découverte du désir homosexuel par… des gars. L’un est bouleversé par la réaction de son père qui le regarde «comme s’il ne me reconnaissait plus, ou comme s’il ne voulait plus me reconnaître». L’autre découvre qu’on peut réellement accomplir quelque chose lorsqu’on arrive à s’accepter l’un et l’autre.

Un des ces textes, «L’amitié dans l’adversité», est écrit par Marie-France Larocque, de l’école secondaire publique Louis-Riel (Ottawa). Pour elle, «écrire, c’est divertir celui qui est stressé. C’est distraire celui qui est troublé, C’est créer pour celui qui veut découvrir.»

Les récits réunis dans ce recueil explorent différentes facettes de l’identité, qu’elle soit d’ordre culturel, religieux, physique, sexuel… On y traite de grands thèmes tels que l’exil, le déracinement, l’exclusion, l’acceptation de soi et de l’Autre.

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Certains ados glissent des réflexions personnelles dans leurs récits. C’est notamment le cas de Sara Sturgeon (Kingston) qui écrit que «l’identité ne se dicte pas, elle se construit.» Madinà Shukoor (Whitby) retient, pour sa part que «si tu cours, tu iras plus vite, mais si tu marches, tu iras plus loin.»

Aurélie Resch a de toute évidence fait un bon travail d’animation car ces Petites chroniques identitaires témoignent de la prise de conscience et de l’affirmation des jeunes par rapport à leur identité et à leur appartenance à un groupe. Je suis surpris que les Éditions David ne mentionnent pas le nom d’Aurélie Resch dans leur communiqué, dans la page plein titre ou en quatrième de couverture…

Collectif d’élèves, Petites chroniques identitaires, récits et parcours, Ottawa, Éditions David, 2012, 192 pages, 10 $.

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